Mérérouka, gendre et vizir du roi d'Egypte Téti (VIe dynastie)

Le vizir Mérérouka possédait l'un des plus vastes mastabas de Saqqara. En épousant la fille du roi, il devint l'un des hommes les plus puissants d'Egypte.

De nombreux touristes se rendant à Saqqara visitent le grand mastaba de Mérérouka situé à proximité de la pyramide de Téti . Ils sont généralement émerveillés par la finesse des bas-reliefs, mais peu d’entre eux s’intéressent à Mérérouka lui-même.

Gendre et vizir de Téti

Mérérouka fut un homme de premier plan au début de la VIe dynastie (Ancien Empire). Il fut l’un des principaux conseillé du roi Téti. Il épousa sa fille, la princesse Watet-ket-her Zeshezeshet. Mérérouka fut aussi l’un des vizirs de Téti. Cette ascension est intéressante car Mérérouka, même s’il était de haute noblesse, n’appartenait pas à la famille royale. Ce furent donc ses mérites qui le propulsèrent au sommet de l’administration centrale memphite.

Un mastaba pour trois

Le mastaba de Mérérouka fut conçu pour trois personnes: Mérérouka, son épouse et l’un de leurs enfants, Méry-Téti. Dix-neuf pièces étaient consacrées au vizir, cinq à son épouse et quatre à Méry-Téti. Chacun d’eux possédaient un serdab (pièce fermée contenant des statues) et ils disposaient de leur propre puits funéraire.

La longue et riche carrière de Mérérouka

De nombreuses représentations de Mérérouka étaient visibles. Ses différents vêtements étaient liés à ses nombreuses tâches au sein de l’administration centrale. En plus d’être vizir, il était superviseur du double trésor, superviseur des scribes de l’administration royale, responsable de toutes les constructions royales (y compris la pyramide du roi), prêtre de Douaou, Nemty, Apis, Anubis, Hézat, Ouadjet, Min, Horus; juge, conseiller privé du roi, prêtre du culte de Téti, scribe… Mérérouka exerça au moins quatre-vingt-deux charges durant sa longue carrière! Les nombreuses inscriptions présentent l’ensemble de ses titres.

On trouvait également des représentations des enfants de Mérérouka: Méry-Téti, Téti-Ankh, Khenou… Mérérouka indiqua également qu’il était un homme puissant, car il fit représenter des centaines de courtisans dans sa tombe. Les nombreux porteurs d’offrandes, scribes étaient des hommes ou des femmes qui étaient à son service. Certains d’entre eux étaient issus de la plus haute noblesse memphite. Il ne faut donc pas les considérer comme de «simples» paysans ou petits fonctionnaires. La lecture de leurs titres indiquait leur rang réel.

Mérérouka reçut des offrandes provenant de domaines royaux. Certaines porteuses d’offrandes l'illustrent. Chaque domaine fut représenté par une porteuses d’offrandes. Les hiéroglyphes permettaient une fois encore d’interpréter ces bas-reliefs.

Le mastaba de la mère de Mérérouka: les fouilles australiennes de Saqqara Nord

Au début des années nonante, la mission australienne dirigée par le professeur Naguib Kanawati mit au jour, au nord du mastaba de Mérérouka, la sépulture de sa mère, Nedjet-em-pet. La fausse-porte étaient en excellent état. Au fond du puits funéraires, les chercheurs australiens trouvèrent le corps de Nedjet-em-pet en bon état. Il s’agissait d’une femme gracile d’environ cinquante ans. Elle souffrit de problèmes aux dents (présence de larges abcès). Elle avait un peu d’arthrite. Son pelvis était fracturé et elle souffrait d’ostéoporose. Elle décéda probablement à cause d’une septicémie. Le corps n’était pas momifié. Cette pratique, même si elle était très répandue n’était pas encore «obligatoire» dans l’Ancien Empire. Nedjet-em-pet était une prêtresse de Neith et d’Hathor.

Les fouilles australiennes effectuées dans la nécropole de Téti livreront peut-être un jour la tombe du père de Mérérouka. Cette mission archéologique est probablement l’une des plus importantes de Saqqara. Il est regrettable qu’elle soit ignorée par les médias francophones…

Bibliographie sélective :

DRIOTON (E.), "Description sommaire des chapelles funéraires de la VIe dynastie récemment découvertes derrière le mastaba de Mérérouka à Sakkarah", dans Annales du Service des Antiquités de l'Égypte , t. 43, 1943.

JONES (D.), An index of Ancient Egyptian titles, epithets and phrases of the Old Kingdom , 2 vol., Oxford, 2000 ( BAR International series 866 , vol. 1-2).

KANAWATI (N.), Governmental reforms in Old Kingdom , Warminster, 1980.

KANAWATI (N.), HASSAN (A.), The Teti cemetery at Saqqara , vol. 1, The Tombs of Nedjet-em-pet, Ka-aper and others , Sydney, 1996 ( The Australian Centre for Egyptology: Reports 8 ).

McFARLANE (A.), "Egyptology in Australia: past, present and future", dans Bulletin of Australian Centre for Egyptology , 15, 2004, p. 107-119.

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