Boys don't cry: la réalité de la transphobie

Non, cela ne traite pas de la célèbre chanson des Cure mais bien du film de Kimberly Peirce et de la polémique qu'elle déploie autour de la transidentité.

Boys don't cry raconte l'histoire de Brandon, une jeune fille qui voulait changer de sexe. Sa transidentité conduira Brandon, majestueusement interprété par Hilary Swank, à une fin brutale et triste, d'autant plus triste que le scénario du film est basé sur une histoire vraie. La vie de Brandon et surtout sa mort ont bouleversé les Etats-Unis. C'était donc un pari osé que de transposer le fait divers sur grand écran. Les scènes de viol et de meurtre ont rendu le tournage encore plus délicat. La réalisatrice a pris beaucoup de risques en sortant le film. Cependant, malgré quelques controverses, les critiques l'ont généralement acclamée.

La transexualité dans la société

Brandon a été assassiné en 1993 après que son véritable sexe a été découvert. Si à l'époque le transgenre est loin d'être accepté, qu'en est-il aujourd'hui? À peu près au même niveau. Les transsexuels luttent pour se faire reconnaître et mettre en avant leurs droits. Les procédures de changement de sexe sont longues et douloureuses. Il faudra attendre 2009 pour que le premier pays au monde, la France, retire enfin la transidentité des maladies mentales. Cependant, le chemin vers l'acceptation est encore long et hasardeux.

Dans la mentalité des gens

Boys don't cry met en avant le rejet brutal auquel les transsexuels font souvent face. Violence, insultes, préjugés restent d'actualité. Le documentaire sur la vie de Brandon, The Brandon Teena Story de Muska et Ólafsdóttir, illustre encore mieux cet état d'esprit. Brandon se faisait généralement insulté de "gouine", de "putain de lesbienne". Cette assimilation abusive entre homosexualité et transsexualité est fréquente chez les personnes qui ne comprennent guère qu'un transsexuel female-to-male est avant tout un garçon et non pas l'inverse. De plus, à l'heure actuelle, le transgenre reste malheureusement associé dans l'esprit de la majorité aux milieux de la prostitution et de la pornographie.

Le militantisme

C'est dans cette perspective que des œuvres telles que Boys don't cry sont essentielles. Elles donnent une image nouvelle et réaliste du transsexuel. Le mouvement transgenre se développe de jour en jour, s'alliant souvent aux mouvements gays, lesbiens et bisexuels (d'où le sigle LGBT: lesbienne, gay, bi, trans). Ainsi, une marche de soutien, l'ExisTrans, se déroule tous les ans. Suite à la dépsychiatrisation de la transidentité, les prochains combats sont l'accès au changement d'état civil avant l'opération de changement de sexe, d'autant plus que tous les transgenres ne désirent pas forcément changer physiologiquement de sexe, et la reconnaissance de la discrimination transphobe. En effet, la transphobie n'est pas condamnable puisque inexistante dans la loi même si pratiquée ouvertement par des milliers de personnes.

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