Comment réussir de belles photographies ? Partie 2

Découvrez les principes de composition du cadre qui permettent de faire des photographies réussies.

Dans la partie précédente, nous avons vu comment la compréhension du sens de lecture d’une image pouvait aider à orienter certains aspects de la prise de vue. Cependant, le sens de lecture n’est pas le seul mécanisme de l’œil humain à entrer en ligne de compte lors du décryptage d’une image. Il faudra également tenir compte des ordres de priorité imposés par le cerveau lors de la lecture des éléments composant la photographie.

L’ordre de lecture des éléments au sein d'une image

En matière de traitement de l’image, le cerveau impose une hiérarchie dans la perception des composants de l’environnement. Les divers éléments ne seront pas analysés et traités à la même vitesse, et certains seront considérés comme des informations prioritaires.

La première catégorie d'éléments analysés par le cerveau représente les êtres vivants. Probable survivance de nos origines animales, l’information sur l’autre est celle que nous traitons instinctivement en premier. Juste après vient le traitement des éléments en mouvement. Là encore, on peut imaginer qu’il s’agit de la survivance d’un instinct de préservation primitif qui permet de déterminer qu’un objet en mouvement peut potentiellement provoquer une interaction qu’il faut pouvoir contrôler. Enfin, l’œil s’attardera sur les éléments fixes.

En intégrant ces données lors de la pose de son cadre, le photographe pourra éviter de parasiter l’image avec des informations non pertinentes qui pourraient brouiller le sens de ce qu’il souhaite montrer.

La disposition de la ligne d'horizon

Le placement de la ligne d’horizon au sein du cadre de la photographie influera sur la représentation de l’espace. Un horizon bas donnera automatiquement une impression d'équilibre et d'ampleur à la composition. A l’inverse, Un horizon plutôt haut exprimera la pesanteur. Les détails de L'image prendront alors plus d’importance.

En renonçant totalement à la représentation de la ligne d’horizon, le photographe forcera le spectateur à se concentrer d'avantage sur les détails contenus dans l’image.

Il est déconseillé de placer la ligne d’horizon en position centrale car cela apporte un côté statique et trop symétrique qui finira par affaiblir l’image.

Principes du cadrage des objets et des personnages

Il existe une règle de base commune à la création de toutes les images, qu’il s’agisse de photographies, de tableaux ou encore de films. Il s’agit de celle prônant d’éviter de placer des objets ou des personnages contre le bord du cadre sans les couper. Ceci génère un effet déstabilisant en provoquant une sensation d’étouffement par la pose d’un élément bornant l’espace.

En outre, il convient éviter de cadrer les êtres vivants en les coupant au niveau des articulations: cela crée en effet un malaise psychologique chez le spectateur car ceci renvoie à la symbolique de l'amputation.

Il existe des règles bien établies pour couper un personnage lorsque celui-ci ne peut apparaître dans son intégralité au sein de la photo. Au sein d’un cadrage dit américain, le personnage sera coupé, soit sous les genoux, soit au niveau du milieu des cuisses. Avec un cadrage rapproché, le découpage sera plus serré puisque le personnage sera représenté coupé soit au niveau de la taille, soit au niveau de la poitrine. Pour un gros plan, le personnage sera découpé au niveau du cou et du milieu du front. Enfin, un très gros plan reprendra simplement un détail du corps, quel qu’il soit.

Principes de gestion des superpositions dans le plan

Une photographie quelle qu’elle soit est une représentation en deux dimensions d’un espace en trois dimensions. Pour cette raison, elle est composée de superpositions qu’il faut savoir gérer au risque de perdre des informations ou des effets importants.

Au sein d’une image, il existe trois niveaux de profondeur. Le premier de ces niveaux est ce que l’on appelle l’avant plan. Il s’agit de la zone de l’image se situant en amont du sujet principal de la photographie. Bien souvent, l’utilisation de cet espace sert à donner du relief à l’image en insérant sur le côté, un élément tronqué.

Vient ensuite Le premier plan ou plan principal qui est la zone où se situe le sujet principal de la photographie. Enfin, l’image se termine par un arrière plan situé, comme son nom l’indique, derrière l’action principale.

En règle générale, il convient d’éviter que les éléments importants contenus dans divers niveaux de plans ne se chevauchent. Il est nécessaire pour cela d'avoir défini avec précision ce qui a du sens au sein de l’espace de la photographie, et, en fonction de ces éléments, de leur donner des priorités afin de les agencer au sein du cadre.

L’utilisation des lignes de fuite

La ligne de fuite représente le dernier jalon utile afin d’asseoir une composition. Il s’agit concrètement de la ligne qui dirige le mouvement du sujet de la photo, qu'il s'agisse d'un mouvement matériel montrant un déplacement, ou alors d'un mouvement psychologique visible par exemple en analysant la direction d’un regard. Il s’agit donc d’un support qui permet de diriger le regard vers le point de sortie de la composition.

On place traditionnellement les points de fuite dans les angles du cadre. Ceci permet en effet de donner plus de force à la composition en lui fournissant une assise ferme.

Retour vers la partie 1

Sources :

  • Robert Andreani, L'art de photographier , ed. De Francia, Paris 1952.
  • Ouvrage collectif, Encyclopédie Life : la photographie , Barcelone 1972-1973

Sur le même sujet