Investir dans le secteur pétrolier : opportunités versus éthique

L'exploitation de champs pétrolifères non conventionnels ouvre des perspectives pour les investisseurs. Se pose la question de l'éthique de ces placements.
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Face à l’épuisement des gisements pétrolifères, pourra-t-on toujours compter sur le pétrole et le gaz comme sources d’énergie principale, et, par ailleurs, faire confiance à ce secteur et y investir ?

Pétrole et gaz ont de l’avenir

Selon l’ Agence internationale de l’énergie , en 2008, la consommation mondiale d’énergie par source se répartissait entre:

  • pétrole et gaz : 54%,
  • charbon : 27 %,
  • énergies renouvelables : 13 %,
  • nucléaire, 6 % (78 % en France).

Sauf rupture technologique majeure, les énergies fossiles devraient rester la principale source en 2035 et couvrir la majorité des besoins dans le transport, les secteurs industriel, tertiaire et le résidentiel. Les énergies renouvelables auront certes un brillant avenir, mais elles sont encore trop récentes pour répondre aux besoins de façon significative. Le charbon, trop polluant, devrait marquer le pas sur le long terme, le nucléaire va subir l’impact de la catastrophe japonaise et son développement devrait être ralenti dans de nombreux pays.

Le gaz naturel facilement transportable et dont les ressources vont croître du fait de l’exploitation des gisements non conventionnels devrait être le principal bénéficiaire de la croissance : une consommation attendue de 2% par an.

Avec le déclin des réserves traditionnelles, la demande mondiale d’hydrocarbures va entraîner des défis à relever et créer des opportunités pour les investisseurs.

Défis pour l’exploitation pétrolière

Les réserves s’épuisent au rythme de 8% par an. Les pétroliers sont obligés de rechercher des champs de plus en plus complexes et chers à exploiter : ce que l’on appelle les ressources non conventionnelles. Au cours des 10 dernières années, les compagnies pétrolières ont presque triplé leurs budgets de recherche et d’exploitation.

Dans la chaîne de valeur du secteur pétrolier, la partie amont est devenue très précieuse. Le capex ( capital expenditure , soit dépenses d’équipement) est passé de 5 à 15 $ en 10 ans. C’est pourquoi, en termes de placements financiers, une société comme Philippe Investments explique qu’elle porte sa préférence vers des compagnies dont le business modèle repose sur la recherche et l’évaluation des nouvelles ressources. Elle privilégie les sociétés indépendantes. En effet les groupes intégrés doivent investir dans des activités peu rentables comme le raffinage, la chimie, sans compter le marketing. Elles peinent à renouveler leurs réserves, d’autant plus que la moitié de leur cash-flow revient aux actionnaires (dividendes, rachats…).

Deux catégories d’exploration pétrolière complémentaires en termes de risques et retour sur investissement sont à considérer.

L’offshore profond

Les découvertes y sont importantes, mais les chances de succès, minces et l’exploration coûteuse. Si les majors y sont présents, on trouve aussi des sociétés indépendantes qui explorent des champs prometteurs en Afrique de l’Ouest, au Groenland et au Brésil.

Les ressources non conventionnelles

Ce sont le pétrole extrait des sables bitumineux, ou le méthane de couches de charbon (CBM), les gaz de schistes. Une fois le champ identifié, la probabilité de réussite est élevée et le processus d’exploitation facilement réplicable. Cependant les réserves sont relativement réduites et rapidement épuisées. On utilise des technologies telles que le forage horizontal ou la fracturation hydraulique permettant d’exploiter des réserves à basse perméabilité ou très poreuse : Amérique du nord, Australie, des débuts d’exploration en Europe.

Perspectives pour les parapétrolières

Les sociétés de service aux pétroliers vont voir là des opportunités de croissance : exploration, forage, ingénierie, fabrication de matériels, construction des plateformes offshore… A privilégier : celles qui sont sur des niches à forte valeur ajoutée comme les véhicules sous-marins télécommandés ou la conception de réservoirs renforcés.

Quid de l’environnement et du développement durable ?

Ces conseils aux investisseurs financiers ne prennent pas en compte l’aspect éthique des placements dans des actions pétrolières. Déjà, nombre de fonds éthiques refusent ces derniers du fait de considérations géopolitiques (pays producteurs au régime dictatorial, où la femme est opprimée…) ou environnementales (destruction de forêts, accidents du type marée noire…). L’extraction des sables bitumineux ou des gaz de schistes est très contestée de ce point de vue. Dans l’Alberta (Canada), par exemple, les ONG dénoncent la destruction des tourbières, la pollution des cours d’eau, la production de gaz à effet de serre… Greenpeace parle de « catastrophe écologique mondiale » . En France on a vu récemment la levée de boucliers contre le projet d’exploitation de gaz de schistes en Ardèche

Quant aux forages profonds, des questions se posent quant à l’impact sur la faune et la flore sous-marine, et sur les risques d’accidents : celui de Deepwater dans la baie du Mexique est resté gravé dans les mémoires.

Des choix à faire.

Sources

http://www.philippe-im.com

http://www.investir-petrole.com/article/comment-acheter-trader-petrole.html

http://www.etoro.fr/education/le-petrole-brut-swing-trading-ou-investissement-a-long-terme.aspx

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