Mohamed VI, roi du Maroc et le Printemps arabe de 2011

En 1999, Mohamed VI succède à son père. Jeune roi au bel héritage, il doit désormais compter avec la pression populaire qui fait suite au Printemps arabe.

Né en 1963, Mohammed VI n'a pas tout à fait 36 ans lorsqu'il devient roi du Maroc. Un peu plus de dix ans plus tard, après le Printemps arabe de 2011, les fondements d'un royaume qu'on croyait solide vacillent.

Une succession affranchie de la tutelle française

Quelques heures après la mort de son père (le roi Hassan II), le prince héritier Sidi Mohammed est proclamé roi du Maroc. La Constitution marocaine de 1996 stipule en effet que "la couronne du Maroc et ses droits constitutionnels sont héréditaires et se transmettent de père en fils aux descendants mâles en ligne directe et par ordre de primogéniture de Sa majesté, à moins que le roi ne désigne de son vivant un successeur parmi ses fils autre que son fils aîné" (art. 20).

Dans les faits, il ne s'agit que de la deuxième succession sans intervention étrangère (après celle de Mohammed V vers Hassan II). En effet, pendant plus d'un siècle et jusqu'à l'indépendance du Maroc en 1956, la France intervenait systématiquement dans le choix du nouveau roi (le plus à même de se montrer docile vis-à-vis de la métropole).

Le chef politique et spirituel du pays

Le titre de roi du Maroc n'est pas seulement honorifique. En tant que souverain, Mohammed VI est à la fois celui qui gouverne son pays et chef spirituel des marocains musulmans. Le roi est donc tout puissant.

Une expérience internationale et un bel héritage

Avant son avènement, Mohammed VI a étudié le droit à Rabat jusqu'en D.E.A. (1988) puis a poursuivi un cursus à l'université de Nice où il a obtenu un doctorat en droit, suite à sa soutenance de thèse sur La coopération entre la Communauté Économique Européenne et l’Union du Maghreb Arabe (1993).

Par ailleurs, Mohammed VI a effectué un stage à Bruxelles en 1988 au sein de la Commission européenne, dont le président était alors Jacques Delors. Il a également effectué de nombreuses missions diplomatiques pour le compte de son père dans les années 80/90, rencontrant les dirigeants de nombreux autres pays du globe. Lors des funérailles d'Hassan II, une cinquantaine de chefs d'états sont présents. Grâce à son père Mohammed VI bénéficie immédiatement d'une aura internationale et hérite également d'une fortune colossale.

Aussi, lorsqu'il accède au trône du Maroc en 1999, Mohammed VI n'est pas un roi inexpérimenté. Ses premiers mots seront pour le peuple...

Mohamed VI face à son peuple

Les espoirs d'une "royauté à l'espagnole" s'effondrent vite. Le mélange de traditionnalisme, d'affairisme et de corruption rend la vie très difficile pour les marocains.

Quelques dix ans plus tard, la crise sociale est aigüe. Les libertés des individus sont encore à acquérir ou très fragiles. La pression populaire et les révolutions des pays voisins ont obligé Mohamed VI a proposer une nouvelle constitution. Soumise au référendum populaire, elle a été massivement acceptée (98 % des électeurs auraient voté OUI...) Cette constitution présente de réelle avancée en attribuant au Parlement des pouvoirs plus importants. Elle évoque pour la première fois des droits et des libertés, ce qui est considérable. Toutefois, rien ne garantit leur application.

Dans un contexte de crise, la capacité de Mohamed VI à écouter le peuple marocain sera déterminante pour l'avenir du pays. Souvent dépeint comme un "bon roi", le voici confronté à un tournant historique, en guise de révélateur de sa stature de souverain.

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