AOC, IGP, AOP, label rouge : que signifient ces appellations ?

La diversité des appellations et des labels sème parfois la confusion. Comment s'y retrouve le consommateur ?
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La profusion de produits alimentaires pourvus d’un signe désignant une origine ou une qualité particulière met souvent le consommateur dans l’embarras. Il existe aujourd’hui environ 365 boissons alcoolisées portant l’appellation d’origine contrôlée (AOC), soit 50% des produits alcoolisés sur le marché français. D’autres signes concernent des produits élaborés avec un niveau de qualité ou un mode de fabrication traditionnel.

Explications de ces différentes appellations

AOC : l’appellation d’origine contrôlée est une appellation française datant de 1935. Elle concerne les alcools mais aussi les produits laitiers depuis 1990, et plus généralement les produits agro-alimentaires. Ces produits tirent leur spécificité de leur origine géographique. Les notions d’authenticité et de terroir sont tout particulièrement mises en avant dans cette classification.

AOP : l’appellation d’origine protégée est l’équivalent européen de l’AOC.

IGP : l’indication géographique protégée concerne tous les produits agro-alimentaires européens. Sa spécificité réside dans la délimitation de l’aire géographique. Attention, toutes les étapes de fabrication d’un produit IGP n’ont pas forcément lieu dans cette zone délimitée. C’est la connotation du produit avec une zone géographique identifiée qui est mise en valeur par ce signe distinctif.

VDQS : il s’agit des vins délimités de qualité supérieure. Cette appellation, amenée à disparaître, fait partie des vins de qualité produits dans des régions déterminées (VQPRD) qui comprend les AOC. Ces vins doivent désormais choisir entre AOC/AOP et IGP qui correspond au segment des vins de table.

STG : la spécialité traditionnelle garantie s’applique à tous les produits agricoles et vise à protéger l’élaboration traditionnelle d’un produit.

AB : l’agriculture biologique correspond à un mode de production agricole qui respecte l’environnement et l’équilibre du milieu où elle est développée. Elle est considérée comme une agriculture durable dans le sens où elle prend en compte le respect des ressources naturelles et le maintien d’exploitations à taille humaine.

Label rouge : ce label français date de 1960 et garantit au consommateur une qualité supérieure par rapport à des produits équivalents.

Des signes parasites qui nuisent à l’image des produits

Au-delà de ces signes officiels, un certain nombre de termes foisonnent sur les étiquettes : produit fermier, artisanal, traditionnel, maison, à l’ancienne. Ces signes n’offrent aucune garantie sur la qualité réelle du produit et nuisent à sa lisibilité. Cette valorisation psychologique du produit porte finalement atteinte à sa crédibilité et risque d’être déceptif pour le consommateur.

Comment sont certifiés les produits ?

Toutes les appellations ou dénominations officielles sont régies par un cahier des charges spécifique à chaque classification. Pour obtenir un signe de qualité, un produit doit répondre aux spécifications demandées concernant la qualité, le mode de production, et il est soumis à une procédure de contrôle. L’institut national de l’origine et de la qualité (INOQ), anciennement Institut national des appellations d’origine (INAO) a pour mission de délimiter les aires géographiques des appellations, valider les cahiers des charges et les dossiers des produits en attente d’obtention ou de révision d’appellations. Sur le terrain, des organismes de contrôle indépendants assurent les contrôles sur site, les analyses chimiques et plus globalement le respect du cahier des charges.

La réforme des appellations : une chance pour regagner de la crédibilité ?

En 2007 les produits AOP et IGP ont pesé 14.2 milliards d’euros. Ce chiffre concerne environ 800 produits. La multiplication des produits certifiés ont progressivement conduit à une confusion dans l’esprit des consommateurs et une perte de crédibilité. Ces constatations sont particulièrement vraies pour les vins AOC, dont un certain nombre ne garantit pas un niveau de qualité suffisant, ni la typicité d’un terroir. Une partie des professionnels de la filière vins reconnaît qu’il existe un certain laxisme quant aux contrôles effectués. La course aux volumes est également une des causes de cette baisse de qualité. Le manque de visibilité et la concurrence croissante des vins internationaux ont mis à mal le système français, et c’est dans ce contexte que la réforme des AOC et la mise en place de nouveaux cahiers des charges avec l’Europe est un enjeu majeur pour redéfinir la classification des produits selon leur qualité réelle. Cette réforme, si elle est menée avec succès, permettrait à la fois de redonner un positionnement clair aux produits certifiés par une nouvelle segmentation, de regagner la confiance des consommateurs et de mieux répondre aux besoins des exploitants.

Sources :

Site de la Commission européenne

Site de l’INAO

Site du Ministère de l’agriculture

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