La noblesse égyptienne de l'Ancien Empire

La noblesse égyptienne de l'Ancien Empire se composait de quatre rangs: les princes héréditaires, les comtes, les amis uniques et les nobles royaux.
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Les connaissances de la société égyptienne du troisième millénaire se résument à celle de la famille royale et de la haute noblesse. Le bas peuple demeure pratiquement inconnu. Les fouilles des villes sont pratiquement inexistantes. L’habitat est donc largement méconnu. Le bas peuple était très majoritairement illettré. Ainsi quand des tombes sont mises au jour par les archéologues, les informations nouvelles sont extrêmement sommaires. Il n’y a aucune décoration, peu d’objets et aucun texte. Pour connaître cette société, il faut se baser sur les informations livrées par les grands mastabas et hypogées de la noblesse. Il faut donc garder à l’esprit que leur vision du peuple était très probablement différente de la réalité…

Les princes héréditaires

Souvent, on évoque la noblesse comme un ensemble. Pourtant, elle était hiérarchisée. En dehors de la famille royale, elle-même, on trouve au sommet de la pyramide sociale, les iry-pât . Les pât étaient les nobles, par opposition aux plébéiens, qualifiés de Rhékyt . Ces iry-pât étaient peu nombreux et très puissants. Pour tout l’Ancien Empire, on en dénombre environ une centaine. Tous ne sont évidemment pas connus, mais cela indique que ce titre de noblesse était très rare. Il est généralement traduit par «le prince héréditaire» (D. Jones) ou par «le gardien des patriciens» (H. G. Fischer). Parmi les détenteurs du titre, 68 étaient Memphites. On comptait aussi 55 vizirs qui étaient iry-pât . Avant le règne de Neferirkaré ( Ve dynastie ), le titre était porté par presque tous les vizirs. Sous la IVe dynastie , seuls les fils royaux étaient iry-pât . Dans les inscriptions, le titre d ’iry-pât est souvent inscrit avant celui de vizir . Cela indique l’importance qu’il revêtait pour son détenteur.

Les comtes

Plus nombreux que les iry-pât , les haty-a étaient environ 150 pour tout l’Ancien Empire. Il s’agissait également de personnages de haut rang. Parmi ceux-ci, 108 étaient Memphites. 64 vizirs arboraient ce titre dont 51 étaient Memphites. Tous les vizirs provinciaux possédaient ce titre. Il est généralement traduit par «comte» (Jones, Junker, Hassan, Blumenthal, Fischer) ou par «prince» (Davies, Baud). Il existait même une version féminine arborée par quelques dames de la haute noblesse. Dans les mastabas et hypogées, il était très fréquemment inscrit. A nouveau, cela indique que ce titre, certes honorifique, comptait pour le propriétaire de la sépulture. Tous les iry-pât étaient des haty-a .

Les amis uniques

Le troisième rang dans la noblesse égyptienne de l’Ancien Empire était celui des semer-waty («ami unique» ou «compagnon unique»). Malgré la traduction qui mentionne l’unicité de ce rang, les Amis Uniques étaient assez nombreux. Ils étaient environ 350 pour tout l’Ancien Empire. 232 Amis Uniques étaient Memphites. Ce rang est relativement moins important que celui d’ iry-pât ou de haty-a . Dans les sépultures où il est présent, il est arboré par le défunt, mais également par des proches de ce dernier, contrairement aux deux autres charges honorifiques déjà présentées.

Les nobles royaux

Enfin, les Shepes-Nézout , les «nobles royaux» étaient plusieurs centaines à la fin de l’Ancien Empire. Ce titre de basse noblesse est apparu sous le règne de Neferirkaré. A cette époque, il désignait un ensemble de courtisans. Il ne deviendra individuel que sous le règne de Téti , le premier roi de la VIe dynastie. Il fut donc porté uniquement par des petits fonctionnaires des VIe et VIIIe dynasties, à Memphis et en province. Il était rare qu’un propriétaire de mastaba ou d’hypogée soit un Noble Royal. Seuls ses courtisans possédaient ce titre. Cela indique bien qu’il s’agissait de membres de la petite noblesse.

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