Le grand-prêtre et roi Harsiésis, fondateur de la 23e dynastie

Harsiésis, grand-prêtre d'Amon de Karnak, s'autoproclama roi d'Egypte. Son royaume fut éphémère, mais l'idée d'une nouvelle lignée de disparu pas avec lui.
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A la fin de son long règne, le roi Osorkon Ier (2e souverain de la XXIIe dynastie) associa au pouvoir son fils aîné, Chéchonq II . Celui-ci était le grand-prêtre d’Amon de Karnak. Malheureusement pour Osorkon Ier, son fils décéda avant lui. Un autre de ses fils, Takélot Ier , monta alors sur le trône d’Egypte. Chéchonq II avait un fils, Harsiésis. Celui-ci fut nommé grand-prêtre d’Amon à Karnak par Osorkon II , le fils et successeur de Takélot Ier.

Harsiésis, grand-prêtre d’Amon

Osorkon II rendit ainsi la charge de premier prophète d’Amon héréditaire, même si Harsiésis n’avait pas succédé directement à son père. Le nouveau grand-prêtre d’Amon glorifia son père et mit en exergue le fait qu’il fut roi. Il tenta d’asseoir son pouvoir à Thèbes en mariant sa fille Isetouret avec le fils de l’un des plus haut représentant du clergé d’Amon.

Harsiésis co-roi d’Egypte

Finalement, Harsiésis s’estima suffisamment puissant pour s’autoproclamer roi. Il reconnaissait toujours le pouvoir d’Osorkon II. Il souhaitait établir une co-royauté sur le modèle de celle de Pinedjem Ier. Il avait été roi et grand-prêtre d’Amon au début de la XXIe dynastie .

Harsiésis se choisit des cartouches et un nom d’Horus . Les messages envoyés par ses noms étaient assez clair. Son nom d’Horus était Taureau puissant Khaemouaset. Ce nom fut porté par des fils des illustres Ramsès II et Ramsès III. C’était aussi le nom d’Horus de Touthmosis III. Il intégra dans son nom de couronnement le nom de couronnement de Smendès , fondateur de la XXIe dynastie. Ainsi, Harsiésis indiquait qu’il fondait une nouvelle lignée royale. Enfin, son cartouche de fils de Ra reprenait des épithètes arborées par des rois du Nouvel Empire.

Malgré ses titres pompeux, les pouvoirs d’Harsiésis devaient être assez limités. De nombreux notables thébains de son époque ne le mentionnèrent pas dans leurs écrits. Ils demeurèrent fidèles à Osorkon II. Le prince Nimlot, l’un des fils d’Osorkon tenait ferment la cité d’Hérakléopolis Magna au nord de la Moyenne Egypte. Ainsi, aucune armée ne pouvait envahir le Delta ou la riche oasis du Fayoum.

Harsiésis décéda avant Osorkon II. Ce dernier imposa son fils Nimlot comme grand-prêtre d’Amon à Thèbes. Les enfants d’Harsiésis furent donc écartés de la succession. La tombe du grand-prêtre fut retrouvée à Médinet Habou. Elle fut fouillée en 1954 par Hölscher.

D’Harsiésis à la XXIIIe dynastie

Harsiésis eut au moins deux filles et un fils. Le nom d’Isetouret fut retrouvé sur une statue de son fils, Djedkhonsouefankh. Le nom de la seconde fille, Taditanebethen figure sur un sarcophage provenant d’Abydos exposé au musée de Philadelphie. Le nom d’un fils, peu lisible, fut retrouvé sur un bassin mis au jour à Coptos, en Haute Egypte. L’égyptologue A. Dodson pense que ce fils était Pédoubastet. Ce personnage allait quelques années plus tard fonder une dynastie, la XXIIIe, rivale de celle des rois de Tanis (XXIIe dynastie). Si l’hypothèse de A. Dodson est correcte, le véritable fondateur de la XXIIIe dynastie serait Harsiésis. Même si son œuvre fut éphémère, elle fut poursuivie par son fils qui parvint à établir une nouvelle lignée royale.

Bibliographie sélective :

BROEKMAN (G.P.F.), DEMARÉE (R.J.), KAPER (O.E.), The Libyan Period in Egypt , Louvain, 2009.

DODSON (A.), HILTON (D.), The Complete Royal Families of Ancient Egypt , Le Caire, 2005.

KITCHEN (K.A.), The third Intermediate Period (1100-650 B.C.) , Warminster, 1973.

Tanis. L’or des pharaons , Paris, 1987.

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