Des écrivains publics au Salon de la Mort

Le Groupement des Ecrivains Conseils (GREC) tiendra un stand au Salon de la Mort afin de présenter sa démarche d'accompagnement aux funérailles.

Le GREC (Groupement des Écrivains Conseils®) est une association créée en 2002 qui a pour buts de rassembler, représenter et défendre les écrivains conseils® en activité, d’organiser la profession et de promouvoir son image. La structure, qui compte à ce jour 200 adhérents, a créé différentes commissions dont «l’accompagnement aux funérailles».

Le réseau, interpellé par l’annonce du premier Salon de la Mort qui se déroulera à Paris du 8 au 10 avril 2011, tiendra donc un stand pour présenter cette prestation.

Les motivations du GREC

« Aujourd’hui, de plus en plus de familles vivent des funérailles impersonnelles surtout lorsqu’il n’y a pas de rite religieux. Le sujet fait peur et suscite fréquemment une réaction de rejet, mais néanmoins il est bel et bien inscrit dans la vie. L’objectif de notre présence sur ce salon, qui veut parler de la mort pour mieux vivre, est de présenter la richesse de notre offre de services. Dans la pratique de nos cabinets, la mort en elle-même peut amener à écrire: des lettres pour un veuf qui doit informer les nombreux interlocuteurs du décès de son épouse, une biographie mise en route suite à la perte d’un être cher, la préparation de ses propres obsèques… Si ce registre d’interventions peut a priori sonner lugubre et inquiétant, ce travail est d’une grande utilité et contient, paradoxalement, beaucoup d’humanité et de vie. Les mots prennent, dans ce cadre, une importance très grande » argumente Stéphanie Fromion, écrivain conseil® et vice-présidente du GREC.

L’accompagnement aux funérailles

Ce travail d’accompagnement, Michèle Geoffroy, écrivain public et membre du GREC, l’effectue depuis deux ans. « J’assiste les familles sur le chemin des mots et des gestes qui apportent un apaisement des cœurs et restituent un souvenir véritable de la personne disparue », explique la professionnelle qui prête sa plume à ceux qui, submergés par le chagrin et l’émotion, n’y parviennent pas, recueillant documents et témoignages. Elle peut également guider les proches dans le choix de gestes symboliques, de musiques et d’images et prêter sa voix pendant la cérémonie. Œuvrant avec des opérateurs funéraires, elle ne se substitue en aucun cas aux maîtres de cérémonie.

Mots et gestes symboliques

Un chapeau appartenant au défunt déposé sur le cercueil, un grand bouquet composé de tiges en métal au bout desquelles chacun accroche un mot d’adieu… Michèle Geoffroy ne manque pas d’idées, mettant toute sa créativité, son audace et son cœur à sa pratique qui apporte fantaisie et poésie à des circonstances qui en sont dépourvues.

Le constat de funérailles froides et impersonnelles

Pourtant, cet univers, Michèle Geoffroy ne s’y destinait pas au départ. Il y a trois ans, pour les obsèques de son frère, amenée à organiser la cérémonie et à prendre la parole, elle lit entre autres un très beau conte rédigé par son frère. À la fin de cette lecture, dans une réaction surprenante et positive, les invités applaudissent... « J’ai senti qu’il y avait quelque chose à faire à ce niveau. Les funérailles sont souvent froides et impersonnelles, surtout lorsqu’il n’y a que le cimetière. Dans certaines cérémonies, rien n’est dit. Des mots et des gestes d’adieu, de reconnaissance et d’amour sont pourtant nécessaires », confie l’écrivain public.

Des ateliers pour développer la pratique

Convaincue du bien-fondé de sa pratique, Michèle Geoffroy souhaite la partager et l’étendre. Pour cela, elle a créé une commission « accompagnement aux funérailles » au sein du GREC et organise des ateliers durant lesquels elle forme ses confrères et consoeurs. Elle reconnaît cependant que tous ne pourront pas évoluer dans cet univers spécifique qui peut impressionner s’ils n’ont pas accompli un cheminement personnel à propos de la mort.

Une pratique qui crée des liens et aide à vivre

« Après une telle cérémonie, on ne peut qu'embrasser la vie », a écrit un proche sur le livre des condoléances lors de funérailles auxquelles Michèle Geoffroy avait contribué. Ses textes, toujours proches de la personne disparue, chargés de vie et d’optimisme, construisent un pont entre la vie qui s’en va et celle qui continue. Ils mettent de la vie et de la chaleur dans les cœurs endeuillés. Ils aident les proches à dire à adieu puis à trouver le courage pour poursuivre leur route. Car malgré la tristesse et l’absence, la vie continue. Les mots sont là pour le rappeler. C’est toute cette démarche d’écriture et de parole que le GREC viendra présenter au Salon de la Mort.

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