Les rois égyptiens d'Hérakléopolis Magna

Les rois des IXe et Xe dynasties égyptiennes qui régèrent à Hérakléopolis Magna demeurent peu connu du grand public.

Lorsque l’Ancien Empire s’effondra, le dernier roi memphite de la VIIIe dynastie fut probablement détrônés ou éliminé par Khéty , un noble d’Hérakléopolis Magna qui s’empara du titre royal. La capitale de l’Egypte fut aussi transférée dans sa cité située au sud-est du Fayoum, entre le Nil et le Bahr Youssouf. Khéty fut le premier roi de la IXe dynastie et de la Première Période intermédiaire.

Les sources anciennes et les rois d’Hérakléopolis Magna

Cette période, dite hérakléopolitaine est très mal connue. Les sources égyptiennes sont peu nombreuses et lacunaires. Le célèbre papyrus de Turin, liste royale composée sous Mérenptah, à la XIXe dynastie, présente dix-huit rois pour cette période. Très peu de noms sont visibles. Le papyrus ne fait aucune distinction entre les IXe et Xe dynasties. Seul l’historien égyptien Manéthon qui vécut à l’époque de Ptolémée II Philadelphe , sépare les rois d’Hérakléopolis Magna en deux dynasties. Cette division semble donc inutile et non fondée sur des éléments réels. Selon Manéthon, il y avait soit dix-neuf soit quatre rois pour la IXe dynastie et dix-neuf pour la Xe dynastie. Aucun nom n’est cité par l’écrivain égyptien. Quant aux autres listes royales, elles n’évoquent pas cette période.

Une ou deux dynasties ?

Pour la plupart des chercheurs modernes, il n’y a qu’une seule dynastie à Hérakléopolis Magna (Hans Goedicke (1962 et 1969) ; Jürgen von Beckerath (1966 et 1999) ; Edward Brovarski (1985) ; David Lorton (1987) ; Claude Vandersleyen (1995) ; Stephan Johannes Seidlmayer (1997)…). Seuls quelques égyptologues tentent encore de prouver l’existence de deux dynasties : Winfried Barta (1981), le dictionnaire de poche de Pascal Vernus et Jean Yoyotte (2004)… Seul le nom du premier roi de la période fait quasi l’unanimité : Khéty Ier.

Le nombre de rois

Le nombre des rois est aussi âprement discuté. Déjà les sources anciennes ne se mettaient pas d’accord. Le papyrus de Turin évoquait 18 rois, Manéthon 19 + 19 ou 4 + 19 et l’instruction à Mérikaré l aissait deviner l’existence d’au moins quatre rois. Pour les modernes, ce nombre est toujours discuté. Winfried Barta, partisan de deux dynasties, proposa 4 + 14 rois. En 1962, Hans Goedicke, très prudent, se contenta d’une estimation du nombre de rois : ils furent, pour ce chercheur, entre 4 et 9. En 1966 : Jürgen von Beckerath avança, sans certitude, le nombre de 7 rois. Enfin, en 1985, Edward Brovarski, écrivit qu’il devait probablement y avoir six rois…

Les traces des rois d’Hérakléopolis Magna

Les traces archéologiques et épigraphiques de ces rois d’Hérakléopolis Magna sont malheureusement très limitées. Aucune tombe ne fut mise au jour. De plus, il existe très peu d’études modernes sur cette époque. En 1965, Wolfgang Schenkel édita tous les textes connus, à son époque, qui concernaient la Première Période intermédiaire. L’année suivante, Jürgen von Beckerath publia une petite étude consacrée aux rois d’Hérakléopolis Magna. Elle ne fut jamais remise à jour… Il est malheureusement fort probable que cette période demeure à jamais floue dans l’Histoire de l’Egypte.

Bibliographie sélective :

BARTA (W.), Bemerkungen zur Chronologie der 6. bis 11. Dynastie , dans Zeitschrift für Ägyptische Sprache und Altertumskunde , b. 108, 1981.

BECKERATH (J.) VON, Die Dynastie der Herakleopoliten (9./10. Dynastie) , dans Zeitschrift für Ägyptische Sprache und Altertumskunde , b. 93, 1966, p. 13-20.

GOEDICKE (H.), Probleme der Herakleopolitenzeit , dans Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts. Abteilung Kairo , b. 24, 1969, p. 136-143.

GOEDICKE (H.), Zur Chronologie der sogenannten „Ersten Zwischenzeit“ , dans Zeitschrift der Deutschen Morgenländischen Gesellschaft , b. 112, 1963, p. 239-254.

LORTON (D.), The internal history of Herakleopolitan Period , dans Discussions in Egyptology , t. 8, 1987, p. 21-28.

POLET (S.), Le roi Khéty Ier (9e dynastie égyptienne) , dans Volumen , n°7/8 , 2012, p. 4-19.

SCHENKEL (W.), Memphis – Herakleopolis – Theben. Die epigraphischen Zeugnisse der 7.-11. Dynastie Ägyptens , Wiesbaden, 1965 ( Ägyptologische Abhandlungen , b. 12).

SEIDLMAYER (S.J.), Zwei Anmerkungen zur Dynastie der Herakleopoliten , dans Göttinger Miszellen , b. 157, 1997, p. 81-90.

VANDERSLEYEN (C.), L'Égypte et la vallée du Nil , t. 2, De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire , Paris, 1995 ( Nouvelle Clio ).

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