Howard Carter : de l'Angleterre à la Vallée des Rois

Découvrez l'aventure qui conduisit Howard Carter à retrouver le plus beau trésor archéologique du XXe siècle : celui du tombeau de Toutânkhamon.

L'aventure égyptienne d'Howard Carter, c'est l'histoire d'un pari presque fou qui transforma en quelques années un simple peintre animalier en l'un des fondateurs de l'archéologie moderne. C'est aussi la rencontre de deux hommes que tout sépare, et que les aléas de la vie vont réunir de la manière la plus inattendue. Cependant, si l'association du nom d'Howard Carter avec l'égyptologie semble évidente pour tous, peu connaissent la véritable histoire de l'archéologue, ni le chemin qu'il lui fallut parcourir pour atteindre le moment de sa consécration lors de la découverte du tombeau de Toutânkhamon.

Un peintre au pays des Pharaons

Dernier des enfants d'un peintre animalier, la destinée du jeune Howard semblait être toute tracée : naturellement doué pour la peinture, tout le désignait comme le digne successeur de son père. Dès son plus jeune age, il avait accompagné son géniteur alors que celui-ci se rendait chez de fortunés aristocrates pour peindre leurs animaux favoris. Lors de l'une de ces visites il vit pour la première fois quelques vestiges archéologiques conservés au sein de l'une des nombreuses collections privées qui fleurissaient à la fin du XIXe siècle.

C'est cependant grâce à une rencontre faite à l'âge de 17 ans qu'il se trouva plongé dans le monde de l'archéologie. Reconnaissant les talents de peintre du jeune homme, Percy Newberry, égyptologue appartenant à l'Egypt Exploration Fund, lui proposa de se rendre en Égypte pour effectuer à l'aquarelle une copie à l'identique des fresques des tombes de Béni-Hassan. Ce fut le début d'une aventure qui devait conduire le jeune homme à travailler à Tell el-Amarna sous la direction de Flinders Petrie, puis à Deir El-Bahari où il reproduisit les bas-reliefs du temple d'Amon.

Mais la véritable rencontre décisive se produisit en 1899 : cette année-là, il fit connaissance du français Gaston Maspéro qui lui confia le poste d'inspecteur général des monuments en Haute Égypte. Il s'agissait d'un poste important, qu'il lui fallut malheureusement abandonner en 1905 à cause d'une altercation avec des visiteurs fortunés lors d'une visite au Sérapéum. Homme résolument honnête au caractère bien trempé, Carter avait préféré être fidèle à ses convictions, plutôt que de se courber afin de conserver son travail. Ce trait de caractère se manifestera tout au long de sa carrière, pour le meilleur comme pour le pire.

Lord Carnarvon, le partenaire décisif

L'épisode malheureux du Sérapéum n'eut pas d'incidence sur l'amitié que Maspéro vouait à Carter. Ainsi c'est par son entremise que le jeune Anglais fît la connaissance en 1907 de l'un de ses compatriotes, Lord Carnarvon, un aristocrate fortuné à la santé fragile et qui souhaitait, à l'image de tant d'autres, se lancer dans la grande aventure de l'archéologie. Très vite, cette collaboration déboucha sur un respect mutuel des compétences de l'autre, et surtout, sur une amitié sans faille, qui poussera Howard Carter à dédier son récit de la découverte de la tombe de Toutânkhamon à "son très estimé ami et collègue".(1)

Ambitions et intuitions

En 1914, Carter et Carnarvon collaborent déjà depuis près de 7 ans. Ils ont fouillé ensemble la nécropole thébaine sans grand succès, et ont par la suite exploré certaines parties du Delta. Cependant, Carter porte en lui l'intuition fabuleuse que quelque chose de plus grand les attend sur un site que l'on s'apprête pourtant à abandonner : celui de la Vallée des Rois.

A l'époque où Howard Carter projette de se lancer dans une nouvelle exploration de la Vallée des Rois, il est communément admit de dire que toutes les tombes d'importance ont été retrouvées. Théodore Davis, principal concessionnaire de la Vallée des Rois entre 1889 et 1914, déclarait lui-même à la fin de son ouvrage publié en 1912 The Tombs of Harmhabi and Touatânkhamanou , qu'il n'y avait plus rien à trouver dans cet endroit.(2)

Mais Carter connait la liste de Manéthon, et il sait que traditionnellement, tous les souverains de la XVIIIe dynastie recevaient une sépulture dans la Vallée des Rois.(3) Il lui suffit alors de refaire un pointage pour se rendre compte qu'il manque aux découvertes de la Vallée des Rois le tombeau d'un pharaon peu connu, au règne assez bref : Toutânkhamon.

Par ailleurs, quelques pièces de matériel archéologique retrouvées sur le site par Théodore Davis ont attiré l'attention de Carter :

  • une tasse en faïence au nom de Toutânkhamon,
  • une boite en bois brisée contenant des feuilles d'or à l'effigie et au nom de Toutânkhamon et de sa femme,
  • une série de grosses jarres de terre contenant entre autre des sceaux d'argile au nom de Toutânkhamon ou comportant l'emblème de la nécropole royale.

Partie 2

Notes :

1 : Howard Carter, La fabuleuse découverte de la tombe de Toutânkhamon , J'ai Lu, 1999.

2 : Théodore M. Davis, The Tombs of Harmhabi and Touatânkhamanou: The Discovery of the Tombs , Collection Duckworth Egyptology Series, Gerald Duckworth & Co Ltd, 2001.

3 : Manéthon de Sebennydos est l'auteur de "L'histoire de l'Égypte ", écrite pour Ptolémée 1er Sôter au IIIeme siècle avant J-C.. L'auteur évoque dans cet ouvrage l'ensemble des Pharaons depuis la création du royaume. Il est par ailleurs le créateur de la division en dynastie.

Sources :

  • Howard Carter, La fabuleuse découverte de la tombe de Toutânkhamon, J'ai Lu, 1999.
  • Ouvrage collectif, La re rche du trésor de Toutânkhamon, éditions Atlas, 2002.
  • Christian Jacq, L'affaire Toutânkhamon , éditions Grasset et Fasquelle, 1992.

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