Visiter le temple de Séthy Ier à Abydos en Egypte

Découvrez l'un des plus beaux temples de Haute Egypte à Abydos. Admirez les superbes bas-reliefs peints du temple de Séthy Ier, le père de Ramsès II.
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Avec le temple d’Hathor de Dendera , le temple d’Osiris construit par Séthy Ier à Abydos fait partie des sites archéologiques incontournables de Haute Egypte situé au nord de Louxor.

Abydos : de Narmer à Ramsès II

Abydos était pour les anciens Egyptiens une nécropole très importante. Les premiers rois d’Egypte y furent inhumés. Abydos devint, sous l’Ancien Empire, l’un des deux domaines du dieu Osiris. Ce dieu originaire de Busiris dans le Delta remplaça progressivement la divinité locale abydénienne Khenty-Imentiou. Ce nom devint l’un des épithètes d’Osiris. Dès le Moyen Empire, de nombreux Egyptiens se rendaient en pèlerinage à Abydos. Une tombe de la nécropole fut considérée comme celle du dieu lui-même. Cet engouement pour Osiris se poursuivit au Nouvel Empire.

Le temple de Séthy Ier

Séthy Ier fit bâtir un immense temple pour Osiris et un cénotaphe (L’Osireion). Le deuxième roi de la XIXe dynastie ne vit pas la fin des travaux. Le temple fut achevé par son fils et successeur, le célèbre Ramsès II. Ce dernier fit notamment décorer la façade du temple. Il y fit graver un grand texte où il expose son programme de construction et rappelle sa piété envers son père.

A l’origine, le temple était pourvu de deux cours. Un pylône et un portique délimitait la première cour. Il ne reste que peu de traces de ces constructions. Néanmoins, on y trouve quelques inscriptions de Merenptah, Ramsès III et Ramsès IV.

Les salles hypostyles et les sept chapelles

Après avoir franchi le second portique, on pénètre dans la première salle hypostyle. L’essentiel des murs et des colonnes furent décorés par Ramsès II. On trouve de nombreuses représentations du puissant roi. Il arbore une multitude de couronnes.

Il faut arriver dans la seconde salle hypostyle pour enfin trouver les bas-reliefs réalisés durant le règne de Séthy Ier. Ceux-ci sont plus fins et plus gracieux que ceux de son fils. Sept chapelles se trouvent au fond de la salle hypostyle. La première (à gauche) est consacrée à Séthy Ier lui-même. Ensuite, les autres sanctuaires sont dédiés à différentes divinités : Ptah, Ré-Horakhty, Amon-Ré, Osiris, Isis et Horus. Ainsi, on trouve les principaux dieux de l’époque : la triode d’Osiris, Amon-Ra, le grand dieu thébain, Ré-Horakhty d’Héliopolis et Ptah divinité de Memphis. Les bas-reliefs des différentes chapelles furent sculptés avec la plus grande habileté. La chapelle d’Osiris donne accès à plusieurs autres pièces, toutes consacrées à la triade d’Osiris.

Le sanctuaire de la triade osirienne

En traversant la chapelle d’Osiris, on débouche dans un hall à colonne. A droite, il y a trois petits sanctuaires consacrés à Isis, Séthy Ier et Horus. Dans ces petites pièces, la plupart des bas-reliefs ont conservé leurs peintures. Ils permettent notamment de voir la qualité du travail des scribes de la XIXe dynastie et de mieux comprendre comment les temples d’Egypte étaient décorés. Face à sa chapelle, de l’autre côté du hall à colonnes, se trouve un second hall et trois petites pièces inachevés. Les murs du grand hall sont couverts de bas-reliefs osiriens et de superbes hiéroglyphes.

Le sanctuaire de Néfertoum et Ptah-Sokar

Depuis la seconde salle hypostyle, il y a une porte (au fond à gauche) qui donne accès à un hall et deux sanctuaires consacrés à Néfertoum et Ptah-Sokar. Ces dieux étaient originaires de Memphis. Ptah et Sokar étaient parfois fusionnés. Ils étaient, comme Osiris, des dieux des morts. A nouveau, les bas-reliefs de ces trois pièces sont très fins et parfaitement conservés.

La liste royale

A côté de l’accès au sanctuaire de Néfertoum et Ptah-Sokar, on trouve une seconde parte (dans la salle hypostyle). Elle permet d’entrer dans un long corridor. Sur l’un des murs, on trouve Séthy montrant à son fils, le prince Ramsès, la liste des plus grands rois d’Egypte. Plusieurs dizaines de cartouches furent inscrits. Le premier roi nommé fut le légendaire Ménès et le dernier Séthy Ier. De nombreux individus furent ignorés par cette célèbre liste. Les rois des périodes intermédiaires furent oubliés ainsi qu’Hatshepsout et les souverains atonistes (Akhénaton, Smenkharé, Néfernéférouaton, Toutankhamon et Ay). Les premiers cartouches furent inventés car ce nom royal n’apparu qu’à la IIIe dynastie. Néanmoins, il s’agit d’une des sources majeures pour connaître l’ordre des rois d’Egypte. Il est intéressant de remarquer qu’il n’y a aucun découpage dynastique. Cette manière de classer les rois fut inventée bien après Séthy Ier.

Enfin, un corridor perpendiculaire permet de sortir du temple et d’accéder à l’ Osireion . Sur ses murs on trouve Séthy Ier en train de chasser le taureau sauvage. Près de la sortie, une vaste inscription en colonne contient un hiéroglyphe unique : un homme doté de plumes à ses bras.

Renseignements pratiques

Il peut être utile de commencer la visite du temple par ces deux corridors et de revenir sur ses pas par la suite. Cela permet d’éviter la foule devant la liste royale et cela laisse du temps dans les plus belles chapelles du temple. Il faut compter au moins deux heures pour tout admirer. Un guide maîtrisant vraiment l’égyptien hiéroglyphique est évidemment un atout. Il ne faut jamais oublier que c’est la seule lecture des hiéroglyphes qui permet de connaître les noms des dieux ! Dans ce temple, on trouve de nombreux dieux à têtes de faucon qui ne sont pas Horus…

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