Khasekhemouy réunificateur de l'Egypte et père de Djoser

Khasekhemouy, dernier roi de la IIe dynastie, fut le plus grand bâtisseur de la période thinite. Son tombeau annonçait la pyramide de son fils Djoser.
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Khasekhemouy fut le seul roi de la IIe dynastie dont la position soit assurée: il était le dernier dynaste thinite. Lorsqu’il monta sur le trône après le règne de Péribsen ou de Sekhemib, il acheva la réunification du territoire égyptien. Au début de son règne, il se fit appeler Khasekhem. Son nom fut ensuite mis au duel pour devenir Khasekhemouy («les deux pouvoirs sont apparus»). Ce changement commémorait probablement l’unification de la royauté. Il était roi à This (Abydos) et à Memphis. Son serekh contenant son nom d’Horus fut surmonté par l’animal sethien et le faucon, symbolisant ainsi la réunification de la monarchie: celle de Seth dans le Sud et celle d’Horus dans le Nord de l’Egypte.

Khasekhemouy et la cité de Hiérakonpolis

Khasekhemouy fut un roi bâtisseur. Il s’intéressa à l’ancienne capitale Hiérakonpolis, en Haute Egypte. Il y fit élever un temple (la «forteresse»). Les archéologues mirent au jour de la vaisselle à son nom. En 1900, J. Quibell découvrit deux statues du roi. Dans les deux cas, Khasekhemouy était représenté assis. Il lui manquait la moitié du visage. Un exemplaire fut conservé au musée du Caire et la statue complète fut envoyée à l’Ashmolean Museum d’Oxford. En 1903, J. Quibell découvrit une stèle brisée indiquant que le roi avait effectué une campagne militaire en Nubie.

Khasekhemouy à Saqqara

A Saqqara, un bol en diorite fut découvert dans la pyramide de Djoser. Sur cet objet était représentée la déesse Nekhbet se tenant sur un anneau sur lequel était inscrit le substantif «rebelle». Il s’agit peut-être d’une illustration de la réunification de l’Egypte par les armes.

Khasekhemouy et Byblos

A Byblos, en Phénicie, l’archéologue français Pierre Montet mit au jour, dans un temple, de la vaisselle au nom de Khasekhemouy. Ces objets signifiaient que l’Egypte avait repris ses échanges commerciaux avec le royaume giblite. L’économie égyptienne se redéveloppait après la crise survenue durant le début de la IIe dynastie.

La tombe de Khasekhemouy à Umm el-Qaab (Abydos)

Comme Péribsen, Khasekhemouy se fit inhumer dans la nécropole d’Umm el-Qaab, à Abydos. Sa tombe (tombe V) fut mise au jour par Flinders Petrie, au début du XXe siècle. L’édifice funéraire était le monument le plus important de la nécropole d’Umm el-Qaab. Il mesurait 68,97 m de long et était large de 17,06 m. A la fin du XXe siècle, la mission allemande de G. Dreyer refouilla, de manière plus scientifique, la tombe de Khasekhemouy. La sépulture annonçait les complexes funéraires de l’Ancien Empire. En plus de sa taille, elle était entourée d’un mur d’enceinte (Shunet ez-Zebib ) et possédait une cour intérieure (comme la pyramide de Djoser ). La tombe était également recouverte de calcaire blanc lissé. Ce procédé fut, par la suite, appliqué aux pyramides.

Dans la tombe du roi, Flinders Petrie découvrit un sceptre en pierre et en or. Il découvrit aussi des bracelets dans le même métal précieux. Des vases avec bouchons recouverts d’or furent également retrouvés ainsi qu’un bassin et des récipients en bronze. Ces quelques objets avaient échappés aux pilleurs antiques et modernes.

Un roi bâtisseur

Khasekhemouy resta probablement sur le trône durant 16 ou 17 ans. D’après les annales royales de la Pierre de Palerme, il fit construire un temple nommé Men-Netjer. Il s’agit peut-être de la «forteresse» de Hiérakonpolis.

Par ses grands travaux, par le développement de la statuaire royal, le règne de Khasekhemouy annonçait celui de son illustre fils, le roi Netjery-khet plus connu sous le nom de Djoser (ou Djéser).

Bibliographie sélective :

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