Les fastes de la cour de France à Blois pendant la Renaissance

1501: Philippe le Beau et son épouse Jeanne de Castille quittent Bruxelles pour l'Espagne. En chemin, ils sont reçus par Louis XII, roi de France, à Blois.

Au coeur du Val de Loire, le château royal de Blois offre un véritable panorama de l’architecture française du Moyen-Âge au 17e siècle.

Un château royal

Résidence de 7 rois et de 10 reines de France, ce lieu évoque le pouvoir et la vie quotidienne de la cour à la Renaissance, comme en témoignent encore les appartements royaux richement meublés et ornés de magnifiques décors polychromes.

Ce n'est donc pas un hasard si l'émission de France 3 "Des racines et des ailes" (diffusée le mercredi 24 novembre 2010) s'est arrêtée sur le génie des bâtisseurs du château de Blois.

Un fleuron de l'architecture

Le château témoigne de l’architecture de la Renaissance "à la française". Son escalier à vis, commandé par François Ier, a inspiré celui du château de Chambord. Louis XII et son épouse Anne de Bretagne, François Ier et également Catherine de Médicis et Henri III ont séjourné dans ce joyaux du patrimoine français.

Un lieu d'Histoire

Le château de Blois est connu pour ses intrigues, comme la légende noire de Catherine de Médicis. Il n'échappe pas non plus aux complots: le duc de Guise, dit Henri le Balafré, y fut assassiné en 1588 sur ordre du roi de France Henri III, en pleine guerre de religions...

1501 : les fastes de la cour de France à Blois

A partir de plusieurs témoignages du séjour à Blois de l'archiduc d'Autriche Philippe le Beau, comte de Flandre, et de son épouse Jeanne de Castille, héritière des Rois catholiques, Monique Chatenet et Pierre-Gilles Girault fournissent un précieux instantané de la vie à la cour de France dans leur ouvrage intitulé Fastes de cour. Les enjeux d'un voyage princier à Blois en 1501 .

Partis de Bruxelles en novembre, le couple archiducal accompagné d'une suite de 1200 chevaux traverse les régions du Hainaut, de Picardie, puis la ville de Paris avant de rejoindre Blois, où doivent les accueillir Louis XII et Anne de Bretagne, roi et reine de France.

Plusieurs questions diplomatiques sont à l'ordre du jour.

Le mardi 7 décembre 1501, Philippe le Beau et Jeanne de Castille sont reçus par le couple royal.

Un brillant cortège s'ordonne autour des archiducs pour franchir le pont sur la Loire et traverser la ville de Blois sous les regards des habitants de la cité massés aux fenêtres et postés jusque sur les toits des maisons.

Le roi de France accueille d'abord l'archiduc selon un protocole bien établi. Il reçoit ensuite l'archiduchesse, retardée par la foule. Celle-ci est rapidement menée vers la reine.

Le cérémonial est déjà très élaboré. On peut parler d'un style diplomatique nouveau.

Le séjour dure jusqu'au 15 décembre, alternant temps diplomatiques et divertissements.

La chasse - essentiellement la fauconnerie - est une activité quotidienne du matin. L'après-midi est réservé aux joutes et tournois. Archiducs et rois participent aux parties de chasses mais ne sont que spectateurs des combats courtois. En revanche, ils jouent ensemble à la paume. Quand vient le soir, les jeux de cartes sont à l'honneur ainsi que les danses, à la française ou à l'allemande.

Les multiples sources sont beaucoup plus prolixes sur les festivités et leur environnement que sur les négociations diplomatiques. Monique Chatenet et Pierre-Gilles Girault peuvent ainsi présenter avec précision les logis des archiducs et de leur suite, le mobilier royal, l'orfèvrerie, différents éléments et objets de décor...

Blois au coeur de l'Europe

A la Renaissance, le château royal de Blois est donc le lieu de rencontres diplomatiques au sommet. L'endroit est beau, les aménagements sont richement décorés. Les festivités qui accompagnent les réceptions de souverains étrangers ont atteint un haut degré d'élaboration tout en respectant les activités traditionnelles.

La réception de l'archiduc d'Autriche et de son épouse en 1501 est le prototype des fastes de la cour de France à la Renaissance. Après Louis XII, François Ier continuera de faire du château de Blois le lieu de résidence de la cour de France avant d'exporter les mécanismes de cour en même temps que le renouveau architectural vers Fontainebleau ou Amboise...

Documentation :

- Monique Chatenet, Pierre-Gilles Girault, Fastes de cour. Les enjeux d'un voyage princier à Blois en 1501 , Presses Universitaires de Rennes, 2010.

- Des racines et des ailes, Le génie des bâtisseurs , France 3 télévision, 24 novembre 2010.

- Site internet du château de Blois .

Voir aussi l'article : Visite du château d'Amboise en Touraine , de Caroline Plume.

Sur le même sujet