L'origine du nom des stations de métro

Connaissez-vous la signification et l'histoire des stations du métro parisien ? Cinq stations de métro décryptées.
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Le métro parisien, comme une toile d’araignée déployée sous terre, fourmille de références historiques. Certaines stations de métro évoquent des personnages célèbres, des batailles, des noms de rue, ou encore des évènements tombés dans l’oubli. Qui fut le Colonel Fabien ? A quelle époque vécut Gaspard Monge, l’un des fondateurs de l’école polytechnique, laissant son nom à la station Place Monge ? Pourquoi la station Chevaleret porte-t-elle ce nom ?

L’histoire de Paris n’est pas seulement racontée à travers ses monuments, ses rues ou ses musées, mais aussi par son métro dont les plaques émaillées nous renvoient à plusieurs centaines d’histoires et d’anecdotes inattendues.

Parmi toutes ces histoires, en voici cinq :

Parmentier :

Située sur la ligne n° 3 du métro parisien, la station Parmentier a pour origine l’avenue Parmentier, du nom de l’inventeur de la pomme de terre en 1818. Parmentier était pharmacien dans l’armée. Lors d’une campagne en Allemagne, il constate que les paysans nourrissent les porcs avec des pommes de terre. A son retour en France, nommé apothicaire aux Invalides, il décide de cultiver la pomme de terre, bien que celle-ci soit interdite à cause de sa soi-disante toxicité. Il fut ensuite dénoncé par des sœurs soignantes et soupçonné d’être un alchimiste. Ayant toutefois prouvé scientifiquement la valeur nutritive de la pomme de terre, il reçut la distinction et les honneurs du roi à titre posthume pour sa découverte.

Rue du Bac :

Au XVIe siècle, le bac, qui donna son nom à la rue du Bac, faisait transiter les blocs de pierre des carrières de Vaugirard sur la Seine. A l’époque, la rue s’appelait encore le chemin du bac. Après la construction des Tuileries, le chemin, devenu la rue du Bac, comptait des habitants d’exception, parmi eux : le chevalier de Batz Castelmore d’Artagnan.

Tolbiac :

Sur la ligne n° 7, la station Tolbiac fait référence à la victoire de Clovis sur les Alamans en 496 du côté de Cologne. Non pas qu’il s’agisse d’une bataille de renom, mais plutôt qu’en cas de victoire, Clovis s’était engagé à devenir chrétien. Cette conversion ouvre alors la voie à la monarchie chrétienne au royaume des Francs.

Glacière :

Autrefois, le quartier de la Glacière était un endroit marécageux, dont les étangs étaient alimentés par la rivière de Bièvre qui se jette dans la Seine. Après l’humidité de l’automne survenait le gel hivernal qui transformait ce lieu en un paradis pour patineurs. Avant l’ère du réfrigérateur, on utilisait des pains de glace au XIXe siècle. Ces blocs de glace étaient découpés, puis stockés dans des puits maçonnés recouverts de terre. Ils étaient ensuite transportés par des voitures à cheval menées par les glaciers. La plaine de la Glacière tire son nom de cette activité locale.

Cadet :

Au XVIIe siècle, les Cadet étaient des jardiniers qui récupéraient les ordures pour en faire du fumier. Ils s’en servaient ensuite pour leur potager et revendaient leurs légumes aux meilleurs restaurants de la ville. La station de métro Cadet renvoie également à la Grande Loge de l’ordre des francs-maçons, au n° 16 de la rue Cadet, sous le second Empire. La pensée maçonnique avait alors une influence considérable sur les orientations politiques et sociales de l’époque.

Et vous, chers utilisateurs du métro, les noms des stations de votre petit voyage quotidien ne vous font-ils pas voyager dans l'Histoire ?

Sources :

‘’Petite histoire des stations de métro’’ de Pierre Miquel, éditions Albin Michel, 1993.

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