Ces métiers d'autrefois disparus aujourd'hui

Tour d'horizon de quelques métiers anciens disparus aujourd'hui et leurs caractéristiques.
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L’oier (marchand d’oies), la fruitière (marchande de fruits et légumes), l’herbière (vendeuse d’herbes potagères cultivées dans les jardins) et le couverturier (fabricant ou marchand de couvertures de lit) ne font plus partie de notre quotidien.

Communs hier, ces métiers, comme tant d’autres, pratiqués en ville ou en zone rurale, ont disparu et ont été remplacés par d’autres activités adaptées à notre économie et à nos modes de vie.

Ils ont été recensés par Albine Novarino dans un ouvrage intitulé Dictionnaire des métiers oubliés de la ville et de la campagne . En voici quelques uns.

Marchand de cheveux et rémouleur

Le marchand de cheveux: sur les places publiques, en échange de quelques pièces, il tondait le crâne de femmes dans le besoin. Leurs cheveux étaient ensuite revendus à un perruquier qui confectionnait des coiffes pour les dames de la haute société. Il est à noter que la valeur marchande des chevelures blondes épaisses, frisées et abondantes était supérieure à celle d’une chevelure noire.Le marchand de peaux de lapins: tous les deux ou trois mois, il se déplaçait dans les villages et récupérait la peau des lapins que les familles avaient consommés, les blanches étant les plus chères.Le rémouleur: ambulant, il passait dans les rues pour proposer d’aiguiser couteaux et ciseaux, portant sur son dos une meule, une grande roue de grès et des pédales pour actionner sa meule.

Loseron et aiguilier

Le loseron: dans le Dauphiné, il s’agissait de l’ouvrier qui couvrait les toits avec les lauzes. D’une part, il devait extraire la roche de la montagne (à la barre ou à l’explosif), d’autre part il devait découper le bloc pour obtenir des tranches qui donnaient trois produits : les lauzes pour les toitures (surtout en Savoie et dans le Piémont), les dalles pour les sols des cours ou des cuisines et les moellons pour les murs des maisons.

Le frotteur: il cirait et entretenait les parquets ou les carreaux pour qu’ils conservent leur aspect brillant.

La buinière : servante au service d’une maison bourgeoise, elle était exclusivement chargée de la lessive.

Le raccommodeur: il réparait, remettait en état toute sorte de matériaux et d’objets (tissus, porcelaines, faïence, dentelle, parapluies, etc.)

L’aiguillier: il fabriquait des aiguilles et faisait partie d’une communauté à Paris. Les statuts de ces ouvriers, déposés en 1599, leur donnaient la qualification de «maîtres aiguilliers-alèniers». Pour être reçu maître, il fallait être âgé d’au moins 20 ans et avoir suivi un apprentissage de 5 ans et 3 ans en qualité de compagnon. Seuls les fils de maître pouvaient être reçus après un seul examen.

Culottière et faiseur de mouches

La culottière: elle confectionnait des culottes et des pantalons. Durant des siècles, les femmes étaient nues sous leurs jupes. Le pantalon, l’ancêtre de la culotte, était réservé, au début du XIXe siècle, aux femmes légères et aux petites fille. Il devint indispensable lorsque les danses furent à la mode. Les culottes firent ensuite leur apparition.

Le faiseur de mouches: il créait et vendait des mouches, de petits morceaux de taffetas ou de velours noir que les femmes (et aussi parfois les hommes) se collaient sur le visage. Ces petites taches, imitant un grain de beauté, faisaient ressortir la blancheur de la peau (considérée comme le comble de l’élégance) et rendaient son éclat au visage. Chaque mouche, selon la place occupée sur le visage, avait un nom: la «passionnée» près de l’œil, la «baiseuse» au coin de la bouche, la «coquette» sur les lèvres, la «majestueuse» sur le front, la «galante» au milieu de la joue.

Source : Albine Novarino, Dictionnaire des métiers oubliés de la ville et de la campagne , Editions Omnibus, 2006.

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