Observer le grèbe huppé sur le lac du Bourget en Savoie.

Le grèbe huppé est une espèce d'oiseau fortement représentée sur le lac du Bourget. Son observation est intéressante durant la période des parades.
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Avec ses yeux couleur rubis, son long cou bicolore blanc sur le devant et brun à l’arrière, sa huppe noire et sa collerette rousse et noire (présente uniquement durant la période de reproduction), le grèbe huppé est facilement identifiable.

Ses parades nuptiales, qui correspondent à la phase de séduction précédant l’accouplement, sont très élaborées et donnent lieu à des scènes spectaculaires observables dès le mois de mars.

Répartition du grèbe huppé en France et dans le monde

On trouve le grèbe huppé en Eurasie, en Afrique, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Les oiseaux d’Europe septentrionale et orientale hivernent dans le sud-ouest et dans le sud, sur la côte atlantique et méditerranéenne. Ils retournent en général sur leurs lieux de ponte en mars ou en avril.

80 à 100 couples de grèbes huppés nichent sur le lac du Bourget (l’espèce est protégée par l’arrêté du 17 avril 1981) et entre 100 et 130 en Savoie. On dénombre environ 10000 grèbes huppés en France (sur des lacs et étangs de plus d’un hectare) (Source : Cora Faune Sauvage).

Les parades nuptiales : des scènes extraordinaires

Dès le début du mois de mars, des duos inséparables glissent sur le lac du Bourget. Certains se sont séparés durant plusieurs mois et se sont retrouvés. D’autres se sont formés sur leur lieu de destination hivernale. Quant aux oiseaux célibataires, ils ne comptent pas le rester. Dans le but de rencontrer l’âme sœur, le mâle se poste à un endroit du lac et lance des cris jusqu’à ce qu’une femelle se manifeste. Cette dernière plonge et se met à nager dans sa direction. Il baisse la tête, la rentre dans ses épaules et déploie ses ailes. La demoiselle sort alors de l’eau. Parfois, le coup de foudre est réciproque mais pas toujours. Dans ce cas, le mâle doit recommencer du début.

Pour les oiseaux qui se sont séduits mutuellement au premier regard échangé, rien n’est encore gagné. Ils ont besoin de faire connaissance. Afin de manifester leur intérêt l'un envers l'autre, se faisant face, ils secouent la tête rapidement de gauche à droite. A mesure que leur affection s’intensifie, ces témoignages d’amour augmentent et peuvent se renouveler jusqu’à une dizaine de fois par jour.

La danse des algues

Un peu plus tard dans le temps, lorsque la confiance est instaurée entre les deux amoureux, l’un des deux partenaires rompt subitement l’harmonie des premières parades en se mettant à courir sur l’eau en sens opposé et en se laissant retomber quelques mètres plus loin.

Et lorsque le moment propice à l’accouplement se rapproche, les deux oiseaux jouent une scène particulièrement remarquable. Ils s’éloignent en sens opposé l’un de l’autre, plongent au même moment puis remontent, une touffe d’algues coincée entre leur bec. Ainsi face à face, ils se dressent, se maintiennent à la verticale en pédalant sur place et, poitrine contre poitrine, ils hochent à nouveau la tête puis laissent tomber leurs herbes.

Cela marque le début de leur véritable engagement l’un envers l’autre et leur accord mutuel pour approfondir leur relation.

L’accouplement et la naissance des petits

Le couple passe ensuite ses journées à nager côte à côte à la recherche d’un endroit préservé (entre avril et juillet) pour se fabriquer un nid, une sorte de radeau flottant constitué de végétaux entassés sur lequel la femelle s’installe et attire le mâle pour l’accouplement.

Ensuite, les oiseaux se relaient pendant 25 à 29 jours sur la ponte qui compte de 3 à 5 œufs.

Après leur naissance, les petits grèbes grimpent sur le dos de leurs parents et se laissent porter durant 6 semaines. Ce sont encore de jolies scènes naturelles à observer.

Les familles se défont juste avant la migration, en août ou en septembre. Certains couples se retrouveront la saison suivante.

Sources :

- CORA Savoie (section départementale du Centre Ornithologique Rhône-Alpes),

- association ACCLAME (les Amis de Chautagne, du canal et du lac associés pour un meilleur environnement),

- La grande encyclopédie des oiseaux , Editions Gründ, 1991.

Et tous mes remerciements à Jacques Schwers pour ses photos de grèbe huppé. Son travail est visible sur son blog : http://www.jacques-ornitho.be

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