Merenré Ier (VIe dynastie), grand roi de l'Egypte antique

Merenré Ier fut considéré comme un grand roi de l'Egypte ancienne. Il fut le seul roi de l'Ancien Empire dont la momie fut conservée.
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Merenré Ier Nemtyemsaf Ier (les rois de cette époque disposent de deux cartouches) succéda à son père, le roi Pépy Ier Méryré . Il devint ainsi le quatrième roi de la VIe dynastie (Ancien Empire). Merenré était le fils de la reine Pépy-ankh-en-es Ière. Il épousa la sœur de sa mère qui était également une des épouses de son père, la reine Pépy-ankh-en-es II. Pour quelques chercheurs, Merenré fut le père de Pépy II, son successeur. Pour d’autres, ce roi fut le fils de Pépy Ier et de la reine Pépy-ankh-en-es II.

Un grand roi d’Egypte

Merenré Ier fut considéré comme un grand roi par les Egyptiens eux-mêmes. En plus de figurer dans le papyrus de Turin, la liste royale d’Abydos, il prend place dans la chapelle des ancêtres de Touthmosis III à Karnak. Dans ce petit sanctuaire, Touthmosis III, grand roi de la XVIIIe dynastie (Nouvel Empire), n’a fait représenter que les grands rois. Merenré figure dans cette liste avec deux autres rois de la VIe dynastie : Téti et Pépy Ier.

Durée du règne de Merenré Ier

Comme toujours pour l’Ancien Empire, il est impossible de donner des dates précises pour son règne. D’après l’épigraphie, Merenré demeura 10 ou 11 ans sur le trône d’Egypte. Manéthon lui attribua 7 années de règne. Une lacune dans le papyrus de Turin ne permet malheureusement pas de connaître la durée exacte que lui attribuait cette liste de rois.

La pyramide de Merenré Ier à Saqqara Sud

La pyramide de Merenré Ier fut bâtie à Saqqara sud, à proximité de celle de son père. Elle se nommait « Merenré apparaît en perfection ». En 1880, Gaston Maspero y découvrit le célèbre texte des pyramides . Dans la chambre funéraire, il y avait aussi la momie du roi. Il s’agit de la seule momie royale conservée pour l’Ancien Empire. Elle est exposée au musée Imhotep à Saqqara nord. La peau de Merenré Ier était en excellent état de conservation, mais l’intérieur du corps était dans un état de putréfaction avancé. La momie n’a jamais été radiographiée. Aucune analyse scientifique n’a été pratiquée. Elle a au mois 10 siècles de plus que les célèbres momies du Nouvel Empire !

Ouni, un notable d’Abydos fut chargé d’une partie des travaux de la construction de la sépulture du roi. Merenré l’envoya à Eléphantine pour chercher du granite. Il ramena aussi le cercueil du roi et le pyramidion. Le texte de l’autobiographie d’Ouni fut notamment traduit par A. Roccati : Sa Majesté m’envoya à Ibhat pour transporter le cercueil des vivants (qui est) seigneur de la vie, avec son couvercle, avec le pyramidion précieux et auguste pour la pyramide « Merenré apparaît en perfection », ma souveraine. Sa Majesté m’envoya à Éléphantine pour transporter la fausse-porte en granit rose avec son seuil, les herses et les linteaux en granit rose, pour transporter les portes et les dalles en granit rose de la chambre supérieure de la pyramide « Merenré apparaît en perfection », ma souveraine. Ils ont descendu le Nil par mon œuvre jusqu’à la pyramide « Merenré apparaît en perfection », dans six bateaux larges, trois chalands, trois bateaux de 80 coudées (?), en une expédition. Jamais on n’avait travaillé à Ibhat et Éléphantine en une seule expédition à l’époque d’aucun roi. Toute chose que Sa Majesté avait ordonnée se produisit entièrement grâce à moi, comme tout ce que Sa Majesté avait ordonné ce concernant. Sa Majesté m’envoya à Hatnoub pour transporter une grande table d’offrandes en calcite de Hatnoub. Je fis descendre pour lui cette table d’offrandes, détachée à Hatnoub, en dix-sept jours, et je lui fis descendre le fleuve vers le Nord sur le même radeau, je coupai pour elle (la table) un radeau en acacia de soixante coudées de long, trente coudées de large, fabriqué en dix-sept jours, le troisième mois de l’été. Au moment où il n’y avait pas d’eau sur les bancs de sable, j’accostai à la pyramide « Merenré apparaît en perfection », en paix. Tout se produisit par mon œuvre selon la Parole que la majesté de mon seigneur ordonna ».

Le temple haut du complexe funéraire de Merenré Ier ne fut jamais fouillé. La chaussée montante reliant cet édifice au temple bas fut aperçue par le colonel Vyse en 1835. D’après lui, elle faisait un angle pour éviter le complexe funéraire du roi Djedkaré-Isesi ( Ve dynastie ). La chaussée n’a jamais été fouillée. Depuis l’époque de Vyse, elle a complètement disparu sous les sables de Saqqara…

Les activités de Merenré Ier

D’après une inscription d’Eléphantine, Merenré combattit les Nubiens en personne. Des troubles semblaient agiter la Nubie sous son règne. Comme ses prédécesseurs, Merenré envoya au moins une expédition aux carrières du ouadi Hammamat, dans le désert arabique pour obtenir de la grauwacke.

D’après les annales de Saqqara Sud, gravée sur le couvercle du sarcophage de la reine Pépy-ankh-en-es III, Merenré fit des offrandes aux dieux d’Héliopolis, à Hérichef, dieu solaire d’Hérakléopolis Magna (Moyenne Egypte) et à Khenty-Imentiou, dieu funéraire d’Abydos. Malheureusement, le texte est trop fragmentaire pour en savoir plus sur la politique religieuse du roi.

Bibliographie sélective :

BARTA (W.), "Bemerkungen zur Chronologie der 6. bis 11. Dynastie", dans Zeitschrift für Ägyptische Sprache und Altertumskunde , b. 108, 1981.

BAUD (M.), Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien , 2 t., 2e éd., Le Caire, 2005 ( Institut Français d'Archéologie Orientale, Bibliothèque d'étude , t. 126).

BAUD (M.), DOBREV (V.), "De nouvelles annales de l’Ancien Empire égyptien. Une « Pierre de Palerme » pour la VIe dynastie", dans Bulletin de l'Institut Français d'Archéologie Orientale , t. 95, 1995.

Des dieux, des tombeaux, un savant. En Égypte, sur les pas de Mariette Pacha , Paris, Boulogne-sur-Mer, 2004 (Exposition Mariette Pacha de Boulogne-sur-Mer).

GOURDON (Y.), "Le nom des épouses abydéniennes de Pépy Ier et la formule de serment à la fin de l’Ancien Empire", dans Bulletin de l’Institut Français d’Archéologie Orientale , t. 106, 2006, p. 89-103.

ROCCATI (A.), La littérature historique sous l'Ancien Empire égyptien , Paris, 1982 ( Littératures anciennes du Proche-Orient , n°11).

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