Princes hongrois et tsars russes à la Pinacothèque de Paris.

Pour l'inauguration de ses nouveaux espaces fin janvier 2011, la Pinacothèque de Paris dévoile sa collection permanente et deux expositions temporaires.
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La Pinacothèque de Paris : un superbe espace rénové.

Après rénovation, la Pinacothèque de Paris (28, Place de la Madeleine) offre au public l’opportunité de découvrir de manière permanente des œuvres extraordinaires prêtées par des collectionneurs privés ou des institutions publiques.

Tintoret, Picasso, Rembrandt, Monet, Modigliani, Boucher, Derain, de Hooch, Severini : des artistes de toutes les couleurs, de toutes les époques, écoles et mouvements se côtoient à la Pinacothèque.

"Esterházy" et "Romanov" au menu

La pinacothèque présente également des expositions temporaires de grande qualité. Après "L'or des Incas" présentée de septembre 2010 à février 2011 (qui touche à sa fin), voici venu le temps de deux expositions : "Esterházy, princes collectionneurs" (janvier à mai 2011) et "Romanov, tsars collectionneurs" (aux mêmes dates).

Les trésors des Romanov

Pendant 4 mois, il est possible de découvrir une centaine d’œuvres en provenance du Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg.

Selon un parcours chronologique sont d'abord présentées des œuvres rassemblées par Pierre le Grand (1672-1725). Grand curieux et collectionneur, Pierre Ier avait pour habitude d'envoyer des émissaires dans toute l’Europe pour rapporter les meilleures peintures et sculptures à Saint-Pétersbourg.

Dans ce même esprit, Catherine II (1729-1796) enrichit à son tour les collections et fait ériger le premier lieu dédié à leur présentation : le Petit Ermitage de 1764 à 1775 (à côté du Palais d’Hiver). Pour contenir toutes les oeuvres s'accumulant, le Petit Ermitage devient vite trop exigu. Le Grand Ermitage est donc construit, de 1771 à 1787.

Alexandre Ier (1777-1825), petit-fils de Catherine II, dote l’Ermitage d’une collection de maîtres espagnols. Avec Nicolas Ier (1796-1855), la construction du Nouvel Ermitage (1842-1852), qui fait suite à l’incendie du Palais d’Hiver en 1837, marque la naissance du musée moderne.

Au gré de cette exposition, le célèbre "David et Jonathan" de Rembrandt ou encore le "portrait du comte-duc d’Olivares" par Vélasquez s'offrent au regard.

Ce voyage à travers la Russie des tsars est ainsi une belle occasion de découvrir deux siècles d'Europe culturelle.

L'Autriche-Hongrie des princes Esterházy

L'exposition sur les "Princes Esterházy collectionneurs" est composée de 50 tableaux anciens. Elle fait habituellement partie de la collection de peintures du Musée des Beaux-Arts de Budapest.

Grande famille nobiliaire hongroise aux origines médiévales, les Esterházy ont servi la couronne impériale autrichienne des Habsbourg.

Au XVIIe siècle, les princes Esterházy – le grand palatin Paul et Nicolas Ier "le magnifique" - débutent dans l'activité de collectionneur d'art. Au siècle suivant, Nicolas II élargi la collection entassée d'abord au château familial d’Eisenstadt puis au château de Laxenbourg, près de Vienne, avant de rejoindre la capitale autrichienne.

En effet, en 1865, la collection est déplacée à Budapest. Confrontée à d'énormes difficultés financières, la famille Esterházy la vend à l’État hongrois en 1870, qui la dépose alors au Musée des Beaux-Arts de Budapest.

Deux toiles de Raphaël ( La Madone Esterhàzy et Portrait d’un jeune homme ) figurent en bonne place dans cette exposition.

Symbole de la richesse artistique austro-hongroise d’une époque passée et vitrine emblématique d’un des plus grands musées de peinture d'Europe, cette deuxième exposition temporaire de la Pinacothèque de Paris vaut aussi le détour.

Pour aller plus loin :

Pinacothèque de Paris

Musée de l'Ermitage (Saint Pétersbourg)

Musée des Beaux arts de Budapest

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