La ville de Pétra, la capitale des Nabatéens

Pétra étaient une vraie capitale antique, elle possédait des palais, des temples, des thermes, des constructions publiques monumentales.
16

Quand on évoque Pétra, on songe en premier lieu à ces impressionnants tombeaux creusés et sculptés dans les falaises de roches multicolores. Pétra ne se limite cependant pas à ses fascinantes nécropoles.

Les travaux hydrauliques

Si une ville, une capitale, a pu se développer aux portes du désert, c’est notamment grâce aux travaux hydrauliques réalisés par les Nabatéens. Ils creusèrent des kilomètres de canalisation, des dizaines de citernes. Ainsi, l’eau de la moindre source, les rares eaux de pluies et la rosée étaient recueillies. Certaines de ces canalisations antiques fonctionnent toujours. S’il pleut, les eaux du Sîq, le wadi qui débouche sur le Khazneh , sont toujours détournées vers des citernes anciennes.

La romanisation et l’hellénisation de Pétra

La ville de Pétra fut, comme l’écrasante majorité des cités de la région, hellénisée puis romanisée . Une voie à colonnade fut bâtie au centre de l’ancienne capitale des Nabatéens. Ce type de construction était typique des provinces orientales de l’Empire romain. Le processus de romanisation débuta avant même la conquête de Pétra. En effet, les Nabatéens furent séduit par l’architecture romaine. Ils bâtirent notamment un théâtre à la romaine dans leur cité. Dès Arétas IV (9 avant notre ère-40 de notre ère), Pétra possédait un marché, des thermes, un palais, un gymnase de type hellénistique.

Le grand temple et les jardins

Le grand temple fut élevé par les Nabatéens. A l’intérieur de cette construction, les archéologues découvrirent des gradins comme dans un odéon. Ils pensèrent donc que le sanctuaire pouvait servir de lieu de réunion au sénat local. En effet, à Rome ou dans d’autres cités antiques, les assemblées pouvaient se réunir dans les temples.

A côté du grand temple, les archéologues découvrirent des traces d’un grand jardin et d’un bassin d’eau douce au centre duquel il y avait un pavillon. Ce lieu était peut-être lié à un ancien palais nabatéen.

Le temple romain de Dûshara

Le temple de Dûshara, l’une des principales divinités nabatéennes , fut construit durant la période romaine. Il s’agit de l’un des rares édifices publics de la ville à être relativement bien conservé. Les Romains protégèrent les murs du temple en insérant du bois dans le mortier. Ainsi, la construction se montra assez élastique et elle réussit à survire à plusieurs tremblements de terre. Des archéologues mirent au jour une statue colossale en marbre blanc de l’empereur Marc Aurèle à proximité de l’édifice. Il est probable que les Romains ne firent que reconstruire un temple nabatéen plus ancien.

La ville même est encore mal connue car les fouilles se sont concentrées sur les tombeaux, les temples et les édifices publics: théâtre, voie à colonnade, arc de triomphe romain… Les habitations et les quartiers d’artisans demeurent ainsi largement inconnus.

Notons que si la ville se romanisa, certains Romains adoptèrent les traditions nabatéennes. Le légat Sextius Florentinus se fit construire un tombeau-façade digne des grandes sépultures royales de la cité.

Bibliographie sélective :

AKASHEH (T.S.), Ancient and modern watershed management in Petra , dans Near Eastern Archaeology , v. 65, n°4, 2002, p. 220-224.

BOURBON (F.), Petra. Guía arqueologíca , trad. MARTÍN (I.), Madrid, 2006 ( Guías de arqueología ).

HAMMOND (Ph.C.), The capitals from “The Temple of the winged lions”, Petra , dans Bulletin of the American Schools of Oriental Research , n. 226, 1977, p. 47-51.

JOUKOWSKY (M.S.), The Petra great temple: A Nabatean architectural miracle , dans Near Eastern Archaeology , v. 65, n°4, 2002, p. 235-248.

KANELLOPOULOS (Chr.), A new plan of Petra’s city center , dans Near Eastern Archaeology , v. 65, n°4 2002, p. 251-254.

STARCKY (J.), Pétra et la Nabatène , dans Supplément au Dictionnaire de la Bible , f. 36, Paris, 1961, col. 886-1017.

Sur le même sujet