Infidélité, arrogance, hypocrisie, ... : les cinq préjugés les plus tenaces sur les Français

L'affaire DSK, et plus récemment celle de François Hollande, font ressortir les ressentiments à l'égard des Français. Tour d'horizon des cinq préjugés les plus tenaces qui nous collent à la peau.
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La mise en accusation de Dominique Strauss-Kahn pour agression sexuelle avait fait ressortir dans la presse américaine, et plus généralement, dans toute la population de ce pays, un fort ressentiment anti-français. La relation découverte de François Hollande avec l'actrice Julie Gayet en rajoutent une couche et les Américains se délectent. Outre-Atlantique, nous sommes en effet considérés comme volages, avec des moeurs sexuelles très libres, et une absence totale de tabous quant à l'infidélité.

Des habitudes de vie en total décalage avec les valeurs américaines, qui font la part belle à la fidélité et aux liens du mariage.

Voici les cinq préjugés les plus tenaces qui nous collent à la peau du côté des Américains.

Infidèles chroniques

Impossible pour un Français de rester fidèle en amour. De l'étranger, nous sommes perçus comme volages et incapables de nous contenter d'un(e) seul(e) partenaire.

Preuve accablante : « Vous avez gardé un président qui avait une fille illégitime [François Mitterrand, avec sa fille Mazarine, ndlr], et cela ne vous a posé aucun problème», s'indigne Jeff Bulter, enseignant en retraite, qui connaît bien la France pour y avoir séjourné à plusieurs reprises au cours des années 90. «Tout le monde avait presque l'air de trouver ça normal ! Comment voulez-vous qu'on accorde une crédibilité quelconque à votre fidélité ? »

Les sondages ne semblent pas donner complètement tort à cette légende : selon une étude Ifop réalisée en mars 2000 pour le compte du magazine Elle, seules 42% des femmes considèrent la fidélité comme normale et 11% obligatoire. Un fossé de mentalité avec les valeurs américaines puritaines, comme se plaît à le rappeler Woody Allen dans son dernier film, sorti en 2011, Minuit à Paris . Lorsque Carla Bruni, guide touristique, évoque la vie amoureuse de Rodin, avec une femme et une maîtresse, le groupe de touristes américains saute sur l'occasion pour lancer : "C'est très français !"

Sexuellement amoraux

Outre-Atlantique, hors de question d'avoir des rapports sexuels en dehors du mariage. La philosophie de la chasteté jusqu'au mariage est très répandue, beaucoup plus qu'en France en tout cas, où le fait de vivre ensemble hors mariage est devenu très courant. Ainsi, là où le taux de nuptalité en France était de 4,6 en 2003, il était, à la même époque de 7,7 aux Etats-Unis (selon Ressources humaines et développement des compétences Canada).

Notre propension à accepter une vie sexuelle en dehors des liens du mariage est très mal perçue par les Américains, qui accordent une très grande importance aux valeurs du mariage.

French Lover

L'image de French Lover nous colle à la peau, alors même que nous évoquons plus facilement, de notre côté, l'Italian Lover. Et les chiffres semblent rejoindre le mythe. D'après une étude réalisée en 2007 par le groupe Novatris/Harris, les Français auraient en moyenne 8,9 rapports sexuels par mois, là où les Italiens en déclarent 7,3 et les Américains... seulement 5,9.

Le Français serait naturellement séducteur et « les femmes restent (...) à la disposition des pulsions masculines. En France, ça passe. En Amérique, ça casse. Et DSK s'écroule », résume Jeane Cohen, professeur de science politique et de civilisation contemporaine à l'Université de Columbia, interviewée par Marianne et citée dans l'article « Le peuple de New-York accable DSK et la France » (Marianne, du 21 au 27 mai 2011)

Arrogants

Les journaux américains (mais également italiens, et c'est là que le bât blesse peut-être !) mettent systématiquement en avant, depuis le début de l'affaire DSK, l'arrogance des Français. Pour eux, les citoyens et politiques français ont tendance à se poser en donneurs de leçon face à la planète entière. Et la population en profite pour rappeler le très cuisant refus de Jacques Chirac d'envahir l'Afghanistan. « Vous croyez toujours tout savoir mieux que les autres, jette Teddy, 38 ans, employé de banque dans l'Arizona. Vous avez toujours une sorte d'arrogance pour dire aux autres que vous faites mieux qu'eux. Regardez comment vous balancez en continu la présomption d'innocence, comme si elle n'existait que chez vous ! »

Hypocrites

Pas de pitié pour Madoff... mais un traitement de faveur pour DSK. C'est, substance ce qui ressort de ce que nous penserions de l'affaire. Selon les journaux américains, les Français seraient d'une hypocrisie totale, demandant une justice équitable et semblable pour tous... sauf les personnalités qu'ils apprécient.

Mickael Daly, chroniqueur interviewé par Marianne, résume ce sentiment : « DSK, c'est la version française de Madoff » Et le journal de conclure : « L'Américain vole les vieux richards, le Français viole les jeunes pauvresses ». Alors pourquoi les Français ne se soulèvent-ils pas contre les agissements du patron du FMI ? Pourquoi s'insurgent-ils de le voir sortir menottes aux poings ou traiter comme les autres prisonniers ? Autant de questions auxquelles les Américains (et le reste du monde) ne parviennent pas à répondre et qui viennent leur confirmer que l'hypocrisie est de mise en France.

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