Bible et art : Samson et Dalila, une chevelure convoitée

Une histoire d'amour, de trahison... et de cheveux : Samson et Dalila, personnages bibliques ont inspiré la peinture, la musique, la littérature, le cinéma.
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Parmi les textes de la Bible ayant inspiré les artistes on trouve l’épopée de Samson et sa mésaventure avec Dalila. Cette histoire figure au Livre des Juges (ch.13.1 – 16.22).

L'histoire

Au 12è siècle avant JC, le peuple d’Israël était dirigé par des Juges, dont Samson de 1150 à 1130. Consacré à Dieu lors de sa naissance selon le rite « nazir », ses cheveux ne devaient jamais être coupés.

Sa vie est jalonnée de combats avec les Philistins qui dominaient à l’époque le peuple d’Israël. Périodiquement, Samson les défaisait. Sa force était devenue légendaire : combat contre un lion, extermination de 1 000 Philistins avec pour seule arme une mâchoire d’âne, etc.

Désireux de connaître l’origine de cette force les Philistins chargèrent une femme, Dalila, de le séduire et de lui arracher son secret. Après avoir par trois fois donné de fausses indications, Samson finit par avouer que sa force résidait dans ses cheveux. Dalila prévint les Philistins et un guet-apens fut monté. Dalila « l’endormit sur ses genoux » et un homme lui coupa les sept tresses qu’il portait. Alors, Dalila le réveilla en lui annonçant que les Philistins étaient là. Il pensa s’en défaire sans problème. Pourtant, les Philistins se saisirent de lui, et l’emmenèrent après lui avoir crevé les yeux. Sa force l’avait effectivement abandonné avec la perte de ses cheveux.

Or ses cheveux ayant repoussé, alors qu’il était enchaîné dans un temple, il pria Dieu de l’aider à se libérer. S’arcboutant contre les deux colonnes centrales, il ébranla le temple qui s’abattit sur lui mais aussi sur tous ceux qui étaient là : « ceux qu’il fit périr en mourant furent plus nombreux que ceux qu’il avait fait périr durant toute sa vie ».

Samson et Dalila dans la peinture : Rembrandt, Rubens…

Mantegna, Dürer… Les peintres s’étant inspiré de ces personnages sont nombreux. Notons plus particulièrement deux parmi les grands : Rubens et Rembrandt.

Rubens a représenté Samson profondément endormi sur les genoux d’une voluptueuse Dalila tandis qu’un serviteur lui coupe les cheveux et que les soldats attendent derrière la tenture. (1609-1610, National Gallery Londres)

Rembrandt a réalisé un premier tableau, « Samson trahi par Dalila » : Samson est endormi sur les genoux de Dalila qui a la main sur sa chevelure et a du accomplir sa mission puisqu’un Philistin surgit armé (Gemäldegalerie, Berlin).

Il a également illustré la suite : « L’aveuglement de Samson » (1636). Le tableau se trouve au Stadelsches Kunstinstitut, de Francfort.

Dans un essai que l’on peut lire sur son site personnel , « Dialogue avec Rembrandt Van Rijn sur Samson et Dalila », Michel Butor analyse l’œuvre de Rembrandt. Il part d’une description de Paul Claudel (Introduction à la peinture hollandaise) :

« Samson est renversé, les quatre fers en l'air, solidement maintenu par un argousin cuirassé et tenu en respect par un fantoche falot qui le menace de sa hallebarde. Rien ne nous empêche d'y voir une figure du génie terrassé par les créanciers et les critiques. Mais quelle est cette femme qui s'enfuit vers l'ouverture lumineuse, élevant entre ses doigts ces boucles épaisses et dorées qu'elle vient de dérober au front consacré de l'oint du Seigneur? Est-ce Dalila?...”

L’auteur explore ensuite les différentes faces de l’œuvre.

Samson et Dalila dans la littérature

Outre les textes de Paul Claudel et de Michel Butor, on peut citer, dans un genre différent, le roman historique de Claude Rappe qui a revisité l’histoire à la lumière de découvertes archéologiques : «Samson et Dalila » (Éditions du Rocher, 11 septembre 2001).

Samson et Dalila dans la musique : de Saint-Saëns au groupe Muse

Si les musiciens classiques ont illustré ces personnages, nos contemporains ont également été inspirés.

Haendël a composé un oratorio sur le thème (1783), Camille Saint-Saëns a produit un opéra sur un livret de Fernand Lemaire (création en France en 1892) qui inclut une danse « bacchanale ».L’air « Mon cœur s’ouvre à ta voix » a été en partie repris et adapté par le groupe rock Muse sous le titre « I belong to you ». On en trouve une version adaptée dans le film Twilight II – Tentation sorti en 2009. Citons également Léonard Cohen dans son Hallelujia, le Samson de Joseph Horovitz…

Samson et Dalila au cinéma: Cecil B de Milles, Warwick

En 1949, Cecil B. de Milles a mis en images l’épopée de Samson et la trahison de Dalila, peplum avec Victor Mature dans le rôle de Samson et Heidi Lamarr celui de Dalila. Par contre, le thème du film «Samson & Delilah » de l’Australien Warwick Thornton, histoire de deux jeune aborigènes, n’a rien à voir avec le récit biblique, bien qu’il y ait un épisode avec des cheveux coupés (2009, sortie en France en 2010).

On trouve évidemment des sculptures, porches d’églises, statue par Henri Lombard à Agen (1919), etc. : une histoire qui a inspiré tous les arts.

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