Les mastabas de Séankhouiptah et de Hési à Saqqara, en Egypte

Les mastabas de Séankhouiptah et de Hési font partie des plus belles tombes de la nécropole de Saqqara.
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Les mastabas de Séankhouiptah et de Hési furent mis au jour dans la nécropole de Téti (premier roi de la VIe dynastie) à Saqqara Nord. Ils furent fouillés et étudiés par l’équipe des archéologues australiens du professeur Naguib Kanawati (Université de Sydney) dans la dernière décennie du XXe siècle.

La sépulture de Séankhouiptah est située au nord du tombeau du vizir Kagemni. La tombe de Séankhouiptah est composée de quatre grandes pièces décorées. Il possède une seule grande chambre funéraire.

Le décor du mastaba de Séankhouiptah

Parmi les plus beaux bas-reliefs, les chercheurs Australiens découvrirent de grandes scènes de chasses. Le défunt chasse au boomerang et au harpon dans une petite barque représentée dans des fourrés de papyrus situés dans des marais. On trouve également des courtisans capturant de nombreux oiseaux aquatiques dans de grands filets hexagonaux. Les oiseaux, animaux et poissons furent représentés avec une extrême finesse. Les détails sont extrêmement nombreux et témoignent d’une parfaite maîtrise des arts sous le règne de Téti.

Le défunt se fit aussi représenter devant une belle table d’offrandes, derrière laquelle est représenté une véritable «nature morte» de présents. Sous cette grande scène, une série d’individus viennent apporter des offrandes: pattes de bovidés, oiseaux... Au-dessus, une liste des présents est déposée dans le mastaba. Etant donné que le mastaba fut pillé dès l’Antiquité, il est impossible de vérifier si ces informations sont exactes.

Le cursus de Séankhouiptah

Séankhouiptah était prêtre du dieu de la magie Héka, prêtre à la pyramide du roi Téti, scribe, fonctionnaire au palais, conseiller privé du roi. Le culte d’Héka était lié à la magie divine suscitant la vie, à l’énergie primordiale. A l'époque de la Basse Epoque ce dieu devint essentiellement une divinité enfant. A Esna, il était le fils de Khnoum et Nébetou ou Menhyt, à Memphis, il devint le fils de Ptah et Sekhmet et à Edfou il fut associé à Ouadjet et Nekhbet.

Le mastaba du vizir Hési

Au nord de la sépulture de Séankhouiptah, l’équipe de N. Kanawati, s’intéressa au mastaba de Hési. Cette petite tombe comprenait un petit hall à piliers et la pièce de la fausse-porte. Le nom de Hési fut martelé et remplacé par celui d’un certain Seshem-nefer. Les raisons de l’effacement du nom de Hési demeurent inconnues à ce jour. Les titres de Hési ne furent pas martelés. Ceci permit aux égyptologues australiens de découvrir qu’il fut l’un des vizirs de Téti et qu’il fut chargé de la supervision de toutes les constructions royales dans toute l’Egypte. Hési fut aussi un conseiller de Téti, un juge, un prêtre à la pyramide du roi, un superviseur de scribes, un prêtre de la déesse Héqet, du dieu Apis et de la déesse vache Hézat… Cette dernière était adorée à Aphroditopolis (Atfih) en Moyenne Egypte. Dans cette cité, elle était considérée comme la mère d’Anubis et de Mnévis (le héraut de Ra).

Le décor de la tombe de Hési

Même si le mastaba n’est pas aussi impressionnant que celui de Mérérouka , les bas-reliefs sont d’une extraordinaire finesse. Hési put avoir les meilleurs artistes de son temps. Les scènes de pêche et de chasse fourmillent de détails et d’originalités. Il fit aussi représenter la fabrication de mobilier funéraire. Ainsi, même si son matériel funéraire était endommagé, détruit ou volé, il demeurait présent symboliquement.

Bibliographie sélective :

JONES (D.), An index of Ancient Egyptian titles, epithets and phrases of the Old Kingdom , 2 vol., Oxford, 2000 ( BAR International series 866 , vol. 1-2).

KANAWATI (N.), ABDER-RAZIQ (M.), The Teti cemetery at Saqqara , vol. 3, The Tombs of Neferseshemre and Seankhuiptah , Sydney, 1998 ( The Australian Centre for Egyptology: Reports 11 ).

KANAWATI (N.), ABDER-RAZIQ (M.), The Teti cemetery at Saqqara , vol. 5, The Tomb of Hesi , Warminster, 1999 ( The Australian Centre for Egyptology: Reports 13 ).

McFARLANE (A.), "Egyptology in Australia: past, present and future", dans Bulletin of Australian Centre for Egyptology , 15, 2004, p. 107-119.

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