Les rois égyptiens de la IIe dynastie

La IIe dynastie fut une période troublée et demeure mal connue. Seuls les deux derniers rois, Péribsen et Khasekhemouy marquèrent l'Histoire.

Contrairement à la Ière dynastie , la IIe est nettement moins connue. L’ordre et le nombre des rois demeurent incertains. L’archéologie n’a pas livré une liste comme celle du sceau de Qaa . Les grandes listes royales du Nouvel Empire demeurent floues. Enfin, les découvertes archéologiques sont relativement peu nombreuses.

La IIe dynastie d’après les listes royales

La liste royale d’Abydos livre six noms de rois pour la IIe dynastie. Mais ils furent créés de toute pièce car ils furent inscrits dans des cartouches. Or à cette époque, les rois ne disposaient que d’un serekh ( nom d’Horus ). Le cartouche fut inventé à la IIIe dynastie. Le papyrus de Turin, fragmentaire, conserva sept noms royaux. A nouveau, ils furent inventés car il s’agit de cartouches. Enfin, l’historien égyptien Manéthon présenta 9 rois. Cette fois, les noms étaient hellénisés.

D’après les listes royales, le premier roi de la IIe dynastie se nommait soit Bedjaou (liste d’Abydos), soit Baou-netjer (95 ans de règne d’après le papyrus de Turin), soit Boethos (Manéthon). Même s’il y a une vague ressemblance entre ces noms, ils ne furent jamais retrouvés dans les vestiges archéologiques de la IIe dynastie.

Hetepsekhemouy, premier roi inhumé à Saqqara ?

Le premier roi de la dynastie semble être Hetepsekhemouy . Sa tombe fut découverte sous la pyramide d’Ounas à Saqqara. Son nom fut retrouvé dans la région memphite et à Abydos, lieu d’inhumation des rois précédents. Il semble être le premier monarque à s’être fait construire une sépulture à Saqqara. Son probable successeur fut Nebra. Très peu de traces de ce roi furent mises au jour par les archéologues. Sa tombe n’a pas été localisée.

Le long règne de Ninetjer et la division de l’Egypte

Ninetjer , fut un roi qui demeura au moins 34 ans sur le trône. Sa tombe a peut-être été localisée près de celle de Hetepsekhemouy. D’après les annales royales de la pierre de Palerme, il dû faire face à une ou plusieurs révoltes. Il est probable que l’Egypte fut divisée à sa mort.

Plusieurs noms de rois furent retrouvés dans la région memphite. Ils eurent probablement des règnes brefs et leur pouvoir fut sans doute limité à une partie du territoire égyptien. Weneg fut probablement le successeur de Ninetjer. Trois autres noms royaux furent retrouvés sur quelques objets: Seneferka , Sened et Noubnefer. Ces individus ne sont que des noms dans l’histoire d’Egypte.

Retour à Abydos: Péribsen et Khasekhemouy

A la fin de la IIe dynastie, Péribsen s’est peut être emparé du royaume à Abydos. Il se plaça sous la protection de Seth, par opposition au roi de Memphis qui été assisté par Horus. Péribsen entama la conquête du nord. Elle fut achevée par le dernier roi de la dynastie, Khasekhemouy .

Ce dernier fut le seul bâtisseur de la IIe dynastie. Il fit élever un temple à Hiérakonpolis (Haute Egypte), comme Péribsen, sa tombe était dans la nécropole d’Umm el-Qaab à Abydos. Khasekhemouy entra aussi dans l’Histoire comme un roi combattant. En plus d’avoir réunifié l’Egypte, il fit une campagne en Nubie. Mais ce fut surtout son fils, Djoser , qui devint célèbre en faisant construire la première pyramide d’Egypte.

D’après l’archéologie, il y eu donc neuf rois durant la IIe dynastie. Mais rien ne prouve, à ce jour, qu’il s’agisse du nombre exact de rois de cette époque troublée.

Bibliographie sélective :

BARTA (W.), "Die Chronologie der 1. bis 5. Dynastie nach den Angaben des rekonstruierten Annalensteins, dans Zeitschrift für Ägyptische Sprache und Altertumskunde ", b. 108, 1981.

FARAG (R.A.), "A stela of Khasekhemui from Abydos", dans Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts Abteilung Kairo , b. 36, 1980, p. 77-79, t. 26.

RYHOLT (K.), "King Seneferka in the king-lists and his position in the early dynastic period", dans Journal of Egyptian History , t. 1, v. 1, 2008, p. 159-173.

WILKINSON (T.A.H.), Early Dynastic Egypt , Londres, New York, 2006.

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