Pétra et la Nabatène à l'époque romaine

Choyée par l'empereur Hadrien, Pétra rayonna durant le Haut Empire romain avant de décliner à partir du règne de Constantin.
12

Après la mort du roi Rabbel II , en 106 de notre ère, l’empereur romain Trajan envoie le consul Cornelius Palma s’emparer de la Nabatène. Pour la première fois de son histoire, la puissante cité jordanienne est envahie. Trajan transforme le petit royaume arabe en province romaine. La capitale est installée à Bostra, au nord. La cité devient Néa Traiana Bostra . Une légion romaine (IIIe légion Cyrenaica ) y stationne afin de veiller sur les frontières et sur le cœur de la Nabatène.

Même si Pétra a perdu son statut de capitale, le prestige de la cité demeure. L’un des gouverneurs romains de l’Arabie, Sextius Florentinus, s’y fait même construire un immense tombeau de style nabatéen. Des routes sont construites par le gouverneur C. Claudius Severus (111-114) afin de relier Pétra à Bostra, à la Judée et à la mer Rouge.

Hadrien visite Pétra

En 130, l’empereur Hadrien (117-138) se rend à Pétra avec son épouse, l’impératrice Sabine. Il autorisa à nouveau la cité à battre monnaie. Il se montre généreux envers la cité et sa population. Pour le remercier, les dirigeants de Pétra rebaptisèrent la cité en Hadriana-Petra. Il fallut cependant attendre le IIIe siècle (règne de l’empereur Elagabal) pour que Pétra puisse jouir du statut de colonie romaine.

L’arrivée du christianisme en Nabatène

Le christianisme semble s’être implanté assez tardivement à Pétra. Les premièrs adeptes de cette nouvelle religion ont été recensés sous le règne de l’empereur Dioclétien. Le premier évêque de Pétra est un certain Astérius, il est nommé en 343.

La mort de la culture nabatéenne et l’abandon de Pétra

La langue et l’écriture des Nabatéens disparaissent sous le règne de Constantin Ier (305-337). Cette disparition est lente et progressive. En 358, l’empereur Constance II, fils de Constantin réorganise les provinces orientales. Il crée la province de Palestine Salutaris. Pétra en devient la capitale.

La mort définitive de la culture nabatéenne se produit en 422 quand l’empereur Théodose II ordonne la fermeture des temples païens. La fin de la religion nabatéenne est sanglante, de nombreux païens sont massacrés car ils protestent contre la fermeture de leurs sanctuaires.

Les nombreuses guerres et épidémies qui ravagent l’Orient romain déciment la population de Pétra. Plusieurs grands tremblements de terre causent des dommages irrémédiables dans le centre de la ville. Progressivement, Pétra est abandonnée par ses habitants. Les ruines de Pétra sombrent dans l’oubli au VIIe siècle.

Bibliographie sélective :

BOURBON (F.), Petra. Guía arqueologíca , trad. MARTÍN (I.), Madrid, 2006 ( Guías de arqueología ).

Inoubliable Pétra. Le royaume nabatéen aux confines du désert , s. dir. HOMÈS-FREDERICQ (D.), Bruxelles, 1980.

KANELLOPOULOS (Chr.), "A new plan of Petra’s city centre", dans Near Eastern Archaeology , v. 65, n°4 2002, p. 251-254.

Pétra. Splendeurs de la civilisation nabatéenne , préface PORTER (B.A.), textes OSSORIO (A.), Paris, 2009.

SARTRE (M.), D'Alexandre à Zénobie. Histoire du Levant antique IVe siècle av. J.-C.-IIIe siècle ap. J.-C. , Paris, 2001.

STARCKY (J.), "Pétra et la Nabatène", dans Supplément au Dictionnaire de la Bible , f. 36 Paris, 1961, col. 886-1017.

Sur le même sujet