Visiter les temples de Ramsès II à Abou Simbel, en Egypte

Découvrez les colosses de Ramsès II, la bataille de Qadesh, la reine Néfertari et une symbolique royale puissante dans les deux temples d'Abou Simbel.
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Les deux temples d’Abou Simbel, réalisés sous le règne de Ramsès II (XIXe dynastie), constituent une étape incontournable des touristes qui visitent la Haute Egypte. Il existe plusieurs manières de s’y rendre. On peut y aller en avion depuis Assouan (aller-retour dans la journée). Il est aussi possible de faire le trajet en car (également en une journée). Dans les deux cas, on reste sur place environ 2 heures, ce qui est assez peu. On ne profite pas toujours bien de cette visite car il y a souvent beaucoup de monde. Pour éviter la foule, il y a la possibilité de loger sur place. Il y a assez peu d’hôtels, et l'on passe malheureusement rapidement de la catégorie "palace" à l’hôtel à cafards. Il n’y a, à ce jour, aucun hôtel dont le prix de la nuitée soit raisonnable et dont les chambres soient correctes. Enfin, il est possible d’arriver sur place en bateau lorsque l’on effectue la croisière sur le lac Nasser.

Des temples de Nubie

Durant l’Antiquité, Abou Simbel n’était pas situé en Egypte pharaonique mais en Nubie. Les deux temples furent construits pour honorer les dieux et pour réaffirmer la domination égyptienne dans cette contrée. Ramsès II ayant dû abandonner les territoires du sud conquis par Touthmosis III, il souhaita probablement atténuer cet échec grâce à ces temples monumentaux.

Ce type de temple double pour la triade thébaine (Amon, Mout et Khonsou) et pour la déesse Hathor (et la reine) n’était pas nouveau. Le roi Amenhotep III, le père d’Akhénaton, avait déjà fait élever, à Soleb, en Haute Nubie (Soudan), un sanctuaire double.

Le grand temple d’Abou Simbel

Le grand temple fascine grâce à sa façade. Les quatre colosses du roi dominent le Nil. Au-dessus de la porte, le roi fit réaliser un cryptogramme. Le dieu Ra (en haut-relief) est appuyé sur un sceptre nommé "ouser". De part et d’autre du dieu, Ramsès offre une statuette de la déesse de la justice, Maât. Or, le second nom de Ramsès II inscrit dans le second cartouche était "Ouser-Maât-Ra" ! Ainsi le roi rend hommage à son propre nom !

A l’intérieur, dans la salle principale, on trouve sur les murs des peintures des guerres de Ramsès II. On peut notamment admirer quelques scènes de la célèbre bataille de Qadesh. Le roi y était accompagné par un lion apprivoisé, visible dans ce temple. De grands colosses "osiriaques" rendent l’axe du temple particulièrement majestueux. Dans les salles suivantes, on trouve une étonnante peinture où Ramsès II s’est inséré parmi les dieux. Il est même possible de le voir se faire une offrande à lui-même. Ces modifications n’ayant pas été réalisées avec finesses, une déesse se trouve affublée d’un troisième bras… Tout au fond du temple, on trouve Ramsès II assis parmi les dieux. Trois dieux (Ptah, Amon et Ra) siègent avec le roi. Deux fois par an, ces statues étaient éclairées quelques minutes à l’exception de Ptah, l’un des dieux des Morts. Mais le temps d’éclairage du roi était plus grand que celui des deux autres divinités… Le phénomène se produit encore de nos jours malgré le déplacement du temple à cause de la création du lac Nasser.

Dans les salles annexes, on trouve de nombreuses peintures. Toutes ne sont pas d’excellentes factures. Il y a des personnages ne touchant pas le sol ou d’autres avec des traits anguleux. Ce temple, situé au sud de l’Egypte, n’a pas toujours bénéficié du savoir et de l’habileté des meilleurs artisans de l’époque.

Le petit temple d’Abou Simbel

Le second temple, légèrement plus petit, mérite aussi d’être visité. Sa façade est composée de colosses du roi et de la déesse Hathor représentée sous les traits de l’une des deux grandes épouses royales de Ramsès II, la reine Néfertari.

Parmi les peintures, à l’intérieur du temple, on trouve une scène de couronnement du roi. Ramsès II y est représenté en compagnie d’Horus et de Seth, les deux gardiens de l’Egypte. Seth était assez peu présent dans l’iconographie au Nouvel Empire, à cause de son rôle dans la mythologie. Il assassina Osiris et combattit Horus. Pourtant, il fut vénéré par certains rois, comme le père de Ramsès II, qui composa son nom grâce à celui du dieu: Séthy ! Seth était aussi l’un des protecteurs de Ra et le maître d’arme du roi. C’était souvent à ce titre qu’il était vénéré.

Sur la porte donnant accès au sanctuaire, on trouve de fins bas-reliefs. Sur le montant méridional, le roi arbore la couronne de Haute Egypte et sur le montant septentrional, il porte celle de Basse Egypte. Il y a également quelques belles représentations de la déesse Hathor, présentée sous les traits de la reine Néfertari. Mais, comme dans le grand temple, il y a de mauvaises finissions, des approximations, des hiéroglyphes qui ne sont pas droits…

Les stèles d’Abou Simbel

A l’extérieur du temple, outre quelques photos des travaux réalisés lors des déplacements des deux temples dans les années 1960, on peut admirer une série de stèles rupestres. L’une d’elle représente l’arrivée d’une princesse hittite à la cour de Ramsès II. En épousant le roi, elle renforça le traité de paix signé entre l’Egypte et ce puissant empire quelques années après la bataille de Qadesh.

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