Un nouveau roman pour l'écrivain Patrick Liaudet.

Rencontre avec l'écrivain Patrick Liaudet qui nous parle de son dernier roman : « L'ombre sur le lac ».
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Auteur de chansons, Patrick Liaudet s’est lancé dans l’écriture de romans depuis une dizaine d’années. Le dernier, « L’ombre sur le lac », vient de sortir. Le point de départ de cette fiction est un fait réel historique : le crash d’un avion allemand dans le lac du Bourget en 1944.

Votre dernier roman, "Une ombre sur le lac", vient de sortir. Votre récit s’inspire d’un fait réel historique, le crash d’un avion allemand dans le lac du Bourget en 1944…

Oui, et il m’a fallu être très vigilant sur les détails car les historiens ne vous ratent pas. C'est un exercice un peu périlleux : inventer une histoire qui s'inscrive dans la réalité historique. Mais c’est passionnant.

Vous avez également greffé une histoire d’amour ?

Oui, celle entre un jeune pêcheur, Simon, et une réfugiée, Edith. Cela permet de dénoncer encore plus fortement l'inutilité de la guerre en exacerbant l'idée d'impuissance que ressentent les deux personnages face à ce monde de violence et d'incertitude.

Le récit se déroule dans la partie nord du lac du Bourget. Résidant à Aix-les-Bains, rendez-vous hommage à des lieux qui vous sont chers ?

Le lac du Bourget est le plus grand lac naturel de France et les plus grands écrivains, de Balzac à Maupassant, sans oublier Lamartine ou Dumas, l'ont mis en exergue. Ce n'est pas pour rien ! Les paysages sont d'une extraordinaire beauté et notamment le nord du lac qui conserve son aspect sauvage grâce au marais et à l'immense peupleraie de Chautagne. Alors pourquoi se priver d'un tel décor !

Malgré leurs missions de guerre, vos personnages allemands dégagent une grande humanité. C'est important pour vous de montrer cette facette ?

Très ! A part quelques inspecteurs de la Gestapo, mes personnages, et notamment les pilotes et les jeunes soldats allemands, doutent et en ont assez de cette guerre. N'oublions pas que le récit se situe dans les derniers mois du conflit. On dresse les gens les uns contre les autres pour défendre soi-disant des idéaux mais c'est surtout pour des intérêts et ceux qui se battent n'ont rien à gagner. Pour moi, ce qui compte c'est l'humain, en dehors de toute considération politique ou religieuse.

"Une ombre sur le lac" est votre cinquième roman. Parlez-nous de vos précédents.

J'ai commencé à écrire il y a dix ans un petit roman autobiographique intitulé « Un infime espace d'éternité », aux Editions Extra Bleu ciel. J'y évoquais l'arrivée des Italiens dans mon quartier d'Aix-les-Bains. Il a été suivi, en 2004, aux éditions Thot, par « Le dernier cri du loup », les aventures d'une famille d'immigrés italiens arrivée en Savoie. Ensuite, en 2007, j’ai sorti « Le côté ensoleillé de la rue » l'histoire d'un pianiste de jazz vivant à Genève. Le roman a reçu le Prix du Printemps du livre Savoie en 2009. Et enfin, en 2009, « Discrètes solitudes », un recueil de nouvelles.

Y a t-il un point commun entre tous ?

J'essaie de trouver des sujets différents mais il y a une constante : je parle à chaque fois peu ou prou de l'Italie ou des Italiens. L'Italie est une peu mon second pays, alors que je n'ai pas une goutte de sang italien !

Vous vous auto-éditez. Pour quelles raisons ?

Tout en proposant mes manuscrits aux grands éditeurs parisiens, j’ai commencé à m’auto-éditer pour « Le côté ensoleillé de la rue », en 2007, car je n'étais pas satisfait du travail de distribution et de promotion des petits éditeurs. Il est vrai que l'auto-édition représente beaucoup de travail. Je contrôle les maquettes, je fais la tournée des libraires, je livre, je tiens la comptabilité, je sollicite les journalistes et j'en passe. C'est épuisant mais en attendant de trouver un vrai éditeur, je continue pour les lecteurs qui me soutiennent depuis dix ans.

Pensez-vous que les a priori sur l'auto-édition sont fondés ?

Pas du tout. Il arrive parfois que des salons du livre me refusent parce que je suis auto-édité ! Pourtant, mes deux premiers livres sont édités, les trois suivants en auto-édition, alors que je n’ai pas l’impression qu’ils soient moins bons.

Salons et séances de dédicaces sont des rendez-vous incontournables pour les écrivains. Aimez-vous cette période de promotion et prenez-vous du plaisir à aller à la rencontre de vos lecteurs ?

Oui, les échanges avec les lecteurs sont les moments les plus jouissifs dans la sortie d'un livre. On rencontre des gens extraordinaires, connus ou anonymes. Tenez, cet été, en Suisse, j'ai eu l'immense plaisir de rencontrer la femme de l’écrivain et cinéaste José Giovanni, que j'adorais. Ce fut un grand moment d'émotion.

Auteur aixois, vous n'aimez cependant pas le terme d'auteur de terroir. Pour quelles raisons ?

Il est vrai que je n’aime pas le terme d'auteur aixois, régional, ou encore de terroir, car ils sont réducteurs. On peut écrire des histoires qui se déroulent dans une région et intéresser un public très large. Si l’on prend l'exemple de Charles-Ferdinand Ramuz, dont je suis un admirateur inconditionnel, il a situé presque tous ses romans au bord du lac Léman ou dans les régions proches, et cela ne l'a pas empêché de devenir un auteur universel. Donc je me considère comme un romancier, tout simplement.

Où peut-on se procurer vos livres ?

Mes livres sont en vente dans les librairies de Savoie et Haute-Savoie et dans de nombreuses bibliothèques de la région. On peut aussi passer commande chez moi. Quelques-uns sont ainsi partis en Grèce, en Belgique, en Suisse, et même un au Mexique !

Pour information, le livre, au prix de 15 euros, peut être commandé à l’adresse suivante :

Patrick Liaudet

Editions du Sierre

126 rue Fert

73100 Aix-les-Bains

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