Bible et art : l'adoration des mages ou Epiphanie

Les (rois) mages visitant Jésus : ces personnages dépositaires d'une forte charge symbolique et légendaire ont inspiré de nombreux artistes.
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Trois hommes, éventuellement enturbannés, dont parfois l’un est noir, présentant leurs offrandes à l’enfant Jésus, accompagnés de serviteurs, chevaux ou chameaux : ces tableaux représentent l’adoration des mages, histoire relatée dans l’Evangile selon Matthieu et dont ont découlé un certain nombre de légendes et traditions festives.

De Giotto au XIVè siècle à Breughel au XVIè, Tiepolo au XVIIè, etc. en passant par Léonard de Vinci, Botticelli etc, le thème de l’Adoration des Mages a inspiré de nombreux peintres.

Savants et rois

Dans le calendrier chrétien, l’Epiphanie, célébrée le 6 janvier, commémore la visite à l’enfant Jésus de ces mages venus d’Orient.

Le mot « mage » vient de magos , mot persan signifiant « prêtre », «astrologue ». Les mages en question apparaissent dans l’évangile de Matthieu (2 – 1,2) :

« Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient se présentèrent à Jérusalem et demandèrent : «Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre se lever et sommes venus lui rendre hommage» .

Une fois l’information obtenue, «ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe » (Matthieu 2, 11).

C'était des savants et non des rois. Ce qualificatif de «rois » fut attribué plus tard par les Pères de l’Eglise et notamment Tertulien en référence à des textes de l’Ancien Testament :

« Les rois de Tarsis et des Iles rendront tribu / Les rois de Saba et de Seba feront offrandes / Tous les rois se prosterneront devant lui / Tous les païens le serviront. » (Psaumes 72,10-11)

Selon la tradition, les « rois mages » ont pour nom Baltazar, Gaspar et Melchior. Ce sont des évangiles apocryphes , dont l’ Evangile arménien de l’Enfance , vers le Vè ou VIè siècle qui donnent ces précisions.

Une portée symbolique

Pour les Chrétiens, les mages représentent l’universalité du message de Jésus. L’or, l’encens et la myrrhe ont une charge symbolique : l’or est le symbole de la royauté, l’encens sert pour le service divin, la myrrhe servait à embaumer les morts. Ces trois présents signifient donc pour les Chrétiens que Jésus est roi, Dieu, mortel.

Selon la tradition apocryphe, les mages venaient respectivement d’Arabie (Baltazar), d’Inde (Gaspar) et de Perse (Melchior). Après le XIVè siècle, les trois voyageurs représentent aussi les trois âges de la vie : un jeune, un mature et un vieux. Pour signifier l’universalité de ces arrivants, les peintres se sont mis à représenter Gaspar en Africain à la peau noire, Baltazar est devenu le symbole de l’Europe, Melchior celui de l’Asie (avec un turban). C’est déjà le cas dans la mosaïque de Saint–Appolinaire- le neuf à Ravenne .

Les Mages dans la peinture.

On trouve des tableaux représentant le voyage des Mages . La grande majorité, cependant, traite de l’arrivée devant l’enfant Jésus, c'est l'«adoration des Mages ».

On peut citer

  • Breughel l’Ancien (National Gallery à Londres) ,
  • Bosch (Musée du Prado, Madrid),
  • Botticelli (Musée des Offices à Florence),
  • Giotto (chapelle Scrivagni à Padoue),
  • Leonard de Vinci -tableau inachevé - (Musée des Offices, Florence)
  • Rubens (plusieurs tableaux dont Louvre et Musée des Beaux-Ars de Lyon )
  • Velasquez (Musée du Prado, Madrid),
  • Zurbaran (Musée de Grenoble)
  • et d’innombrables peintres moins connus ou anonymes.

Les mosaïques de Ravenne

Les Mages y sont coiffés d’un bonnet phrygien pour signaler leur origine orientale, le bonnet phrygien était l’attribut des prêtres du dieu Mythra . De même origine géographique, ils représentent les trois âges de la vie. Leurs noms sont précisés sur la fresque.

Si, à notre époque, les mages, rois ou non, n'inspirent plus beaucoup les peintres, ils sont toujours prétexte à festivités avec galette et fève désignant le roi de la fête, et le sujet d'oeuvres littéraires avec Michel Tournier qui en a fait le sujet de livres pour adultes et pour enfants. Maryse Condé avec « Les derniers rois mages » traite le thème de l'esclavage. On voit même apparaître, dans des contes, un « quatrième roi mage » qui n'est autre que le Père Noël !

En savoir plus

Signification de l'Epiphanie en Orient et Occident

Epiphanie , traditions et représentations

"Bible et art", lire aussi :

  • Le jugement de Salomon
  • Que racontent les tableaux sur Adam et Eve ?
  • Cain et Abel ; de la peinture à la poésie
  • Le sacrifice d'Abraham ou sacrifice d'Isaac
  • Samson et Dalila, une chevelure convoitée

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