La redécouverte de Pétra au XIXe siècle

Le 22 août 1812, Pétra sort de l'oubli grâce à l'explorateur allemand Johann Ludwig Burckhardt. Plusieurs voyageurs se succèdent alors dans l'antique cité.

Pétra est aujourd’hui l’un des sites archéologiques les plus visités du bassin méditerranéen. Pourtant, cette capitale antique fut oubliée pendant des siècles par les Occidentaux.

De nombreuses guerres et épidémies ravagèrent l’Orient romain à la fin de l’Antiquité. Elles décimèrent la population de Pétra. Plusieurs grands tremblements de terres causèrent également des dommages irrémédiables dans le centre-ville. Progressivement, Pétra fut donc abandonnée par ses habitants. Les ruines de Pétra sombrèrent alors dans l’oubli durant le VIIe siècle.

Un visiteur mamelouk

Ce n’est qu’en 1276, que la cité réapparut, pour un bref instant dans l’Histoire. Le sultan mamelouk Baïbars, venant du Caire, traversa Pétra pour se rendre en Syrie. Un annaliste, Ibn Abd es-Zaher, livra une description des ruines. Son texte ne fut malheureusement pas conservé, mais il fut cité par le chroniqueur Nuweiri (1279-1332).

Johann Ludwig Burckhardt et la redécouverte de Pétra

Il faut attendre le 22 août 1812 pour qu’un Européen découvre Pétra. Ce jour là, l’explorateur allemand Johann Ludwig Burckhardt traversa l’antique cité en ruine. Dans ses récits de voyage, il expliqua qu’il avait probablement traversé, en quelques heures, l’ancienne capitale des Nabatéens: «En comparant les témoignages des divers auteurs […], il semble très probable que les ruines du Wadi Mousa sont celles de l’antique Petra ».

William John Bankes

En mai 1818, l’antiquaire anglais William John Bankes passa deux jours dans les ruines jordaniennes. Il publia un récit de ses expéditions en 1823. Dans cet ouvrage, il décrivait quelques tombes monumentales.

Les premiers chercheurs à Pétra: Léon de Laborde et Louis-Maurice Linant de Bellefonds

Il faut attendre 1828 pour qu'une première mission scientifique explore Pétra. Elle fut dirigée par Léon de Laborde et Louis-Maurice Linant de Bellefonds. Ils passèrent six jours à Pétra. Ils mesurèrent plusieurs édifices, tracèrent un plan des ruines et décrivirent les constructions les plus impressionnantes. Laborde écrivit dans son journal: «Nous ne voulions pas seulement voir Pétra, nous voulions, comme le disaient les Arabes, l’emporter dans nos cartons». Laborde dessina plusieurs monuments. La publication de ces gravures fit redécouvrir Pétra en Europe.

David Roberts, un peintre à Pétra

En 1868, le peintre écossais David Roberts accompagna l’homme d’affaires John Kinnear à Pétra. Il réalisa plusieurs lithographies sur place. Si ses œuvres sont aujourd’hui connues grâce à ses lithographies de monuments égyptiens antiques, il contribua aussi, à la fin du XIXe siècle, à l’enthousiasme suscité par la redécouverte de Pétra. La cité de Pétra devint plus concrète dans l’esprit de nombreux amateurs d’art et de voyages en Europe.

La découverte d’Hégra par Charles Doughty

En 1876, l’explorateur anglais Charles Doughty qui était parti de La Mecque, découvrit la deuxième ville du royaume nabatéen, Hégra. Ce site impressionnant est situé dans une oasis occidentale du désert d’Arabie Saoudite. Comme à Pétra, Doughty découvrit des grandes tombes sculptées dans la roche du désert.

Malheureusement, Hégra ne fut jamais fouillée comme Pétra. A ce jour, la ville antique d’Hégra repose toujours sous les sables du désert saoudien.

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