Saqqara : les dernières découvertes liées à Djoser

Depuis 2006, les fouilles ont repris dans la pyramide à degré de Djoser à Saqqara. Une mission lettone y mène de nouvelles recherches.
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La mort de l’architecte français Jean-Philippe Lauer, en 2001, n’a pas arrêtée les archéologues. La disparition de ce chercheur fut une grande perte, car Lauer fut l’homme qui sortit le complexe funéraire de Djoser des sables de Saqqara. Il ne fut pas le premier à s’intéresser à la sépulture du fondateur de la IIIe dynastie mais il fut le chercheur qui permit au grand public de découvrir ce lieu fascinant.

Avant lui, Cecil Firth, archéologue britannique, avait commencé à étudier le complexe funéraire de Djoser. Firth avait mis au jour la célèbre statue du roi (1924) qui est aujourd’hui exposée au musée du Caire et il avait trouvé les deux premières traces de l’existence réelle d’Imhotep (1926 et 1927). Mais en plus de ses études rigoureuses, Lauer entreprit de reconstruire par anastylose (reconstruction à l’identique quand les structures sont connues avec certitude) l’immense complexe funéraire du fondateur de l’Ancien Empire. Ce travail considérable permet aujourd’hui de mieux comprendre l’ampleur du complexe funéraire de Djoser.

Les fouilles polonaises de Saqqara

En 2000, des archéologues polonais commencèrent un chantier de fouilles près de la pyramide d’ Ounas , dernier roi de la Ve dynastie. Ils mirent au jour la tombe d’un vizir de la VIe dynastie, Meref-nebef. Ils s’intéressèrent aussi au mur d’enceinte du complexe de Djoser. Ils retrouvèrent quelques inscriptions et le nom d’Horus du roi : Nétjery-Khet. Ils constatèrent que les blocs extérieurs de l’enceinte étaient taillés dans un beau calcaire blanc. A l’intérieur du puissant mur, la qualité des matériaux était nettement moins bonne. Le mur apparaissait donc comme une construction solide et belle sans que cela ne demandât d’efforts excessifs aux ouvriers de l’époque.

La mission lettone

Depuis 2006, une mission internationale dirigée par la Lettonie s’intéresse à nouveau à la pyramide à degrés . Cette équipe est composée de chercheurs lettons, finlandais, italiens et égyptiens. Ils utilisent de nouveaux moyens pour étudier l’immense construction. Dotés de scanners tridimensionnels, ils ont déjà pris plus de 320 millions de mesures ! Leur but est une étude des structures de la première pyramide d’Egypte. Ils espèrent pouvoir, dans les prochaines années, consolider certaines parties de la sépulture du roi.

Les Lettons ont détectés des galeries sous la pyramide qui n’étaient pas encore connues. Quatre d’entre elles passent sous la cour de la Maison du Sud. L’une d’elle va même au-delà du mur d’enceinte et semble posséder une vaste chambre funéraire inconnue jusqu’ici. Dans ces corridors souterrains, les archéologues ont trouvés des inscriptions mentionnant le roi et Imhotep .

Le directeur de la mission lettone pense que les Maisons du Nord et du Sud, pourraient être les tombes des deux filles de Djoser . La fonction de ces deux constructions était inconnue jusqu’ici. Cette hypothèse doit encore être prouvée.

Une cinquième galerie a été détectée sous la grande cour. Elle reliait les infrastructures de la pyramide à celle du tombeau Sud, cénotaphe du roi. Elle s’étire sur plus de 50 mètres.

Des découvertes dans le temple funéraire de Téti

Des découvertes concernant Djoser eurent aussi lieu en dehors de son complexe funéraire. En 1993, des archéologues égyptiens ont retrouvés un montant de porte provenant du complexe de Djoser, à proximité de la pyramide de Téti . Il semble que ce roi de la VIe dynastie ait utilisé comme carrière certaines parties du complexe de son illustre prédécesseur. En 1998, des égyptologues polonais découvrirent un linteau au nom de Djoser dans le temple funéraire du même Téti. Les Anciens égyptiens ne se préoccupaient pas de la conservation des anciens monuments. Dès le début de la Ve dynastie , le complexe de Djoser fut en partie abandonné et ses blocs réemployés.

Bibliographie sélective :

BAUD (M.), Djéser et la IIIe dynastie , Paris, 2002 ( Les grands pharaons ).

DUNN FRIEDMAN (F.), The underground relief panels of king Djoser at the Step Pyramid complex , dans Journal of the American Research Center in Egypt , t. 32, 1995, p. 1-42.

LAUER (J.-P.), Le développement des complexes funéraires royaux en Egypte depuis les temps prédynastiques jusqu’à la fin de l’Ancien Empire , dans Bulletin de l'Institut Français d'Archéologie Orientale , t. 79, 1979, p. 355-394, pl. LVI-LIX.

MY?LIWIEC (K.), West Saqqara. Excavations, 2001 , dans Polish Archaeology in the Mediterranean , XIII, 2002, p. 127-142.

Dossier d’Archéologie. Hors série n°20 , Saqqâra. Des trésors inépuisables , avril 2011.

Rapport de fouilles de la mission de la Lettonie : http://www.archaeogate.org/egittologia/article/677/1/update-on-the-recent-works-carried-out-by-the-latvian-s.html

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