Découvrir la région de Tarse en Cilicie (Turquie de l'Est)

Visitez le lieu où Cléopâtre a rencontré Antoine. Partez sur les traces de Pompée et d'Archélaos de Cappadoce.
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La cité de Tarse se trouve à proximité de la côte Méditerranéenne de la Cilicie . La ville est reliée à plusieurs agréables stations balnéaires. Le climat cilicien est doux en hiver et assez chaud en été. Tarse et ses environs possèdent de nombreux hôtels de tous types. Ce qui rend la Cilicie très agréable c’est qu’elle n’est pas encore trop envahie par des flux immenses de touristes.

Pour rejoindre la Cilicie, le plus facile est de prendre l’avion jusqu’à Adana , quatrième ville de Turquie. De là, il est facile de se rendre en voiture ou en bus à Tarse.

Tarse, lieu de rencontre d’Antoine et Cléopâtre VII

La cité de Tarse possède un riche passé. On y trouve la porte de Cléopâtre . C’est à Tarse que la célèbre reine d’Egypte rencontra Marc Antoine. Même si la porte a été remaniée, l’endroit reste symbolique. L’historien romain Dion Cassius, hostile à Antoine, a gardé une trace de cette rencontre entre le triumvir romain et la reine d’Egypte : « Alors, tombé amoureux de Cléopâtre qu’il [Antoine] avait vue en Cilicie, il n’eut plus aucun souci de son honneur, devint esclave de l’Egyptienne et consacra son temps à sa passion » ( Histoire romaine , 48, 24, 2).

Tarse fut aussi le lieu de naissance de saint Paul. Les vestiges de la maison de l’apôtre sont toujours visibles. A proximité de Tarse, on peut se promener le long de la rivière Nehri qui descend des monts du Taurus. Cascades, jardins et établissements servant un excellent thé raviront la plupart des visiteurs.

Tarse peut servir de point de départ pour une série d’excursion vers des sites archéologiques de la côte cilicienne. Plusieurs lieux, situés le long de la route menant à Silifke, méritent un détour.

Soloi – Pompeianopolis : Des Rhodiens à Pompée le Grand

A une vingtaine de kilomètre de Tarse, on trouve le site antique de Soloi – Pompeianopolis. La cité fut fondée par des colons Rhodiens vers 700 avant notre ère. Elle fut prise par les Perses en 522. Alexandre le Grand s’empara de la ville. Durant la période hellénistique, Soloi fut disputée par les Ptolémées et les Séleucides. Malgré ce contexte historique troublé, la cité fut un lieu de sciences et de culture. L’un des plus célèbres astronomes de l’Antiquité, Aratos (315-240), naquit à et enseigna à Soloi. Le philosophe Chrysippe (281-227) était également originaire de la cité cilicienne. En 91 avant notre ère, Tigrane le Grand, roi d’Arménie s’empara de la cité et déporta sa population dans sa nouvelle capitale Tigranorcète. En 64 avant J.-C. Pompée le Grand débarqua en Cilicie. Il mit fin à la piraterie qui gangrenait la région. Il fit rebâtir la cité et lui donna son nom : Pompeianopolis. La cité jouit de la paix romaine durant trois siècles. En 260 elle fut assiégée par le roi perse sassanide Shapur Ier. La cité connut ensuite les persécutions du IVe siècle. Elle fut détruite et abandonnée suite au violent tremblement de terre de 527.

Aujourd’hui on peut admirer la grande voie à colonnade. Elle reliait le cœur de la cité au port. De nombreuses colonnes sont toujours debout sur environ 450 mètres de long. On trouve aussi un théâtre romain, des thermes et un puissant mur d’enceinte byzantin.

Sébasté : cadeau d’Auguste pour Archélaos de Cappadoce

A quelques kilomètres plus à l’ouest se trouve Sébasté. Ce lieu était une île durant l’Antiquité. Elle fut offerte à Archélaos, roi de l’antique Cappadoce par l’empereur Auguste. Il souhaitait par ce don le remercier d’avoir lutté contre son ancien rival, Antoine. Le roi se fit construire un palais et baptisa le lieu du nom de « Sébasté » en l’honneur d’Auguste. En grec, Sébastos était la traduction du titre impérial romain « Auguste ».

Aujourd’hui, des vestiges d’un théâtre romain, d’un aqueduc, d’un temple de Zeus et d’une église byzantine permettent de passer un agréable moment sur ce site archéologique peu fréquenté par les touristes.

Pour en savoir plus à propos de la Cilicie :

TAKIRAN (C.), Silifke (Seleucia on Calycadnus) and environs , Ankara, 1993.

AKURGAL (E.), Ancient civilizations and ruins of Turkey , trad. WHYBROW (J.), 10e éd., Istanbul, 2007.

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