La montée de l'extrême droite en Europe (deuxième partie)

Mouvances néo-nazies, partis d'extrême droite, groupes fascistes, depuis quelques années tous connaissent une ascension spectaculaire en Europe.

La première partie de l'article est disponible ici .

La Hongrie

Aux élections de l'an dernier , la Hongrie a viré d'un gouvernement de gauche à un gouvernement de droite en même temps que le parti néo-nazi Jobbik faisait une entrée remarquable au parlement. Le soutien de la population hongroise à ce parti se fait de plus en plus fort, atteignant plus de 16%. Fidèle à la tradition nazie, le parti Jobbik s'est lié à une milice armée, la Magyar Garda , qui s'est divisée en plusieurs petits groupuscules après sa dissolution en 2009. Leurs discours sont clairs, pleins d'antisémitisme, de racisme anti-Roms et d'homophobie. Un discours que le parti de droite Fidesz, maintenant au pouvoir, avait réutilisé pour augmenter sa popularité.

Pourquoi une telle ascension?

À chaque époque et à chaque lieu son souffre-douleur. En Hongrie, ce sont les Roms. Jugés coupables de tous les problèmes, la population est victime de racisme et d'agressions au quotidien. La ségrégation est très forte dans le pays et empêche les Roms d'avoir une vraie vie professionnelle. De même que les Juifs ont à une époque été accusés de voler la richesse de plusieurs pays, les Roms sont accusés du fort taux de criminalité de la Hongrie actuelle. La lutte contre cette criminalité est le point essentiel de la campagne de Jobbik.

Plus sur la Magyar Garda: http://owni.fr/2011/05/09/hongrie-garda-nationalisme-extreme-droite-racisme-1/

Sur le discrimination contre les Roms: http://www.amnesty.ch/fr/pays/europe-asie-centrale/hongrie/documents/2011/discrimination-des-roms-en-hongrie-violentes-agressions-contre-des-roms-en-hongrie

La Belgique

Dans ce pays, l'extrême droite néo-fasciste, c'est le Vlaams Belang (Intérêt Flamand) dirigé par le très controversé Filip Dewinter. Ce parti flamand a un lourd passé d'activités néo-nazies. À l'époque, il s'appelait le Vlaams Block (Bloc Flamand) et participait par exemple à la commémoration des soldats SS flamands morts pendant la guerre. Si le parti a changé de nom, cela participait d'une manœuvre politique pour rendre son image plus propre, ce qui ne l'empêche pas aujourd'hui de poursuivre une politique islamophobe. Le Voorpost (Avant-Poste) est un groupuscule également nationaliste très lié au Vlaams Belang qui se bat pour l'indépendance de la Flandre. Mais plus que des simples indépendantistes, les membres du Voorpost sont des racistes anti-francophones qui luttent pour la néerlandisation de la Flandre et organisent des manifestations anti-francophones. Cependant, depuis quelques années, le N-VA (Alliance Néo-Flamande), indépendantiste lui aussi, récupère les votes du Vlaams Belang, obtenant presque 30% aux législatives fédérales de 2010.

Pourquoi cette montée des extrémismes?

Le cas de la Belgique est très particulier. Le pays est divisé en deux communautés principales: la Flandre et la Wallonie.Tous deux sont séparés par une frontière linguistique et économique. Certains Flamands souhaitent leur indépendance et utilisent un racisme anti-francophone pour appuyer leur idéologie. Les partis d'extrême droite se servent de cet antagonisme et l'exacerbent. De plus, le racisme anti-francophones n'a aucune existence légale et ne peut donc pas être puni. Enfin, la crise politique que la Belgique, sans gouvernement, traverse depuis un an ne peut en rien améliorer la situation.

Sur la discrimination anti-francophones: http://info.france2.fr/europe/discrimination-anti-francophone-62309687.html

Sur la Vlaams Belang et son passé nazi: Partie 1 , Partie 2 , Partie 3

Une Europe de l'extrême droite

Même si la montée de ces partis extrémistes en Europe est à analyser pays par pays, les similitudes que l'on trouve entre eux ne sont pas anodins. Dans leur programme, se retrouvent souvent:

- La lutte contre l'islamisation ou la stigmatisation d'une communauté perçue comme différente, souvent immigrée.

- La création de milices armées associées aux partis.

- Le désir de sortir de l'Union Européenne.

- L'abolition de la démocratie.

Ce désir d'abolir la démocratie est ce qui effraie le plus les autres partis. C'est pourquoi ces derniers se battent pour rendre les partis d'extrême droite illégaux. Cependant, en tant que garants de la démocratie, ils se doivent de respecter la liberté d'expression et ne parviennent que rarement à interdire un parti à cause de ses opinions. Ce qui signifie que les partis de l'extrême droite se servent de la démocratie pour agrandir leur électorat quand bien même ils prévoient de l'abolir une fois parvenus au pouvoir.

Par conséquent, faut-il interdire les partis d'extrême droite?

Autre source

Europe, ascenseur pour les fachos

Sur le même sujet