Le roi Serpent de la Ière dynastie égyptienne

Le roi Serpent ou Horus Ouadj succéda à Djer sur le trône d'Egypte. Quelques inscriptions et objets permettent de mieux connaître ce roi.
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Successeur de Djer , le roi «Serpent» se nommait en réalité «Ouadj» ou «Djet». Si, la plupart du temps, seul le hiéroglyphe du serpent est présent dans le serekh du roi, il est parfois accompagné d’un second signe qui permet la lecture «Ouadj» ou «Djet». Le serekh est un rectangle terminé par un motif en façade de palais, il contenait le nom d’Horus des rois d’Egypte. Il est antérieur à l’apparition du cartouche ( IIIe dynastie ). Il fut utilisé de la dynastie 0 à la période romaine. Ouadj ou Djet fut le troisième roi de la Ière dynastie (si l’on ne compte pas Narmer ).

Un règne bref

Le règne de Ouadj (ou Djet) semble bref. Un fonctionnaire royal signala, dans une inscription, qu’il débuta sa carrière sous Djer et la termina sous Den (successeur de Ouadj).

Traces du règne de Ouadj

Peu de traces du règne de Ouadj furent mises au jour par les archéologues. A Hiérakonpolis, en Haute Egypte, une base de statue fragmentaire fut retrouvée par des chercheurs américains. Elle appartenait au roi Ouadj.

Au Shatt el-Rigal, au sud d’Edfou, Georges Legrain recopia, en 1903, lors d’une mission épigraphique, le serekh du roi. Il était situé à proximité d’inscriptions et de bas-reliefs de la XIe dynastie.

A Tarkhan, deux grands mastabas de gouverneurs régionaux furent mis au jour par Flinders Petrie durant la deuxième décennie du XXe siècle. Cette nécropole, située aux portes du Fayoum et au nord de Meidum, fut également étudiée par des archéologues de l’ University College of London. Ces derniers parvinrent, grâce à l’informatique, à proposer des reconstitutions en couleur des deux grandes tombes. Petrie trouva le serekh du roi sur de la vaisselle présente dans les deux sépultures.

La tombe royale d’Abydos Umm el-Qaab

La tombe (Z 174) de Ouadj fut également mise au jour par Flinders Petrie dans la nécropole d’Umm el-Qaab, située à Abydos. La sépulture mesurait 13,6 x 11,3 x 2,40 m. Elle était entourée de 174 tombes subsidiaires. Petrie découvrit de la céramique d’origine palestinienne, des sceaux, une plaquette en ivoire et un peigne en os.

La stèle du roi serpent

Le musée du Louvre acquit l’une des stèles funéraire du roi. Elle fut nommée «stèle du roi serpent» car seul un hiéroglyphe de cet animal était présent au sein du serekh. De grande taille (H.: 1,43 m. ; L.: 0,65 m. ; Pr.: 0,25 m), cet objet fut l’un des plus beaux artéfacts de la Ière dynastie mis au jour à Umm el-Qaab.

Après la mort de Ouadj, une reine, Mer(et)-Neith assura la régence pour son fils, Den . Cette reine était probablement l’épouse principale de Ouadj.

Bibliographie sélective :

ANDREU (G.), RUTSCHOWSCAYA (M.-H.), ZIEGLER (Chr.), L'Égypte ancienne au Louvre , Paris, 1997.

LEGRAIN (G.), Notes d’inspection , dans Annales du Service des Antiquités de l'Egypte , t. 4, 1903, p. 193-226.

PETRIE (F.W.M.), The royal tombs of the first dynasty , 1900. Part I , with chapter by GRIFFITH (L.), Londres, 1900 ( Memoire of the Egypt Exploration Fund , t. 18).

PETRIE (F.W.M.), The royal tombs of the earliest dynasties, 1901. Part II , with a chapter by GRIFFITH (L.), Londres, 1901 ( Memoire of the Egypt Exploration Fund , t. 21).

PETRIE (F.W.H.), WAINWRIGHT (G.A.), GARDINER (A.H.), Tarkhan I and Memphis V , Londres, 1913.

WILKINSON (T.A.H.), Early Dynastic Egypt , Londres, New York, 2006.

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