La période badarienne en Egypte antique prédynastique

C'est à Badari, au nord de Louxor, qu'on retrouve les traces de l'une des plus anciennes cultures humaines d'Egypte.
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Vers le milieu du Ve millénaire avant notre ère, une nouvelle culture émergea en Moyenne Egypte. Elle fut baptisée période badarienne par les archéologues, en raison du lieu de sa découverte : Badari. A cette époque les Egyptiens n’écrivaient pas encore, les archéologues utilisèrent donc le toponyme pour nommer la période. Cette pratique est courante en archéologie préhistorique.

La période badarienne dura d’environ 4500 à 3800 avant notre ère. Elle ne toucha pas toute l’Egypte. Les découvertes furent principalement limitées à la région comprise entre Assiout et Sohag, en Moyenne Egypte, au nord de Louxor.

Les tombes badariennes

Les archéologues mirent au jour plusieurs nécropoles. Dans les tombes de cette époque, le défunt était enseveli en position contractée. Il reposait sur le côté gauche. Il était généralement enveloppé dans une natte ou une peau d’animal. Il s’agissait d’inhumation, la momification n’existait pas encore à cette époque reculée.

Parmi les objets présents dans les sépultures, il y avait des poteries à sommet noir ( black-top ), des outils en os. Les archéologues retrouvèrent aussi quelques parures et bijoux. Cela indique la présence de structures sociales. Seuls des riches avaient accès à ce luxe. Les parures badariennes se composaient principalement de bracelets, anneaux et perles. Dans certaines tombes il pouvait aussi y avoir un ou plusieurs peignes en os, des coquillages provenant de la mer Rouge ou des palettes en grauwacke pour broyer du fard. A nouveau, cela indique la présence de structures sociales, seuls des « notables » avaient suffisamment de pouvoir pour envoyer des gens jusqu’à la mer Rouge ou pour envoyer des carriers à la recherche de grauwacke dans les montagnes du désert arabique (entre le Nil et la mer Rouge).

L’habitat badarien

Les fouilles de villages révélèrent que les habitants étaient encore nomades. Ils se déplaçaient sur des distances peu élevées en fonction des saisons. La présence de silos à grains indique cependant que la sédentarisation était proche car ces populations dépendaient de plus en plus de l’agriculture.

Objets badariens dans des musées européens

Plusieurs musées européens possèdent des objets de cette époque ancienne. La plus grande collection est probablement celle du Petrie Museum de l’University College de Londres. La plupart des pièces sont photographiées et visibles sur le site web du musée londonien. Le British Museum possède aussi quelques objets. Parmi ceux-ci, on trouve une statuette de femme nue. Elle est en ivoire et mesure 14 cm de haut. Les traits féminins y sont fortement marqués : hanche, seins, pubis. La statuette était peut-être liée à un quelconque rite en rapport avec la fertilité. Plusieurs statuettes similaires ont été mises au jour et sont exposées dans d’autres musées (Turin, Le Caire…).

Bibliographie sélective :

LECLANT (J.) s. dir., Le Temps des Pyramides. De la Préhistoire aux Hyksos (1560 av. J.-C.) , Paris, 2006 ( L’Univers des Formes - Egypte ).

MIDANT-REYNES (B.), Aux origines de l’Égypte. Du Néolithique à l’émergence de l’État , préface de GUILAINE (J.), GRIMAL (N.), Paris, 2003.

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