La redécouverte et l'étude du mausolée d'Halicarnasse

En 1856 et 1858 l'archéologue anglais C.T. Newton fouilla les ruines du mausolée d'Halicarnasse. Il mit au jour des centaines d'objets.
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Le mausolée d’Halicarnasse, tombe du satrape (gouverneur) de Carie, figurait dans les premières listes des sept merveilles du monde . Ce ne fut qu’au XIXe siècle qu’il fut étudié de manière scientifique.

Les fouilles britanniques d’Halicarnasse-Bodrum

Les premières fouilles du site eurent lieu en 1856 et 1858. C.T. Newton mit au jour, à Bodrum, la moderne Halicarnasse, les vestiges du célèbre monument. L’archéologue britannique fit envoyer à Londres de nombreux éléments de l’antique sépulture: 200 fragments de la célèbre frise des Amazones, 250 éléments de sculptures, 1200 éléments de décoration architectonique, 200 blocs de calcaire sombre, 30 tambours de colonnes intacts, des éléments de corniche, quelques éléments des degrés de la «pyramide» qui recouvrait le mausolée et 600 fragments architecturaux divers dont la provenance exacte était inconnue. Les plus grands artéfacts sont aujourd’hui exposés au British Museum.

En 1886-1887, W. R. Paton explora la péninsule d’Halicarnasse. Il mit au jour plusieurs tombes dans la région de Yal?kavak. Les chambres funéraires de ces sépultures étaient parfois proches, architecturalement, de celles du mausolée.

La mission danoise à Halicarnasse

A partir de 1966, une mission archéologique danoise fouilla de manière rigoureuse et scientifique le site du célèbre monument. Le professeur Kristian Jeppesen de l’université d’Aarhus effectua un travail immense. Ses recherches permirent enfin de disposer d’une reconstitution crédible de la tombe de Mausole .

En 1987, Brian F. Cook du British Museum utilisa les résultats de Jeppesen et analysa les objets du musée londonien. Il dressa un nouveau plan de la tombe qui est aujourd’hui accepté par la communauté scientifique.

L’aspect du mausolée d’Halicarnasse

Le mausolée était un édifice quadrangulaire. Au niveau de sa base, il mesurait 38,4 mètres (façade) sur 32,5 mètres. Il était haut de 57,60 mètres (en incluant le quadrige qui le surmontait). Sa base était composée de deux éléments. Un premier degré contenait à son sommet (5 m de hauteur) une décoration sculpturale qui faisait le tour du tombeau était la partie la plus large du monument. Le second élément était légèrement plus petit, mais nettement plus haut. Lui aussi était surmonté par une décoration sculpturale colossale qui faisait le tour du tombeau. L’élément le plus important était l’ aedis inferior . Il s’agissait du «corps» du mausolée. A son sommet, il y avait la célèbre frise des Amazones. Elle était à 30 mètres de hauteur. Ensuite, il y avait l’ aedis pura. On y trouvait une colonnade ionique réalisée sur une base en calcaire. Derrière cette colonnade, il y avait une frise de chars. De grandes statues étaient disposées entre les colonnes. Enfin, un toit en pyramide à degrés surmontait le mausolée. A la base, on trouvait des sculptures de lions. Au sommet des 24 degrés de la pyramide se dressait un immense quadrige. Il était en marbre. Il était haut de plusieurs mètres. Il s’agissait probablement de Mausole sur son char satrapique.

La chambre funéraire était située en partie sous le mausolée. Il fallait descendre pour accéder aux deux antichambres qui précédaient la vaste salle du sarcophage du satrape. Cette pièce mesurait 6,80 sur 6,20 mètres. Elle était située à 50 mètres au nord de l’angle nord-est. Les archéologues danois découvrirent quelques fragments du sarcophage de marbre richement décoré.

La décoration du mausolée

D’après l’archéologue Geoffrey Waywell, environ 300 statues décoraient le mausolée. Le travail le plus soigné se trouvait sur la frise des Amazones. Elle était réalisée avec du marbre provenant des carrières du mont Dikaion situé au sud de l’île de Cos. Selon Pline l’Ancien quatre artistes avaient travaillés à cette frise (un par face). Cette idée est aujourd’hui abandonnée car il n’existe pas de différences significatives entre les divers éléments de la frise.

Les vestiges du mausolée à Bodrum

Il ne reste plus beaucoup d’éléments sur le site du mausolée. Les plus beaux artéfacts sont au British Museum. Les objets mis au jour par l’équipe danoise furent envoyés au musée archéologique de Bodrum. Celui-ci est situé dans le château Saint-Pierre. Il s’agit d’une forteresse bâtie par les moines chevaliers de Saint-Jean au XVIe siècle. Ils utilisèrent les blocs du mausolée pour construire l’essentiel de la construction.

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