Les Français font-ils confiance à l'industrie agroalimentaire ?

Conséquence des récentes crises alimentaires : une attente accrue des consommateurs en matière de transparence sur la qualité des produits.

En France, le chiffre d’affaires des industries agroalimentaires (IAA) s’élevait à 147 milliards d’euros en 2008 pour les entreprises de plus de 20 salariés. La France est la troisième industrie européenne agroalimentaire européenne et la quatrième industrie agroalimentaire mondiale après les Pays-Bas, l’Allemagne et les Etats-Unis.

Conséquences des crises alimentaires sur la consommation

Après les crises alimentaires successives de la vache folle , la salmonellose, la dioxine, ainsi que les polémiques autour des OGM, des additifs alimentaires, de l’aspartame, et de la récente mise en avant de résidus de pesticides dans les produits alimentaires, l’attitude des consommateurs s’est clairement modifiée. En 13 ans, la consommation de viande a diminué de 12 kg par habitant en France. La consommation de vins de qualité est désormais supérieure à celle des vins courants. Les français sont plus exigeants sur ce qu’ils mangent, et plus attentifs aux problèmes de sécurité alimentaire.

Problème de positionnement et d’image des IAA

D’après le baromètre d’image de l’Association nationale des IAA (ANIA) en collaboration avec le cabinet GFK, l’industrie agroalimentaire bénéficie de 65% d’opinions positives de la part des consommateurs. Pourtant, seulement 50% des français estiment que les IAA préservent le goût et la qualité des produits.

Cette même étude révèle l’attente des consommateurs pour des produits mieux identifiables en terme d’étiquetage (qualité, apports nutritionnels), pour un développement des produits bio, et la promotion du goût auprès de la jeune génération.

Les promesses publicitaires non tenues et les allégations santé douteuses ont malheureusement contribué à une certaine dégradation de l’image de l’industrie agroalimentaire, même si 72% des consommateurs pensent que les produits alimentaires industriels leur permettent d’accéder à une alimentation variée.

Le consommateur, demandeur d’informations et de transparence

Pour regagner la confiance du consommateur, l’industrie agroalimentaire doit retravailler sa communication et remettre en question la politique du secret qui existe depuis toujours dans les usines. Ouvrir ses portes et jouer la transparence permettraient de renouer le dialogue avec le consommateur.

Au niveau national et européen, les instances de veille et d’études concernant la sécurité alimentaire ont un rôle d’information et de mise en garde particulièrement important. Le conflit d’intérêt dénoncé récemment par l’observatoire de l’Europe industrielle (CEO) et visant l’agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) est un facteur supplémentaire de suspicion.

Acheter directement au producteur : un choix de confiance et une alternative aux produits industriels

La crise de confiance a eu pour conséquence une exigence du consommateur en termes de qualité et d’information. D’où le succès des ventes directes du producteur au consommateur, et notamment des associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap). Les producteurs sont disponibles pour expliquer comment ils travaillent au quotidien (mode de production, contraintes, visite de leur exploitation). Ce mode de fonctionnement encourage les échanges sociaux, et la confiance en découle naturellement. De plus, il répond à un besoin croissant des consommateurs : renouer avec le goût, le plaisir culinaire et développer l’éducation alimentaire chez les plus jeunes.

L’industrie agroalimentaire veut se donner les moyens de revaloriser son image

Forts des constats précédents, les industriels travaillent activement sur leurs points faibles. L’intégration de chefs cuisinier dans leurs équipes de Recherche & Développement permet de remettre le goût au centre des préoccupations et d’allier la technique au plaisir gustatif, d’où le concept de culinarité. L’émergence des produits Free From (sans additifs, sans OGM, sans lactose, sans gluten, etc…) répond à ce besoin d’informations santé, ainsi que l’étiquetage nutritionnel qui va être rendu obligatoire prochainement par l’Union européenne.

Sources :

1. Panorama des industries agroalimentaires du gouvernement

2. ‘ ’Que pensent les français des IAA ?’’ Agro-Media, 03/03/2011

3. Exposition de la population française aux polluants de l’environnement par l’Institut de veille sanitaire (INVS), septembre 2010

4. Site du ministère de l’agriculture

5. ‘ ’R&D. A l’écoute des chefs’’ de Rémi Pin, Process Alimentaire, février 2011

Sur le même sujet