La pyramide de Pépy II à Saqqara Sud

Pépy II se fit construire un gigantesque complexe funéraire à Saqqara Sud. Il fut fouillé par Gustave Jéquier entre 1926 et 1932.
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Pépy II Néferkaré Ier fut le cinquième roi de la VIe dynastie. Il succéda à Merenré Ier qui fut très probablement son père. La famille du roi fut connue grâce aux fouilles de sa pyramide et de la sépulture de son grand-père Pépy Ier .

Les pyramides des reines de Pépy II

L’archéologue suisse Gustave Jéquier fouilla le tombeau de Pépy II dans les années 30 du XXe siècle. Il trouva trois pyramides de reines à proximité de la sépulture du roi. La plus ancienne de ces pyramides fut celle de la reine Neith. Elle possédait outre sa tombe, un véritable temple funéraire. Une inscription la qualifiait de mère royale. Jéquier pensa qu’elle avait engendré le successeur de Pépy II, Merenré II.

Ipout II possédait elle-aussi un temple funéraire avec sa pyramide. Elle semble avoir été une reine tardive. Elle n’apparaît dans l’histoire qu’à la fin du règne de Pépy II. Enfin, Oudjebten possédait la troisième pyramide de reine. Comme les deux autres épouses de Pépy II, elle disposait du Texte des Pyramides dans son tombeau.

La régente Pépy-ankh-en-es II

Pépy II monta très jeune sur le trône, sa mère, Pépy-ankh-en-es II, assura donc la régence pendant plusieurs années. Cette femme puissante fut mariée à Pépy Ier puis, à la mort de ce dernier, elle épousa le fils de ce roi et de sa sœur, Merenré Ier. Elle fut donc épouse de deux rois et mère d’un troisième ! Elle contrôla l’Egypte pendant plusieurs années avec son frère, le vizir Djaou. La régence lui permit d’obtenir des avantages. Sa pyramide fut la plus grande des pyramides de reines du complexe funéraire de Pépy Ier à Saqqara Sud. Elle fut aussi la première femme à disposer du texte des pyramides.

Une pyramide à degrés ?

La pyramide de Pépy II fut construite à proximité du mastaba Faraoun de Shepseskaf , dernier roi de la IVe dynastie. La pyramide est relativement bien conservée. Elle mesurait 52,5 m de haut et était large, à la base, de 78,75 m. Elle était lisse et recouverte de calcaire blanc. Comme se fut souvent le cas, elle servit de carrière. Le calcaire fut volé ainsi que les blocs des couches supérieures. Aujourd’hui, elle semble être un monument à degrés comme la pyramide de Djoser. En réalité, il semble que toutes les pyramides royales de l’Ancien Empire possédaient des degrés. Sur ceux-ci étaient installés des gros blocs puis le revêtement en calcaire pour les transformer en monument à pente lisse.

Le temple funéraire de Pépy II

Le temple haut de Pépy II fut l’un des plus grands et des plus complexes de l’Ancien Empire. Il possédait de nombreux magasins, de grandes pièces (antichambres, sanctuaire) et une cour à piliers carrés. Les murs étaient tapissés de bas-reliefs peints. Leur finesse témoigne toujours d’un très haut degré de savoir-faire des artisans de l’époque. Ils contredisent aussi toute idée d’un déclin de l’Ancien Empire sous le règne de Pépy II.

Le temple bas et la chaussée montante sont moins bien conservés mais témoignent aussi du gigantisme des structures funéraires de la fin de la VIe dynastie. Ce complexe funéraire de Saqqara Sud servit de modèles aux premiers rois de la XIIe dynastie et fut en activité longtemps après la mort du roi. A nouveau, s’il y a un culte funéraire, un clergé nombreux après la mort de Pépy II, il n’y a pas de déclin immédiat de l’Ancien Empire.

Les matériaux employés provenaient de toute l’Egypte : calcaire de Tourah, granite rose d’Assouan, calcite, basalte du Fayoum…

La pyramide fut pillée durant l’Antiquité. Dans la chambre funéraire, le seul trésor que mit au jour Gaston Maspero, en 1881, fut le Texte des Pyramides. Il fallut attendre les fouilles de Gustave Jéquier pour disposer de plans du complexe funéraire. Une riche nécropole de la cour du roi fut construite à proximité de la pyramide. Jéquier mit au jour quelques mastabas, mais l’essentiel du site est encore à fouiller !

Bibliographie sélective :

BAUD (M.), Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien , 2 t., 2e éd., Le Caire, 2005 ( Institut Français d'Archéologie Orientale, Bibliothèque d'étude , t. 126).

DOBREV (V.), LABROUSSE (A.), MATHIEU (B.), avec des annexes de MINAULT-GOUT (A.), JANOT (Fr.), MATHIEU (B.), La dixième pyramide à textes à Saqqâra : Ânkhesenpépy II. Rapport préliminaire de la campagne de fouilles 2000 , dans Bulletin de l’Institut Français d’Archéologie Orientale , t. 100, 2000.

GOEDICKE (H.), The Abydene Marriage of Pepi I , dans Journal of the American Oriental Society , v. 75, 1955, p. 180-183.

JÉQUIER (G.), Les pyramides des reines Neit et Apouit , Le Caire, 1933 ( Fouilles à Saqqara ; Service des Antiquités de l'Égypte ).

JÉQUIER (G.), Rapport préliminaire sur les fouilles exécutées en 1929-1930 dans la partie méridionale de la nécropole memphite , dans Annales du Service des Antiquités de l'Égypte , t. 30, 1930, p. 105-116, pl. I-III.

JÉQUIER (G.), Tombeaux de particuliers contemporains de Pepi II , Le Caire, 1929 ( Fouilles à Saqqara ; Service des Antiquités de l'Égypte ).

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