Les principaux chantiers de fouilles de Saqqara

Panorama des principaux chantiers archéologiques de Saqqara : missions françaises, égyptiennes, australiennes...
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Saqqara est l’un des plus vastes sites archéologiques d’Egypte. En plus d’être étendu, il recèle des trésors s’étalant sur plus de 3000 ans d’Histoire. Les plus anciens vestiges remontent à la Ie dynastie (IIIe millénaire avant notre ère) et les plus récents sont coptes (le monastère Saint Jérémie).

Les fouilles françaises

De nombreux pays fouillent cet immense site. Si la plupart des médias francophones présentent les missions françaises, elles sont loin d’être les seules. Il faut aujourd'hui oublier la notion de « fouilles nationales ». Au XXIe siècle, les scientifiques collaborent entre eux. Si dans une mission française, la plupart des chercheurs sont Français, il y a aussi des Egyptiens, des Belges francophones, des Suisses francophones, des Anglais…

Les principales missions françaises de Saqqara sont les fouilles de l'Institut Français d'Archéologie Orientale (IFAO) et celle du Louvre. Le but de cette dernière mission, était, au départ, de retrouver le mastaba dont provient la chapelle exposée dans le musée parisien. Lors de la découverte de la sépulture d’Akhethotep, l’emplacement du mastaba n’avait pas été noté…

Deux autres missions françaises fouillent le secteur sud de Saqqara (non visitable). Une mission étudie les reines du roi Pépy Ier (VIe dynastie). Les découvertes furent nombreuses. En 2010, une nouvelle pyramide à texte fut mise au jour. La reine Béhénou retrouvait alors sa place dans l’Histoire. La seconde mission, dirigée par Vassil Dobrev examine Tabbet el-Guech. L’archéologue a mis au jour une nouvelle nécropole et la pyramide d’un des derniers rois de la VIe dynastie.

Enfin, les fouilles des tombes d’Alain Zivie ont profondément modifié les connaissances de Saqqara pour le Nouvel Empire.

Les fouilles du complexe funéraire de Djoser

D’autres nations disposent aussi de chantiers importants. Jusqu’en 2001, l'architecte français J.-Ph. Lauer dirigea les fouilles du complexe funéraire du roi Djoser. Depuis 2006, une mission internationale dirigée par la Lettonie s’intéresse à nouveau à la première pyramide d’Egypte. Une nouvelle fois, les découvertes sont fascinantes : nouvelles galeries sous la pyramide, chambre funéraire inconnue, mention d’ Imhotep … Les Polonais, quant à eux, fouillent aux pieds des murs de l’enceinte de ce complexe funéraire. Ils ont mis au jour la tombe d’un vizir de la VIe dynastie. De nombreux bas-reliefs peints en excellent état de conservation furent retrouvés.

Misions hollandaises, japonaises et anglo-saxonnes

Les Pays-Bas dirigent les fouilles de la nécropole du Nouvel Empire située à proximité de la pyramide d’Ounas. Ici aussi les découvertes se sont enchaînées. Mise au jour des tombes des proches d’Akhénaton et de Toutankhamon, découverte d’un complexe funéraire inconnu de la IIe dynastie…

Les Japonais explorent un promontoire situé dans le nord du site. Ils ont mis au jour des structures du Nouvel Empire et une construction de la IIIe dynastie qui semble être une nouvelle pyramide à degrés !

Des missions française, anglaise et italienne s’intéressent aussi à la Basse Epoque (dernières dynasties indigènes d’Egypte) en explorant les lieux de culte et les nécropoles d’animaux liés à Anubis, Sérapis et Bastet.

Les Musées Royaux d’Ecosse fouillent le secteur du Gisr el-Moudir , l’enclos du directeur, une structure énigmatique enfouie sous les sables à l’ouest de la pyramide de Djoser.

Les Australiens sont également présents à Saqqara. Ils fouillent la nécropole des nobles qui vécurent au temps du roi Téti . Ils ont déjà dégagés une dizaine de nouveaux mastabas . Les bas-reliefs retrouvés sur place sont souvent dans un excellent état de conservation et d’une grande finesse.

Les Egyptiens fouillent aussi à Saqqara

Il ne faut pas non plus oublier les fouilles égyptiennes. En 2010, deux tombes intactes de la VIe dynastie furent mises au jour près du mastaba du vizir Ptahhotep. En 2009, la pyramide de la mère de Téti fut retrouvée près du complexe funéraire de son fils. En 2008, les Egyptiens confirmèrent que la pyramide en ruine située dans ce secteur était celle du roi Menkaouhor de la Ve dynastie .

Des secteurs inexplorés ou oubliés

Enfin, il faut aussi constater que certains secteurs de Saqqara ne sont plus étudiés : le complexe funéraire de Sekhemkhet , le mastaba de Shepseskaf (fils de Mykérinos), les pyramides de Merenré Ier, Ibi, Pépy II, Ouserkaf…

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