Le mastaba égyptien de Neferirtenef exposé à Bruxelles

Découvert en 1857, le mastaba égyptien de Neferirtenef, notable de la Ve dynastie, fut offert à la Belgique par le vice-roi d'Egypte.
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En 1857, l’archéologue français Auguste Mariette mit au jour le mastaba d’un certain Neferirtenef, à Saqqara Nord. Le fouilleur découvrit quelques objets qu’il fit envoyer au musée du Caire. Malheureusement le dégagement de la sépulture fut sommaire et il ne prit pas le soin de noter son emplacement sur un plan de la nécropole. La tombe disparut de l’histoire jusqu’au début du XXe siècle.

Le baron Empain et Jean Capart

En 1905, le khédive d’Egypte décida d’offrir un mastaba à la Belgique. Il tenait à remercier le baron Edouard Empain qui avait créé les nouveaux quartiers d’Héliopolis, dans la banlieue du Caire. Jean Capart, l’un des plus grands orientalistes belges, fut envoyé au Caire. Il choisit de faire transporter le mastaba de Neferirtenef aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Il retrouva ce tombeau près de l’angle sud-est de l’enceinte funéraire de Djoser . Le monument était modeste. Capart ne fit envoyer que la chapelle funéraire à Bruxelles. Elle ne comportait qu’une petite pièce, mais il s’agissait de la seule partie décorée du mastaba. Le poids total des blocs envoyés à Bruxelles était néanmoins de 22 000 kilos.

Le mastaba de Neferirtenef à Bruxelles

La chapelle du mastaba fut remontée, en 1906, aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Elle fut exposée jusqu’en 1939. A l’approche de la Seconde Guerre mondiale, les objets du musée furent protégés et stockés dans des abris. Les blocs de la chapelle furent traités contre le salpêtre qui menaçait le monument lors de son démontage. En 1947, les Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles furent détruits par un incendie. Il fallut attendre 1973 pour que le mastaba soit réexposé.

Le décor et les textes du mastaba

Parmi les bas-reliefs du mastaba on peut admirer des scènes agricoles, deux représentations de pêches dans les fourrés, des danseuses, de nombreux porteurs d’offrandes et plusieurs représentations de Neferirtenef et de son épouse. La statue du défunt, retrouvée par Mariette est exposée au musée du Caire (objet CG 21).

Les textes, en hiéroglyphes, de la fausse-porte permettent de mieux connaître le propriétaire du mastaba: «Le juge et superviseur des scribes, le prêtre- ouab royal, le prêtre- hem de Sahouré , le préposé aux secrets auprès de son Maître pour tous les jours. L’inspecteur des prêtres- hem d’Hathor, le préposé aux secrets auprès de son Maître, le bienheureux auprès de son Maître, Neferirtenef».

Neferirtenef était un juge, un prêtre, un chef de scribes et un conseiller royal. Il vécut à Memphis au début de la Ve dynastie (Ancien Empire). Son épouse, prénommée Outjeset-kaouès était, quant à elle, prêtresse d’Hathor et prêtresse de Neith.

Bibliographie sélective :

VAN DE WALLE (B.), La Chapelle funéraire de Neferirtenef , Bruxelles, 1978.

VAN DE WALLE (B.), Le Mastaba de Neferirtenef , Bruxelles, 1973 ( Guides du département égyptien , n°2).

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