Nebra et Ninetjer, aux origines de la IIe dynastie égyptienne

Nebra et Ninetjer régnèrent sur l'Egypte au début de la IIe dynastie. Ninetjer fut le premier roi à être représenté en statuette.
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L’ordre des rois de la IIe dynastie égyptienne demeure incertain. Il n’existe aucune liste antique de ces derniers. Seuls quelques éléments archéologiques ou épigraphiques permettent de les situer sommairement au sein de la dynastie

Nebra ou Raneb

Nebra ou Raneb semble être le successeur de Hetepsekhemouy , car son nom d’Horus fut retrouvé dans la tombe de ce dernier, à Saqqara Nord. Pour la plupart des égyptologues, Nebra supervisa l’inhumation de Hetepsekhemouy. Néanmoins, certains chercheurs (dont Munro) suggèrent qu’il a usurpé la tombe royale.

La tombe de Nebra

A ce jour, la tombe de Nebra n’a pas encore été localisée (s’il n’a pas usurpé celle de Hetepsekhemouy). Wilkinson proposa une intéressante hypothèse à ce sujet. Pour cet égyptologue, la tombe de Nebra fut probablement détruite lors de la construction du complexe de Djoser . Cette théorie n’est pas improbable, car les superstructures de la tombe de Hetepsekhemouy furent détruites lors de la construction de la pyramide d’ Ounas . Un roi de l’Ancien Empire n’avait donc aucun scrupule à détruire la tombe de l’un de ses prédécesseurs. De plus, en 1959, un bol portant le nom de Nebra fut retrouvé dans le complexe de Djoser. Toutefois, il faut signaler aussi la présence d’un bol au nom de Nebra dans la pyramide de Mykérinos à Giza.

Nebra à Abydos et Armant

En dehors des nécropoles memphites, le nom de Nebra fut retrouvé sur une stèle en granite à Abydos. Comme elle ressemble aux stèles funéraires de la Ière dynastie , cela pourrait aussi indiquer que la tombe du roi est dans cette nécropole. Enfin, le serekh du roi fut gravé sur un rocher à proximité d’Armant, le premier chef-lieu du 4e nome de Haute Egypte.

Ninetjer

Il est probable que le successeur de Nebra fut le roi Ninetjer. D’après la pierre de Palerme, il régna au moins 25 ans sur l’Egypte. Il est fort possible qu’il resta sur le trône pendant plus de 34 ans car il effectua une fête- sed et l’épigraphie fait état d’un 17e recensement. Ces derniers étaient pratiqués tous les deux ans. Cela implique que Ninetjer régna au-moins 34 ans. Le texte des annales royales de la pierre de Palerme signale une diminution des crues du Nil sous son règne. Ninetjer y apparaît comme un roi pieux, il fit construire une chapelle pour Horus et il participa à plusieurs cérémonies religieuses: festival du dieu Sokar à Memphis, course du taureau Apis à Memphis, cérémonie pour la déesse Nekhbet à el-Kab (Haute Egypte). Cette dernière fête est la seule attestation d’une activité du roi en Haute Egypte. Enfin, la pierre de Palerme mentionne une révolte dans le Delta qui fut écrasée en l’an 13 du roi. Cet événement annonçait peut-être la guerre civile et la division de la royauté qui se produisit vers le milieu de la IIe dynastie.

La première statuette royale d’Egypte

Ninetjer est le premier roi d’Egypte que l’on connaît par une statuette. Elle est en calcite et le roi y arbore le costume de la fête- sed , cérémonie qui était réalisée quand un pharaon estimait avoir régner suffisamment longtemps sur l’Egypte. Haute de 13,5 cm, elle est large de 8,8 cm. Malheureusement, elle n’est pas exposée car elle appartient à un collectionneur. Le lieu de sa découverte n’est pas connu.

La tombe de Ninetjer

Le nom de Ninetjer fut retrouvé sur de la vaisselle dans des mastabas de Giza, Hélouan et Saqqara Nord. Une tombe anépigraphe ressemblant à celle d’Hetepsekhemouy fut découverte à 130 m à l’est de la pyramide d’Ounas. D’après Kaiser, il pourrait s’agir de la tombe de Ninetjer.

Bibliographie sélective :

BARTA (W.), Die Chronologie der 1. bis 5. Dynastie nach den Angaben des rekonstruierten Annalensteins , dans Zeitschrift für Ägyptische Sprache und Altertumskunde , b. 108, 1981.

DODSON (A.), HILTON (D.), The Complete Royal Families of Ancient Egypt , Le Caire, 2005.

SIMPSON (W.K.), A statuette of king Nyneter , dans Journal of Egyptian Archaeology , v. 42, 1956, p. 45-49.

WILKINSON (T.A.H.), Early Dynastic Egypt , Londres, New York, 2006.

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