Visiter le musée égyptien de Turin

Découvrez quelques unes des plus célèbres objets de l'Egypte antique : le papyrus de Turin, le Ramsès II en diorite noire, le temple d'el-Lasiya...
244

La ville de Turin située dans le nord-ouest de l’Italie possède de nombreux trésors. Cette cité prospère qui s’étend le long du Pô, aux pieds des Alpes, possède de nombreux musées et de superbes édifices médiévaux et modernes.

Parmi les 80 musées de la cité italienne, le musée égyptien ( Museo Egizio ) attire de nombreux touristes. Il abrite la plus vastes collections d’antiquités égyptiennes hors d’Egypte. Même les musées d’Etats de Berlin, le Metropolitan Museum de New York, le British Museum ou le Louvre, ne possèdent pas autant d’objets provenant d’Egypte.

Afin de ne pas être assommé par la quantité d’informations et de bien profité du musée il peut être utile de le visiter en deux demi jours. Le musée propose trois parcours. Le premier est le plus important, il concerne toutes les salles de l’étage. Une demi-journée pour profiter de cette vingtaine de salles permet de bien profiter des objets exposés.

Le premier parcours

Le premier parcours (numéro 1) est essentiellement chronologique, même s’il y a quelques salles thématiques. Parmi ces dernières, il y a la mort en Egypte. Des sarcophages et de cercueils peints sont exposés ainsi qu’une multitude d’ouchebtis (serviteurs funéraires). On y trouve aussi des vases canopes, des papyri et des bijoux retrouvés sur des momies.

Une petite salle est consacrée aux fouilles italiennes de Gébélein. C’est dans cette nécropole de Haute Egypte que fut mise au jour l’une des plus anciennes momies d’Egypte. Elle remonte à la Ve dynastie (Ancien, Empire). En excellent état de conservation, elle permet de mieux comprendre les techniques de momification.

Le musée expose de nombreuses statuettes provenant des riches nécropoles de Deir el-Medineh, Assiout et Dra abou el-Naga. De nombreuses maquettes de scènes de la vie quotidienne permettent d’imaginer un peu la vie durant le Moyen Empire (IIe millénaire avant notre ère).

Plusieurs pièces célèbres méritent un détour : le couvercle du sarcophage de la reine Néfertari, l’une des deux grandes épouses royales de Ramsès II, la statue de culte entièrement peinte du roi Amenhotep Ier, l’un des premiers monarques du Nouvel Empire, le papyrus érotique de Turin, le plan (sur papyrus) de la tombe de Ramsès IV, la table isiaque provenant du grand temple d’Isis de Rome…

Les chefs d’œuvre du Nouvel Empire

Au rez-de-chaussée, deux autres parcours sont proposés par le musée. Le numéro 2 présente les plus belles statues du musée. La plupart de ces pièces sont colossales et datent du Nouvel Empire. On y retrouve des déesses Sekhmet à tête de lionne, une triade composée d’Amon-Ra, Mout et Ramsès II, en granite rose, de grands sphinx, un colosse de Séthy II portant une enseigne, un Amenhotep II à genoux offrant du vin...

Mais la plus célèbre des statues est incontestablement le Ramsès II en diorite noire. Ce chef d’œuvre de la XIXe dynastie provient de Thèbes. Le roi assis arbore un costume de particulier plissé. Il tient un sceptre en main et est coiffé de la couronne bleue. A côté de ses jambes furent sculptés la reine Néfertari et le prince Amonherkhepeshef. Les pieds du roi marchent sur neuf arcs qui symbolisent les ennemis de l’Egypte. Rarement la statuaire ramesside a atteint une telle finesse.

Le temple nubien

Enfin, il ne faut pas manquer le temple d’el-Lasiya, sauvé des eaux du lac Nasser et offert à l’Italie. Ce spéos était consacré à l’un des Horus de Nubie (l’Horus de Miam) et à la déesse Satet d’Assouan. Il fut creusé dans la roche durant le règne de Touthmosis III, le plus grand conquérant du Nouvel Empire.

La tombe de Kha

Le dernier parcours (numéro 3), permet de découvrir la tombe de Kha. Cette sépulture intacte fut découverte par des archéologues italiens à Deir el-Médineh, au début du XXe siècle. La totalité de son contenu est au musée égyptien de Turin. On peut y admirer des coffrets, des parures, des objets usuels…

Ancien Empire, préhistoire et liste royale

En plus de la tombe de Kha, une grande salle est consacrée à la préhistoire à l’Ancien Empire. On y trouve des éléments de mastabas de Giza, des vases des cultures badarienne et Nagada. Deux petites salles latérales possèdent de célèbres artéfacts. Il y a les fragments d’une chapelle retrouvée à Héliopolis. On peut y voir la famille du célèbre roi Djoser. Enfin, il y a l’un des plus célèbres papyrus égyptien : le papyrus dit de Turin. Il s’agit d’une liste des rois rédigée durant le règne de Merenptah, le fils et successeur de Ramsès II. Même s’il y a de nombreux trous dans ce précieux papyrus, il est l’une des sources les plus importantes pour connaître l’ordre des rois et la durée de leurs règnes.

Renseignements pratiques

Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 8h30 à 19h30. Le tarif normal est de 7 €. Il est situé dans le centre ville, Via Accademia delle Scienze, 6 - 10123 Turin. Un audioguide est disponible en italien, allemand, anglais, espagnol et français. De petits catalogues en langues étrangères sont disponibles. Une visite guidée d’une heure en langue étrangère est possible mais il faut être en groupe et une réservation est indispensable (95 euros pour la visite + 6,50 E par personne).

La Torino Card permet d’accéder à tous les musées de la ville pendant une semaine (5 ou 7 jours), elle est donc utile pour effectuer, sans frais supplémentaire, les deux visites du musée égyptien.

Les photos sans slash sont autorisées dans le musée.

Sur le même sujet