« Les gardiens de l'Amazonie », J.L.Bulcao et Antoine Olivier.

Les photographies sont exposées à la Galerie W à Paris du 18 janvier au 22 février 2011.

La Galerie W accueille de nombreux artistes de renom. Durant le mois de janvier deux photographes ont choisi d'associer leur talent. Une trentaine de clichés sont accrochés.

Les photographies en noir et blanc sont signées J.L.Bulcao, photographe brésilien, artiste permanent de la galerie. Il travaille sur des thématiques socio-économique et environnementales. Antoine Olivier, designer et photographe, choisit la couleur.

Tous deux connaissent très bien l'Amazonie. Le sujet est passionnant et l'aventure est entre rêve et réalité. Il y a d'un côté la beauté de la forêt et de l'autre les problèmes économiques. Avant de se lancer, ils ont tous deux effectué des recherches, échangé des idées et ont défini quatre sujets: « Les seringueiros à Xapuri », « Le guarana des Sateré-Mawé », « Les cueilleurs d'açai près de Belem », et « Les casseuses de noix babaçu du Parà et du Tocantins ».

Le livre de photos « Les gardiens de l'Amazonie » est composé de quatre chapitres. La préface a été rédigée par Ateneia Feijo.

J.L.Bulcao et Antoine Olivier nous montrent que la préservation de la forêt amazonienne est liée à la survie de son peuple. Les amazoniens sont les meilleurs gardiens.

ITW: J.L.Bulcao

-Suite101: Comment avez-vous commencé la photographie?

-J.L.B: Dans les années 70, le Brésil a connu un bon économique. Le pays est donc possible. Le « Paris Match » brésilien, « Manchete », publie des immenses photos. A cette époque, ces photos me faisaient rêver, tout était très loin de ma réalité. A quinze ans, je suis allé à une exposition de l'Unicef, une rétrospective de photos d'enfants. J'étais émerveillé par ces images, ces regards d'enfants de tous les pays. J'ai eu un déclic et j'ai voulu être photographe. J'ai travaillé pour le magasine « Manchete » au Brésil et j'ai été envoyé en Amazonie pour photographier la forêt, son immensité, la beauté mais également la colonisation mal planifié, les souffrances de la région. Des sujets plutôt socio-économiques, la migration vers l'Amazonie a été provoquée par la demande de bois. Le trafic de bois, d'animaux ont été des sujets polémiques au Brésil.

En 1500, lorsque les portugais sont arrivés au Brésil, la forêt « Mata Atlantica » qui borde le littoral du Brésil, était encore vierge. Aujourd'hui 95 % sont partis en fumée.

Certaines de mes images ont été publiées dans le magasine « Veja » au Brésil. J'ai été photographe indépendant quelques années plus tard, correspondant de l'agence Gamma au Brésil jusqu'en 94, puis je suis parti à New York.

Aujourd'hui, je vis à Paris et je suis un artiste permanent de la Galerie W. Un premier travail spontané a été exposé à la galerie en 2007: « CopaCabana ».

-Suite101: Pourquoi « Les gardiens de l'Amazonie » est-il un travail commun avec Antoine Olivier?

-J.L.B: Antoine est avant tout designer. Il m'a demandé de participer à un prix, chargé de communiquer l'image de cette association. Il voulait montrer un autre Brésil, le domaine culturel et écologique. Antoine voulait parler de cette association à travers un livre, une exposition. Nous avons choisi de travailler sur quatre sujets: les seringueiros , le guarana des Sateré-Mawé , les cueilleurs d'açai et les casseuses de noix babaçu . Pour les seringueiros, la première thématique, une usine de préservatifs, Natex, utilise cette matière. Nous avons donc choisi ce sujet. C'est une façon de préserver la fôret. Le guarana a été découvert au Brésil, c'est un vrai commerce aujourd'hui.

Les noix babaçu sont les fruits les plus riches. Toutes les femmes travaillent, «les casseuses », c'est leur réalité. On raconte que les « jolies » femmes ne veulent pas porter les paniers sur leur tête car cela agrandirait le bassin.

Antoine et moi avons travaillé plus d'un mois, une semaine par sujet. Nous avons tout partagé ensemble. C'est le regard d'un Français habitant le Brésil et d'un brésilien vivant en France. Ce sont deux regards différents. Son regard m'a attiré vers des choses que je ne voyais pas, moi journaliste. Ce travail nous a pris beaucoup de temps.

-Suite101: Quels sont vos critères, votre genre photographique? Qu'est-ce que vous aimez dans la photographie?

-J.L.B: La photographie est une façon de s'exprimer, un moyen d'expression. J'admire le photographe Sebastian Salgado. Il y a une thématique dans toutes ses séries de photos. La photographie est signe de partage, un moyen de communication. Je suis photographe socio-économique. J'aime l'homme, l'écologie. Je prends le temps de réfléchir. Je ne fais pas les paysages. J'ai toujours une cause à défendre et j'aime l'activité humaine. Même dans la problématique sociale, j'aime montrer, inspecter, repérer et réfléchir mais pas dénoncer.

-Suite101: Quel est votre technique?

-J.L.B: Je travaille en noir et blanc pour la première fois, avec une ouverture objectif à onze. J'utilise la longue exposition avec l'appareil photo «Holga», un appareil photo en plastique, fabriqué en Chine, qui fonctionne avec des pellicules. J'ai décidé de faire des portraits en noir et blanc car cela a plus d'impact. J'aime photographier en noir et blanc les regards, les situations. J'ai tout de même exposé dans la galerie 5 photos en couleur format 80/53, brillant. Il y a plusieurs formats: en noir et blanc 50/50 et 80/80.

Antoine a choisi le papier mat, format 40/60 et 80/53.

Normalement je préfère le mat, mais pour ce travail j'ai choisi le brillant.

-Suite101: Le livre «Les gardiens de l'Amazonie» vient d'être publié. Quels sont vos projets?

-J.L.B: Une exposition, « Les gardiens de l'Amazonie », est prévue à Rio au Brésil, le 20 mai 2011, dans un centre culturel, l' « Eletro Bras ». Un site internet va être créé dans les mois à venir.

Je commence un sujet sur Rio, en vu de la Coupe du monde 2014. Des magazines me contactent pour des reportages. L'agence de Rio me laisse le temps de développer ce travail.

« Les gardiens de l'Amazonie », Exposition photographique J.L.Bulcao et Antoine Olivier.

Du 18 janvier au 22 février 2011.

Galerie W Eric Landeau

44 rue Lepic, 75018 Paris

10h30/ 20h/ 7/7 jours – www.galeriew.com

www.autresbresils.net

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