Les tombeaux-temples, joyaux de Pétra

Le Khazneh, le Der ou le tombeau palais figurent dans la liste des joyaux de l'art nabatéen de Pétra.
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Les plus impressionnantes sépultures nabatéennes sont incontestablement les immenses tombeaux-temples. Ces immenses monuments ne furent réalisées que dans l’antique capitale des Nabatéens. Ils se composent principalement d’une façade sculptée dans la roche multicolore et d’un grand triclinium intérieur. Dans cette pièce, on réalisait des banquets funéraires en l’honneur du propriétaire défunt de la tombe. Ce type de repas funéraire était très répandu dans l’Orient ancien.

Le tombeau à urne

Parmi les plus célèbres monuments funéraires de Pétra il y a le tombeau à urne. Il s’agissait probablement de la sépulture du roi Malichos II. Au IVe siècle, il fut transformé en cathédrale par l’évêque Jason.

Le tombeau palais

La façade du tombeau palais imite l’architecture d’édifices publics. Le deuxième registre de la façade était une imitation de la colonnade d’un portique. Ce type d’architecture se retrouva aussi dans le palais parthe de Ctésiphon (Mésopotamie). Le troisième registre était une imitation d’une petite colonnade. Ce type de colonnades en deux registres était présent dans la stoa d’Attale II à Athènes. Enfin, le premier registre était composé d’une succession d’édicules à frontons et à arcs. Ce type d’architecture fut très répandu dans l’ensemble du monde gréco-romain. Il fut notamment employé pour le temple de Diane à Nîmes. Le tombeau palais était une sépulture pour quatre individus. Chaque tombe dispose de sa propre entrée et de sa propre chambre funéraire. Le monument était probablement celui d’une puissante famille nabatéenne.

Le Khazneh

Le Khazneh est probablement le monument funéraire le plus célèbre de Pétra. Son nom signifie « trésor » en arabe. Au Moyen Âge, on pensait qu’il y avait un trésor pharaonique dans l’urne sculptée dans la roche au sommet du monument. La façade du Khazneh est haute de 38,77 mètres et large de 24,90 mètres. Il s’agit d’un joyau de l’art hellénistique hors du monde gréco-macédonien. Il fut réalisé au débouché du ouadi du Sîq.

La partie inférieure du Khazneh est composée d’un fronton inscrit sur un attique. Les colonnes sont libres. La disposition était proche de celle de la façade du temple de Bêl à Palmyre (réalisée en 32 de notre ère). Le second niveau est composé d’une rotonde ou tholos encadrée sur trois côtés par un péristyle à toit penché vers l’extérieur. Certains archéologues pensent qu’il s’agit de la représentation d’une tholos au centre d’une cour. Les bas-reliefs de ce registre sont également hellénistiques. Au premier plan, on trouve des Amazones et la déesse Fortuna sur la rotonde. A l’arrière plan, il y a des déesses Victoria. Pour certains archéologues, la façade du Khazneh imitait un édifice à deux étages, pour d’autres il s’agissait d’une représentation de la façade d’un édifice (premier registre) et de l’intérieur de celui-ci (second registre).

Le Der

Enfin, le Der , construit sur une hauteur, est lui aussi, l’un des emblèmes de Pétra. Il s’agissait probablement de la tombe du roi Rabbel II . Comme celle du Khazneh , la façade du Der était composée de deux registres. Au second niveau, se dressent trois édicules : une rotonde encadrée sur deux côtés par un péristyle à toit penché vers l’extérieur. A chaque extrémité, on trouve une colonne.

Bibliographie sélective :

BOURBON (F.), Petra. Guía arqueologíca , trad. MARTÍN (I.), Madrid, 2006 ( Guías de arqueología ).

FRANKFORT (H.), The art and architecture of the Ancient Orient , New Haven, Londres, 5e éd., 1996 ( Yale University Press ).

Inoubliable Pétra. Le royaume nabatéen aux confines du désert , s. dir. HOMÈS-FREDERICQ (D.), Bruxelles, 1980.

PERRY (M.A.), "Life and death in Nabataea: The North Ridge tombs and Nabataean burial practices", dans Near Eastern Archaeology , v. 65, n°4, 2002, p. 265-270.

STARCKY (J.), "Pétra et la Nabatène", dans Supplément au Dictionnaire de la Bible , f. 36, Paris, 1961, col. 886-1017.

WRIGHT (G.R.H.), "The Khazne at Petra ; its nature in the light of its name", dans Syria , v. 74, 1997, p. 115-120.

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