La région d'Osmaniye, en Turquie: des Hittites aux croisés

Découvrez les hiéroglyphes louvites de Karatepe, les forteresses arméniennes de Cilicie et les ruines gréco-romaines de Hiérapolis Castabala.
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Si la ville d’Osmaniye, en Turquie de l'Est, ne propose rien d’exceptionnel, sa région est extrêmement riche en vestiges archéologiques. La ville peut ainsi servir de point de départ pour plusieurs visites.

Hiérapolis Castabala

A 15 km au nord d’Osmaniye, on trouve les ruines de la cité antique de Hiérapolis Castabala. Cette cité fut peut-être fondée par les Louvites au IIe millénaire avant notre ère. Elle entre réellement dans l’Histoire sous le règne d’Antiochos IV Epiphane, durant la période hellénistique. La cité fut occupée par les Arméniens. Elle recouvra son indépendance après le règne de Tigrane d’Arménie. Elle devint alors la capitale d’un petit royaume dirigée par un prince du nom de Tarcondimotos. Elle fut intégrée à l’empire romain en 74 de notre ère.

Sur place, on peut voir une antique voie à colonnade, artère principale de la cité, un théâtre, des vestiges de thermes, une forteresse byzantine et une basilique datant du Bas Empire romain. Il faut compter environ deux heures pour visiter Hiérapolis Castabala.

Toprakale

A une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Osmaniye se trouve la forteresse de Toprakale. Elle fut édifiée durant la période artaxiade (dynastie arménienne du Ier siècle avant notre ère). Tombée en ruine, elle fut restaurée par les croisés et même utilisée par les Ottomans des décennies plus tard.

La taille impressionnante des murs et des bastions impressionnent généralement les visiteurs. La position dominante de la forteresse permet d’avoir une vue dégagée sur toute la région. Au sud de ce lieu, on trouve la célèbre plaine d’Issos. C’est sur celle-ci qu’Alexandre le Grand battit l’armée de Darius III Codoman. Il faut compter environ une heure pour visiter Toprakale.

Karatepe

A une petite trentaine de kilomètres au nord d’Osmaniye, on trouve le site antique de Karatepe. Ces ruines sont situées au cœur d’un parc naturel, le parc national de Karatepe-Aslantas. Il s’agit d’une ancienne forteresse néo-hittite du début du Ier millénaire avant notre ère. Le site fut découvert en 1945. Les missions archéologiques turco-allemandes y trouvèrent des textes en hiéroglyphes et en phénicien . Karatepe possède même la plus grande inscription phénicienne connue à ce jour. Le texte en hiéroglyphes demeura énigmatique jusqu’en 1987. Cette année-là, cette écriture fut enfin déchiffrée. Elle transcrivait la langue louvite (langue indo-européenne proche du hittite). Le texte phénicien était la traduction du texte en hiéroglyphes louvites (ou hittites) .

La plupart des bas-reliefs et des orthostates datent du IXe siècle av. J.-C. On peut y découvrir des thèmes de l’iconographie néo-hittite ou louvite: combats entre animaux, personnage tenant un lièvre, combat entre trois personnages… Il faut compter au moins deux heures et demie pour visiter le site archéologique de Karatepe. D’agréables sentiers forestiers relient les différents vestiges antiques.

Yilankale

D’autres forteresses antiques et médiévales peuvent être visitées dans la région d’Osmaniye. Parmi celles-ci, Yilankale (le château du serpent) est certainement la plus intéressante. Comme Toprakale, elle fut construite sous les rois artaxiades. Elle aussi domine la plaine cilicienne. Il faut compter 15 minutes de marche pour arriver à la forteresse. Elle est située à environ 50 kilomètres au nord-ouest d’Osmaniye.

Circuler dans la région d’Osmaniye

Osmaniye est reliée, par bus, à Adana (à l’ouest), Gaziantep (à l’est) et Iskanderun et Antakya (au sud). Disposer d’un véhicule est fortement conseiller pour se rendre à Karatepe, Toprakale, Yilankale et Hiérapolis Castabala.

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