Rupert Shrive : Something Else 

L'artiste anglais expose « peintures-sculptures » à la Galerie Orel-Art, à Paris, du 16 mars au 30 avril 2011. Interview.
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Rupert Shrive est un artiste en recherche de nouveautés.

Sa technique est particulière. Il part d'une oeuvre à priori achevée et en fait une oeuvre froissée. Le portrait le caractérise. L'oeuvre se regarde sous différents angles et la peinture est parfois sculpture par ses reliefs et sa taille.

L'artiste a déjà exposé ses oeuvres à Paris en 2008. Something else est la deuxième exposition dans la capitale. Il y a chez Rupert la volonté de trouver quelque chose de nouveau, d'innover.

L'apprentissage et la création.

Diplômé de la Saint Martin School, une école d'art à Londres, il se lance ensuite et se démarque des autres par ses projets, sa technique.

Influencé par de grands maîtres de la peinture,Bacon, Picasso, l'oeuvre de Bernini, « L'Extase de Sainte Thérèse » est source d'inspiration pour son installation du même nom, partie la plus importante de l'exposition, représentant une multitude de visages déformés.

« Configurations » est d'un tout autre style .

Ce sont des collages de morceaux de tableaux, inspiré de Rauschenberg. Rupert assemble les différents éléments du visage dans le collage: la bouche, les yeux, les joues, le menton... Pour Rupert, le visage est la seule partie du corps importante. Il a réalisé des portraits classiques avant de trouver cette originalité: « le portrait froissé ». La déformation permet la recréation. Le principe est de finir une oeuvre et de la froisser ensuite, l'exercice est difficile car Rupert abîme son oeuvre une fois achevée.

La dimension.

Rupert recherche une image autour de laquelle le spectateur devra se déplacer. Ce sont principalement des femmes qui doivent être érotiques.

Une de ses dernières oeuvres exposée, L'homme qui crie est inspirée de l'artiste Traversi, peintre italien du 18me siècle.

Afin d'accrocher la lumière, le peintre utilise le vernis, du papier kraft recouvert de couches d'acrylique et de la fibre de verre à l'intérieur.

« Les configurations de l'Alhambra ».

Les sept tableaux sont de la même série, et font parties de l'exposition. Influencé par son séjour en Espagne, Rupert Shivre crée des mosaïques, l'Alhambra est en fond et l'oeuvre apparaît comme un puzzle.

-Suite101: Quand avez-vous commencé la peinture?

RS: Je n'ai jamais grandi...la peinture m'a toujours attiré mais je n'ai jamais fais autre chose. La peinture est devenue mon seul centre d'intérêt. Aujourd'hui, vivre de son art est difficile. Je propose quelque chose de nouveau qui reste dans la famille que la peinture, sans être conventionel. J'aime le portrait en général, j'ai travaillé à Londres comme portraitiste. J'ai intitulé cette exposition Something Else en pensant au regard que l'on a sur une autre personne et au moment où l'on est ailleurs, sans regarder réellement. Le travail de l'artiste est de faire quelque chose de nouveau. Je sais que ces visages sont grotesques mais c'est une alternative avec la beauté. Le mystère des choses m'intêrèsse, le mouvement, la régénération et l'éphémère.

-Suite101: Est-ce une réelle passion au delà d'un travail quotidien? Avez-vous des références, des modèles?

RS: C'est une vocation, j'aime ce que je fais toute la journée. J'expérimente, je découvre des nouvelles choses. Ma mère m'a montré très jeune des tableaux. J'y trouvé beaucoup d'intérêt et lorsque j'ai commencé à peindre, elle a trouvé que cela me correspondait.

Mon atelier n'est pas très grand, c'était fascinant de travailler des oeuvres plus ou moins grandes et de les installer. Dans L'Extase de Sainte Thérèse , les tableaux sont de différentes dimensions. Les expressions changent aussi, les unes sont érotiques, d'autres évoquent le rêve ou dorment. L'extase se traduit dans l'expression du visage. Elle est en mouvement et cela m'intéresse, la dimension et la lumière. J'aime dessiné avec les objets et trouver une harmonie. Le relief dans mes oeuvres donne quelque chose de supplémentaire aux trois dimensions. C'est une construction.

Toute mon oeuvre a un rapport avec le cubisme. J'aime jouer avec les espaces.

Lorsque j'ai créée l'oeuvre nouvelle « Green fairy », le peintre Bacon a eu une grande influence sur moi. J'ai pensé à lui lors de la création de cette oeuvre.

-Suite101: Quelle est votre plus grande expérience?

RS: Tout est fantastique dans cet art. Il faut travailler de soi même et être ouvert. L'artiste est seul dans son atelier, en recherche, à l'écoute de ses émotions. La terreur pour un artiste est d'être ignoré. J'aime travailler à partir d'un fait historique ou d'une oeuvre, mais j'aime aussi la pure création, la recherche.

Je retiens la construction et l'installation de l'oeuvre: « L'Extase de Sainte Thérèse », oeuvre basée sur Bernini, sur ses sculptures. Les expressions de ces visages de femmes sont extraordinaires et cela me permet d'explorer les choses formelles. J'ai imaginé des femmes brunes, de caractères mais je pouvais également faire le choix d'une chevelure blonde. Cette oeuvre au départ est très religieuse, j'en ai fais une oeuvre érotique.

-Suite101: Avez-vous des projets, la préparation d'une prochaine exposition, un livre, une collaboration?

RS: Je vais exposer dans une galerie, à Londres, à l'automne prochain.

La semaine prochaine, du 31 mars au 3 avril 2011, je vais participer à la Foire d'art au Grand Palais à Paris, avec la Galerie Orel Art. Quelques unes de mes oeuvres seront exposées. Le salon « ArtParis » réunit plus de 120 galeries internationales d'art contemporain, d'art moderne et de design. Lieu d'échanges et de rencontres, cela permet de montrer mon travail.

« Something Else », exposition de peintures-sculptures de Rupert Shrive.

Galerie Orel Art,

Du 16 mars au 30 avril 2011.

40 rue Quincampoix, 75004 Paris.

Tel: 0147202254

w ww.OrelArt.com

www.rupertshrive.com

Livre, « Something Else », Rupert Shrive, Préface de Michael Peppiatt.

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