Le scribe accroupi au musée du Louvre

Vous êtes à Paris ce week end ? Pourquoi ne pas aller au Louvre au premier étage de l'aile Sully contempler « le scribe accroupi » ?
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Le scribe accroupi remonte à l’Ancien Empire (2700-2200 av JC) et mesure 53,7 centimètres. Il est assis en tailleur, représenté en train d’écrire. Il est enrobé et sa physionomie nous montre un homme dans sa maturité. La statue en calcaire fin est dotée de couleurs vives : ocre rouge pour la peau, noir pour les cheveux, blanc pour le pagne. Elle a une fonction bien précise : représenter le mort après les funérailles.

Le scribe accroupi et les statues cultuelles

Le scribe accroupi fait partie de ces statues cultuelles destinées à représenter le mort sous l’Ancien empire. Le scribe est l’objet d’un culte particulier. Appartenant à l’élite de la société, son prestige est grand. Il est doté de pouvoirs quasi magiques. Nommer la chose, l’écrire revient à la créer et la faire exister. Le scribe par sa proximité avec le divin est censé en connaitre les paroles. La statue cultuelle du scribe est un intermédiaire avec le défunt. Elle a pour fonction de recevoir la nourriture destinée à l’alimenter. Aux cotés des aliments, du mobilier, des bijoux et toutes sortes d’objets entreposés, elle permet au défunt d’atteindre l’au-delà.

Le scribe accroupi et les mastabas sous l’ancien empire

Les statues cultuelles sont placées, dans les mastabas, nécropoles sous l’Ancien empire. Le mastaba, en pierre ou en brique, vise à reproduire la demeure terrestre. Il surmonte un caveau souterrain par lequel on accède par un puits bouché après l’enterrement. Les statues des défunts sont entreposées dans le serdab, petite pièce murée, constituée d’une fente pour le passage de l’offrande. Une porte représentée en fausse perspective, permet au Ka, force vitale du mort, de retirer les aliments nécessaires à sa survie.

La préparation du mort

Le mort est placé dans un sarcophage en bois ou en pierre. On procède avant à la momification. Le corps est éviscéré, puis les organes, embaumés et emmaillotés sont déposés dans des vases. Ces vases sont placés sous la protection d’Horus qui veille sur le foie, les poumons, l’estomac, et les intestins. Le cœur lui est placé dans le natron pendant 35 jours. Pour reconstituer le corps, on bourre l’abdomen et la poitrine de tissu. Puis on l’emmaillote en entourant chaque membre avec du lin. Ensuite le corps est teint de henné ou d’ocre. Il est rouge pour les hommes, jaunes pour les femmes. On place sur le visage un masque de cartonnage.

Cette statue rendue si justement célèbre est un précieux témoignage sur la mort et son culte dans l’Ancien Empire. Ainsi elle nous fait voyager dans le monde des anciens en nous faisant à notre tour côtoyer ces zones célestes que sa beauté nous permet d’atteindre.

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