Ueli Steck: portrait d'un alpiniste chevronné

Ueli Steck est un pro du speed climbing (sport d'escalade dont le principal objectif est la vitesse). Son parcours, ses performances, sa philosophie.

Le 28 décembre 2008, Ueli Steck atteint le point culminant des Grandes Jorasses dans le massif du Mont-Blanc, en seulement 2 heures 21 minutes et 26 secondes. Un record jamais égalé.

L’ascension des Grandes Jorasses

Equipé d’une corde de 50 mètres, de deux broches à glace, quatre carabines, un assureur et deux pitons, Ueli Steck se lance en solo dans les Grandes Jorasses la nuit par moins 16 degrés. Prévoyant, il prend également avec lui deux montres Suunto. La veille, il a étudié la montagne depuis le glacier où il a planté sa tente. Il prend la voie Colton-MacIntyre sur laquelle le précédent record est établi à un peu moins de 4 heures. Finalement, il n’utilisera pas la corde, ni aucune protection. Il atteint le sommet appelé la Pointe Walker à 4208m en 2 heures et 21 minutes. Ueli Steck détient le meilleur temps d’ascension des faces nord des trois sommets les plus mythiques des Alpes: l’Eiger, le Cervin et les Grandes Jorasses.

Ueli Steck: du hockey à l’alpinisme

Ueli Steck est né à Langnau im Emmental en Suisse le 4 octobre 1976. Enfant, il apprend le hockey sur glace en suivant son frère devenu professionnel. Il découvre ensuite l’escalade à 12 ans et s’inscrit au Club alpin suisse, qui lui permettra de découvrir les cascades de glace. Parallèlement, il suit une formation de charpentier. Progressivement, sa passion prend le dessus, et il devient alpiniste professionnel. Ce qu’il préfère: le solo. Ses records de speed climbing attirent l’attention des sponsors et il peut désormais vivre de l’alpinisme. Il fonde sa société Ueli Steck GmbH en 2003 avec une équipe à ses côtés. Ses revenus sont essentiellement basés sur le sponsoring, la représentation de marques de vêtements et de matériel sportif qu’il teste, mais aussi sur l’animation de conférences.

L’alpinisme: un art de vivre

Pour assouvir sa passion, Ueli Steck s’entraîne énormément, parfois pendant plusieurs mois avec l’objectif d’une seule ascension bien spécifique. Il est aidé d’un coach et rien n’est laissé au hasard. Le solo requiert une grande maîtrise, de la technique et un minimum de matériel à transporter. D’où la nécessité d’être suivi par un nutritionniste pour maîtriser son poids et mettre toutes les chances de son côté avant le départ. Pour réaliser son record d’escalade de l’Eiger, il avait ainsi perdu quatre kilos afin d’optimiser son poids avec le transport du matériel. Comme il le dit lui-même, le speed climbing demande une précision digne d’une montre suisse!

Le solo, une philosophie

Pour Ueli Steck, le solo, c’est plus de sensations et plus de difficultés. Cela veut dire plus de travail et aucune erreur possible. Grimper avec des cordes fixes ne l’intéresse pas. Il vit la symbiose avec la montagne comme une forme de méditation. À travers sa recherche du record, il souhaite montrer l’exemple: que chacun aille jusqu’au bout de ses rêves et vive le moment présent intensément. Qui sait s’il n’a pas raison ?

Ses principales ascensions

  • 2005 Face nord du Cholatse (6440m) et face est du Tawoche (6505m) dans le massif de l’Everest.
  • 2008 Record de vitesse sur l’Eiger en 2 heures 47 minutes
  • 2008 Record de vitesse sur les Grandes Jorasses en 2 heures 21 minutes
  • 2009 Record de vitesse sur le Cervin en 1 heure 56 minutes
  • 2009 Prix "les Piolets d’Or"
  • 2009 Ascension du Gasherbrum II (8035m) dans le Karakoram au Pakistan
  • 2009 Expédition sur le Makalu au Népal

Sources

Le site de Ueli Steck

"L’Eiger comme terrain de jeu" de Sophie Roulin, 2006

Géo Voyages "La trilogie mythique de l’alpinisme" de Benoît Heimermann, fév/mars 2011

"Solo. Der Alleingänger Ueli Steck" de Gabriella Baumann-von Arx, Wörterseh, avril 2006

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