Siamon, roi de la XXIe dynastie égyptienne

Siamon fut un bâtisseur de Tanis, un roi guerrier qui batailla contre les Philistins et dont la Bible garda le souvenir.
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Après le règne du libyen Osorkon l’Ancien , il semble que l’ancienne famille royale ( XXIe dynastie ) réussit à revenir sur le trône, à Tanis. Ainsi, Siamon devint le sixième roi de la XXIe dynastie. De nombreuses inconnues entourent ce personnage. Etait-il un fils d’ Amenémopé (dernier roi "légitime" de la dynastie)? Prit-il le pouvoir par la force? Etait-il lié à la famille d’Osorkon?

Durée du règne

Manéthon lui attribua 9 ans de règne. L’épigraphie révéla cependant qu’il demeurât au moins 17 années au pouvoir. Il fut même reconnu à Thèbes par les grands prêtres d’Amon. Plusieurs inscriptions du roi furent mises au jour à Tanis, Héliopolis et Memphis, en Basse Egypte.

Les constructions de Siamon (Tanis et Memphis)

A Tanis, Siamon fit agrandir le temple d’Amon. Il fit construire une avant cour à colonnes, une petite chapelle près des tombes royales et il effectua des travaux dans le temple de Mout/Anta . Il restaura également l’enceinte de ce dernier temple.

Les archéologues français découvrirent quelques objets de Siamon à Tanis. Ils mirent au jour de petites plaquettes provenant d’un dépôt de fondation et des éléments d’une porte monumentale. A Héliopolis, Siamon fit ajouter son nom sur un obélisque de Touthmosis III (XVIIIe dynastie).

A Memphis, des égyptologues américains mirent au jour un édifice à six entrées réalisés durant le règne de Siamon. L’un des linteaux de ce temple est aujourd’hui exposé à l’University of Pennsylvania Museum. Les archéologues retrouvèrent aussi les traces d’une petite chapelle dédiée au dieu «Amon, maître du lapis-lazuli». A l’intérieur de ce petit édifice de Memphis, il y avait un naos pour la statue du dieu, sur celui-ci, il y avait les cartouches de Siamon. Les deux bâtiments retrouvés par les Américains de l’Université de Pennsylvanie se trouvaient dans le secteur du palais de Merenptah. Les découvertes eurent lieu entre 1915 et 1923.

La tombe de Siamon

La tombe de Siamon n’a pas encore été mise au jour. Elle a cependant été pillée car les archéologues ont déjà retrouvés des ouchebtis du roi. La découverte de ces petites statuettes faisant partie du matériel funéraire indique que la tombe a été ouverte et que des objets ont été enlevés de celle-ci.

Le musée du Louvre possède un petit sphinx du roi. Il est en argent, bronze et or. Long de 10 cm, sa provenance est malheureusement inconnue. Le sphinx à deux bras présente une petite table d’offrandes.

Siamon et Salomon

Siamon, fut également connu en dehors de l’Egypte. Il attaqua la cité de Gézer chez les Philistins (Palestine du sud). La Bible a même conservé une trace de cette guerre: «Pharaon, le roi d’Égypte, fit une expédition, prit Gézer, l’incendia et massacra les Cananéens qui y habitaient, puis il donna la ville en cadeau de noces à sa fille, la femme de Salomon» ( Premier livre des Rois , IX, 16). Le texte indique également un mariage entre la fille d'un roi qui ne peut être que Siamon et Salomon. L’Egypte apparait donc en position d’infériorité puisque c’est elle qui donne l’une de ces princesses. Jusqu’à Siamon, les rois d’Egypte épousaient des princesses étrangères mais ne donnaient pas leurs filles à des étrangers. Il faut néanmoins remarquer qu’il n’y a aucune trace de ce mariage dans les sources égyptiennes. Seules des traces de la guerre furent retrouvées: un scarabée inscrit de Siamon fut mis au jour à Tell el-Farah (Negeb) et les archéologues trouvèrent des traces de destructions à Tel Mor.

La guerre contre les Philistins, intermédiaires entre les Egyptiens et les Phéniciens, est probablement liée au commerce. Siamon fit aussi une alliance avec Salomon pour les prendre à revers. La défaite des Philistins permit de stabiliser la frontière orientale de l’Egypte.

La succession de Siamon

Le successeur de Siamon fut Psousennès II . Il était un arrière petit-fils de Psousennès Ier et il avait commencé sa carrière comme grand-prêtre d’Amon à Thèbes. A ce jour, il n’existe aucune trace d’épouse ou d’enfants de Siamon dans les sources égyptiennes.

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