Essai du roadster Mazda MX-5 MZR 160 (2010)

Le Mazda MX-5 s'est offert en 2009 un léger restylage et quelques évolutions techniques. Look légendaire, moteur pétillant, châssis d'exception : un régal !
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Certaines voitures ont su, à travers le temps, s’ériger au rang de mythe. Le MX-5 fait partie de celles-là : avec plus de 850 000 exemplaires vendus depuis son lancement en 1989, le roadster Mazda s’impose comme le cabriolet sportif biplace le plus vendu au monde ! Autant dire que l’opération de remise au goût du jour, pour le constructeur nippon, n'était pas une tâche facile. Pas question de changer une combinaison gagnante…

Maintenir le charme

Dans ce contexte, le restylage que s’est offert le MX-5 en 2009 pour son vingtième anniversaire ne pouvait être que léger. L’impératif pour les designers était bel et bien de maintenir le charme du véhicule engendré par des lignes d’une parfaite homogénéité, tout en améliorant la fluidité des traits. Du coup, seules quelques évolutions permettent de distinguer le cru 2009 de son prédécesseur. Et ce, tant pour la version à capote en toile que pour le coupé à toit rigide (notre essai). La proue hérite ainsi d’un bouclier monobloc agressif et davantage aérodynamique, ainsi que d’une calandre encadrée de nouvelles optiques effilées inclinées vers l’intérieur. Les antibrouillards aux supports triangulaires, intégrés dans la partie inférieure du bouclier, renforcent quant à eux le caractère sportif du roadster. Le profil adopte de son côté un bas de caisse aux moulures plus sculptées et saillantes, venant souligner les passages de roue à l’arrière et conférant à la voiture un aspect plus félin. Quant à la poupe, elle n’évolue que très légèrement. L’effet de volume s’avère accentué par un bouclier affleurant le bas des feux arrière, tandis que les ailes qui s’étirent vers le bas augmentent l’impression de robustesse.

L’habitacle reprend les ingrédients de l’ancien modèle et conserve la sobriété qui le caractérise. Quelques inserts argentés au niveau des poignées de portes ou de la planche de bord améliorent le design intérieur, de même que le nouvel écran LCD à rétroéclairage rouge placé au centre du combiné des instruments. Lesquels, pour une meilleure visibilité, se dotent d’un nouveau graphisme. L’ensemble bénéficie d’une bonne qualité de finition et de matériaux plutôt flatteurs. Quand à la console centrale, elle offre au conducteur une bonne ergonomie et un accès facile.

Avec ses 4,02m de long et 1,72m de large, le MX-5 n’est évidemment pas la voiture idéale pour déménager. D’ailleurs son coffre ne peut supporter davantage que 150 litres. Peu importe, le véhicule n’est pas fait pour ça et le plaisir est ailleurs : en dépit de ses dimensions, elle peut accueillir le conducteur et son passager dans un confort correct renforcé par le moelleux des sièges baquets en cuir. Un confort toutefois nuancé, toit fermé, pour les plus grands gabarits qui souffrent d’une hauteur sous pavillon limitée. L’espace à vivre est évidemment réduit, mais l’espace aux coudes permet toutefois d’intégrer une zone de rangements entre les deux occupants, au niveau de l’accoudoir. Quant à l’assise, elle reste à la hauteur grâce aux réglages possibles manuellement du siège et du volant. De quoi aborder les longs trajets avec optimisme. D’autant que le nouveau système audio Bose offre un son tout à fait plaisant.

2 litres MZR amélioré

Pour accompagner le charme indéniable de son roadster, Mazda l’a doté d’un 2 litres essence MZR quelque peu amélioré. Toujours fort d’une puissance de 160 chevaux, ce bloc se montre à la fois souple avec ses 188 Nm de couple (même à 1 000 tours par minute, la reprise est là !) et volontaire. Avec l’accélérateur sensible, il répond immédiatement à la moindre sollicitation du pied droit et monte sans rechigner jusqu’à la zone rouge, qui passe sur ce nouveau modèle à 7 000 tours. Certes, un brin de puissance supplémentaire aurait été bienvenu, question d’offrir des reprises plus péchues. Mais entendons-nous bien : le MX-5, qui accélère de zéro à 100 en moins de 8 secondes, se montre déjà suffisamment rapide pour atteindre en un rien de temps des vitesses parfaitement incorrectes… Le moteur est par ailleurs bien servi par une boite mécanique à six rapports aux débattements courts et précis. Et pour le plaisir de son conducteur, il délivre en outre une sonorité envoutante pour un quatre-cylindres (grâce à quelques subtiles évolutions mécaniques) qui ne fait qu’ajouter au charme du bolide. Avec ce niveau de performance, le 2 litre n’en oublie pas pour autant l’environnement et affiche une consommation en baisse et désormais inférieure à 8 litres en cycle mixte. Ce qui lui offre, au passage, une autonomie de l’ordre de 600 km.

Sur la route, le roadster coupé dévoile tout son caractère. Tout son art. En l’occurrence, un comportement exceptionnel offert par un châssis des plus incisifs et réglé au poil. Inutile de chercher une faille : le roulis est maîtrisé (le centre de gravité très bas n’y est pas étranger) et le MX-5 vire parfaitement à plat. Sur les petites routes sinueuses et désertes du Bourbonnais (sur les autres aussi, bien entendu !), le petit nippon semble invincible et son agilité surprenante d’efficacité est un régal. D’autant que le déhanchement de la poupe, transmission arrière oblige, reste correcte et reprend son axe quand il le faut. Une fois l’ESP désactivé, la partie de plaisir s’exacerbe et le MX-5 se montre des plus joueurs. La direction consistante mais particulièrement précise renforce l’agrément de conduite, de même que le freinage qui se veut rassurant. En dépit de ses qualités dynamiques hors normes, le confort n’en demeure pas moins bon et les réglages des amortisseurs semblent avoir trouvé le meilleur compromis.

Dès 23 000 euros

Ce bijou, avec son toit en dur escamotable en 12 secondes (à l’arrêt, hélas) après un déverrouillage manuel à l’ancienne des plus amusants, se monnaie à partir de 30 300 euros. Il faut compter 2 130 euros de plus pour la boite automatique. Et si les 160 chevaux sont de trop et que le seul charme esthétique vous convient, la version 1,8 litre s’acquiert à 23 300 euros.

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