Bible et art : le sacrifice d'Abraham ou sacrifice d'Isaac

Parmi les récits de la Bible qui ont inspiré les artistes, le sacrifice d'Abraham ou sacrifice d'Isaac a été illustré par les plus grands maîtres.
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Un homme âgé brandissant un couteau au dessus d’un enfant ou d'un adolescent tandis qu’un ange arrête son bras. Selon les cas il est intitulé «Sacrifice d’Abraham» (le sacrificateur) ou «Sacrifice d’Isaac» (le sacrifié). Ce récit de la Bible dont on trouve une transposition dans le Coran et qui pose de nombreuses questions aux croyants, a inspiré plusieurs peintres, et non des moindres.

Le récit

La Bible (Genèse ch 22) raconte qu'Abraham et sa femme Sarah n’avaient pas d’enfant lorsqu’ils offrirent l’hospitalité à trois visiteurs, des envoyés de Dieu. En partant, ceux-ci leur prédirent la naissance d'un fils. Le couple, déjà âgé, émit des doutes, mais la prédiction se réalisa: Isaac naquit.

Cependant quelques années plus tard:

«Dieu mit Abraham à l'épreuve, et lui dit: Abraham! Et il répondit: Me voici!

Dieu dit: Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t'en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai.

Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l'holocauste, et partit pour aller au lieu que Dieu lui avait dit.

Et Abraham dit à ses serviteurs: Restez ici avec l'âne; moi et le jeune homme, nous irons jusque-là pour adorer, et nous reviendrons auprès de vous.

Abraham prit le bois pour l'holocauste, le chargea sur son fils Isaac, et porta dans sa main le feu et le couteau. Et ils marchèrent tous deux ensemble.

Alors Isaac, (..demanda) : Voici le feu et le bois; mais où est l'agneau pour l'holocauste?

Abraham répondit: Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l'agneau pour l'holocauste. Et ils marchèrent tous deux ensemble.

Lorsqu'ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait dit, Abraham y éleva un autel, et rangea le bois. Il lia son fils Isaac, et le mit sur l'autel, par-dessus le bois.

Puis Abraham étendit la main, et prit le couteau, pour égorger son fils.

Alors l'ange de l'Éternel l'appela des cieux, et dit: Abraham! Abraham! Et il répondit: Me voici!

L'ange dit: N'avance pas ta main sur l'enfant, et ne lui fais rien; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique.

Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson par les cornes; et Abraham alla prendre le bélier, et l'offrit en holocauste à la place de son fils. »

Le Caravage

Le Caravage a peint deux tableaux de la scène, le premier vers 1596 (coll Piasceka Johnson à Princeton) et le second, le plus célèbre, en 1603 (Musée des Offices à Florence). Celui-ci est beaucoup plus réaliste, plus en mouvement. On perçoit la terreur d’Isaac, l’ange intervient plus vigoureusement, arrêtant le bras d’Abraham tandis que dans la première version Isaac ne semble pas se douter de ce qui va lui arriver et l’ange semble juste en conversation avec Abraham.

Rembrandt

Peints en 1635 (Musée de l’Ermitage à Saint-Petersbourg) les tableaux de Rembrandt proposent une même vision d’une intervention vigoureuse de l’ange qui provoque la chute du couteau tenu par Abraham. Le peintre s’est inspiré des tableaux du Caravage, mais a peint l'étape suivante: Abraham a lâché le couteau.

Rubens

Il existe au Musée du Louvre un tableau qui est une esquisse pour le plafond de l’église des Jésuites à Anvers. Même devant le tableau et non sous le plafond en question, le spectateur est dominé par la scène, très tourmentée.

On doit également citer Mantegna, Tiepolo (Gian Domenico pour une estampe au Louvre et Gian Batista pour une toile au Metropolitan de New York), Chagall (Musée Chagall de Nice).

La scène a aussi été gravée dans la pierre : cathédrale de Chartres, sculpture de Donatello au Musée du Dôme de Florence...; et représentée sur de nombreux vitraux.

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